HAR­RY NEL­SON PILLSBURY «LE HÉ­ROS DE HAS­TINGS»

La sé­rie des meilleures par­ties d’échecs jouées, dites « Im­mor­telles », se pour­suit avec une par­tie dis­pu­tée par un jeune pre­mier, l’Amé­ri­cain, Har­ry Nel­son Pillsbury qui a ba u le grand Tar­rash grâce à une a aque ful­gu­rante sur l’aile roi. Mais ce e fois

La Presse Business (Tunisia) - - ÉDITO -

Har­ry Nel­son Pillsbury (né le 5 dé­cembre 1872 à So­mer­ville (Mas­sa­chu­setts) - mort le 17 juin 1906), fut l’un des plus brillants joueurs d’échecs de 1892 à 1904. À l’âge de 22 ans il rem­por­ta le tour­noi d’Has­tings en 1895. Mais, pré­ma­tu­ré­ment em­por­té par la ma­la­die, il ne put dis­pu­ter à Ema­nuel Las­ker le titre de cham­pion du monde. Il est dif­fi­cile de sé­pa­rer l’homme du mythe : du jeune homme qui dé­fit les plus grands joueurs de son époque trois ans après avoir ap­pris à jouer, à l’in­sen­sé qui tente de sau­ter par la fe­nêtre de l’hô­pi­tal jus­qu’à sa mort à 33 ans de pa­ra­ly­sie gé­né­rale. La dé­gé­né­res­cence qui ac­com­pagne les pro­grès de la sy­phi­lis l’em­pê­cha par la suite de pro­gres­ser au­tant qu’il l’au­rait pu dans les com­pé­ti­tions. Les symp­tômes en­re­gis­trés au fil des an­nées laissent sup­po­ser qu’il né­gli­gea de suivre un trai­te­ment. Le monde des échecs re­gret­te­ra tou­jours de n’avoir pu as­sis­ter à un cham­pion­nat du monde op­po­sant Pillsbury à Las­ker. Il semble que ce der­nier n’y te­nait pas beau­coup, Pillsbury l’ayant vain­cu à plu­sieurs re­prises au cours de dif­fé­rents tour­nois. Le jeune homme de 22 ans pas­sa à la pos­té­ri­té en rem­por­tant le tour­noi, dé­pas­sant le nou­veau cham­pion du monde Ema­nuel Las­ker, l’ex-cham­pion du monde Wil­helm Stei­nitz, et leurs concur­rents les plus sé­rieux (Mi­khail Tchi­go­rine, l’An­glais Isi­dor Guns­berg, Sieg­bert Tar­rasch, Carl Schlech­ter et Da­vid Ja­nows­ki). Le club d’échecs de Brook­lyn en 1895 se co­ti­sa pour payer son voyage en Eu­rope, afin qu’il par­ti­cipe au tour­noi d’Has­tings qui op­po­sait les plus forts joueurs d’Échecs du mo­ment. Le style dy­na­mique de Pillsbury pen­dant le tour­noi contri­bua à po­pu­la­ri­ser le Gam­bit de la dame, par­ti­cu­liè­re­ment sa vic­toire cé­lèbre sur Sieg­bert Tar­rasch. Après 19 rondes, Tchi­go­rine se re­trouve en tête, ta­lon­née par Pillsbury et Las­ker. Mais il perd alors contre Ja­nows­ki et se fait dé­pas­ser par le sur­pre­nant Pillsbury, qui ter­mine seul en tête avec 16,5 points sur 21, et gagne 150 livres. Per­son­nage éton­nant que Pillsbury pa­na­chant des al­lures de dan­dy et des ca­pa­ci­tés in­tel­lec­tuelles hors norme. Il fait des ex­hi­bi­tions ori­gi­nales : on lui ac­corde deux mi­nutes pour lire une cin­quan­taine de mots sans rap­port les uns avec les autres, puis il joue une si­mul­ta­née, puis quelques donnes de whist et en­fin on lui de­mande de res­ti­tuer la liste de mots, ce qu’il fait, dans l’ordre exact ! La­rousse du jeu d’échecs.

