ECHEC FI­NAN­CIER

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

Le pro­jet de loi de fi­nances 2018, tel que pré­sen­té ac­tuel­le­ment, est loin de faire l’una­ni­mi­té. Il sus­cite de plus en plus la po­lé­mique et fait l’ob­jet d’une contro­verse quelque peu gé­né­ra­li­sée. Le dé­bat sur les nou­velles dis­po­si­tions pré­vues se double d’in­ter­ro­ga­tions sur l’ef­fi­ca­ci­té so­cioé­co­no­mique de ce pro­jet, qu’on qua­li­fie dé­jà à «sens unique», et sur­tout sans vi­sion. Et c’est sur­tout le coût so­cial des dif­fé­rentes me­sures pro­gram­mées qui in­quiète le plus. En ef­fet, avec la mul­ti­pli­ca­tion des taux d’im­po­si­tion, sans par­ler de la cons­ti­tu­tion d’une nou­velle re­te­nue à titre de contri­bu­tion so­li­daire, c’est, en­core une fois, la classe moyenne et son pou­voir d’achat qui se re­trouvent en plein centre du vi­seur de nos «pro­gram­meurs fi­nan­ciers». Ega­le­ment, les nou­veaux droits à la consom­ma­tion et les mul­tiples aug­men­ta­tions en­vi­sa­gées au ni­veau de plu­sieurs pro­duits de­vraient aug­men­ter en­core plus le coût so­cial. Mais ce qui pré­oc­cupe da­van­tage nos ana­lystes éco­no­miques, même les plus op­ti­mistes, c’est que ce ra­bat­tage, à chaque fois, sur la classe moyenne tra­duit l’échec de cer­tains de nos dé­ci­deurs à trou­ver des so­lu­tions réelles aux vraies ques­tions fi­nan­cières na­tio­nales. On pense sur­tout à l’éva­sion fis­cale, à la cor­rup­tion et à la contre­bande… Elles at­testent de l’in­ca­pa­ci­té de notre po­li­tique éco­no­mique de créer, même pro­gres­si­