PAR­TIE DE LA SE­MAINE Blancs :Pillsbury,Har­ry Nel­sonNoirs : Tar­rasch,Sieg­bert [D55] Has­tings, 1895

1.d4 Une par­tie his­to­rique qui sti­mu­la l’in­té­rêt pour le Gam­bit Dame dé­cli­né en dé­mon­trant que les Blancs peuvent ob­te­nir de bonne chance d’a aque. d5 2.c4 e6 3.Cc3

Cf6 [Plus tard, Tar­rasch de­vint un fervent par­ti­san de la dé­fense 3 . ... c5 qui por­ta son nom : la Dé­fense Tar­rasch. ] 4.Fg5 Ce coup, connu de­puis le mi­lieu du 19ème siècle et es­sayé par Stei­nitz contre An­der­sen à Vienne en 1873, de­vient une for­mi­dable force entre les mains de Pillsbury’’ écrit Kas­pa­rov Fe7 5.Cf3

Cbd7 [5...Ce4] 6.Tc1 0–0 7.e3 b6 [Au­jourd’hui, la théo­rie conseille de jouer b6 avant de jouer le Ca­va­lier en d7. Pos­sible 7...c6; 7...Te8] 8.cxd5 exd5 9.Fd3 Fb7 10.0–0 c5 11.Te1?! [11.De2! Ce4 12.Ff4 Cxc3 13.bxc3 c4 14.Ff5 g6 15.Fxd7 (15.Fb1 b5 16.e4 dxe4 17.Fxe4 Fxe4 18.Dxe4 Cf6 19.Dc6 Dd5 20.Dxd5 Cxd5 21.Fd2 Tfc8 ) 15...Dxd7 16.Ce5 De6 17.Fh6± 11.Ce5!?] 11...c4 [Les Noirs créent une ma­jo­ri­té de pions à l’aile Dame mais aban­donnent toute in­fluence sur le centre. 11...Ce4 12.Ff4 Cxc3 13.bxc3 c4 14.Ff5 g6 15.Fb1 b5 16.e4 dxe4 17.Fxe4 Fxe4 18.Txe4 Cf6 et le jeu est in­cer­tain] 12.Fb1 a6 13.Ce5 Le dé­but de la clas­sique ’A aque Pillsbury’. A cause de l’im­pré­ci­sion pré­cé­dente des Noirs, ce mou­ve­ment de Ca­va­lier est très fort. Les Blancs sont ca­pables de conso­li­der la po­si­tion du Ca­va­lier en e5 et l’uti­li­ser comme une base pour une fu­ture a aque di­ri­gée contre le mo­narque noir b5 [13...Cxe5?! 14.dxe5 Cd7 (14...Ce8 15.Fxe7 Dxe7 16.Cxd5;

OUT le monde tient des dis­cours pes­si­mistes, même les gens qui sont cen­sés être aux com­mandes. On ne sait pas trop où ils veulent en ve­nir, et en­core moins comment in­ter­pré­ter leur com­por­te­ment. Il est d’ailleurs frap­pant de consta­ter que leurs scep­ti­cisme per­ma­nent com­plique la vie à leurs sup­por­ters les plus ar­dents, qui ont beau­coup de mal, au­jourd’hui, à les dé­fendre, les pauvres ! Pour­quoi avons-nous l’im­pres­sion que ceux qui nous gou­vernent à tour de rôle de­puis 2011 com­mettent, sans cesse, les mêmes er­reurs ? Qu’est-ce qui se passe chez nous ? Les hauts com­mis de l’Etat veulent se mon­trer de plus en plus hon­nêtes. Ils es­sayent de ga­gner la sym­pa­thie des Tu­ni­siens en te­nant des dis­cours le plus souvent po­pu­listes. Cette at­ti­tude est tel­le­ment sur­di­men­sion­née et tel­le­ment à cô­té de la plaque qu’elle ne peut avoir d’autre consé­quence que de nous pré­ci­pi­ter nous-mêmes dans le chaos et l’obs­cu­ran­tisme que nous pré­ten­dons com­battre. Que pen­sez-vous d’un mi­nistre de l’In­dus­trie qui s’in­quiète de la baisse de l’in­ves­tis­se­ment dans son pays ? Mon­sieur a ap­pe­lé à pro­cé­der au sui­vi des pro­jets en panne dans les ré­gions in­té­rieures et dit avoir pré­pa­ré des rap­ports pé­rio­diques et des re­com­man­da­tions pra­tiques afin de ré­soudre les pro­blèmes et re­lan­cer l’in­ves­tis­se­ment, no­tam­ment dans ces ré­gions. La pre­mière étude dont s’oc­cupe l’Agence de pro­mo­tion de l’in­ves­tis­se­ment et de l’in­no­va­tion de­vrait por­ter sur l’état des lieux et les pers­pec­tives des PME en Tu­ni­sie alors que la deuxième porte sur la pos­si­bi­li­té de créer une agence na­tio­nale char­gée des PME. Il a sou­li­gné la né­ces­si­té de suivre la si­tua­tion éco­no­mique dans les ré­gions, et plus par­ti­cu­liè­re­ment celle des in­dus­tries et d’or­ga­ni­ser des ren­contres en col­la­bo­ra­tion avec les dif­fé­rentes struc­tures concer­nées pour faire connaître la nou­velle loi sur l’in­ves­tis­se­ment et ses textes d’ap­pli­ca­tion dans l’ob­jec­tif de sim­pli­fier son conte­nu au­près des in­ves­tis­seurs. Quel gé­nie ! Le dis­cours de ce mi­nistre est, tout sim­ple­ment, re­don­dant. Du ver­biage. Rien de nou­veau pour ré­soudre d’une ma­nière ra­di­cale les pro­blèmes des ré­gions re­cu­lées. En­core des pro­messes et des dé­cla­ra­tions sans ef­fet ! De­puis tou­jours, les res­pon­sables qui ce sont suc­cé­dé à la tête de ce pays dé­clarent, an­noncent, sug­gèrent… et sur­tout dé­noncent les pertes cu­mu­lées par notre éco­no­mie na­tio­nale. Se­raient-ils en me­sure de com­prendre, un jour, que nos maux pro­viennent es­sen­tiel­le­ment de leur ma­nière de gou­ver­ner le pays ? Leur ma­nière de pro­cé­der est la même. Ils com­mencent tous par dres­ser des bi­lans, réa­li­ser des études chif­frées, or­ga­ni­ser des ren­contres et des sé­mi­naires qui tombent vite dans les ou­bliettes. Sans que ce soit trop vi­sible, leur dé­voue­ment et leur sin­cé­ri­té pré­su­més dé­notent d’une ir­ré­pres­sible en­vie de dé­ni­grer le tra­vail de leurs pré­dé­ces­seurs. Ils ne cherchent qu’à ga­gner l’es­time des Tu­ni­siens. Nos chers res­pon­sables — ou, plu­tôt, «cou­pables» — sont à l’ori­gine des mons­truo­si­tés qu’ils en­gendrent. Leur ma­nière de faire ne mène nulle-part, ou plu­tôt si : tout droit vers l’ap­pau­vris­se­ment du peuple et, en fin de par­cours, vers l’obs­cu­ran­tisme. Les hommes po­li­tiques sont cen­sés mon­trer l’exemple. En­core faut-il qu’ils en soient ca­pables. Cer­tains, lors­qu’ils ac­cèdent au pou­voir, perdent le sens des réa­li­tés et ne pensent plus qu’à leur poste.

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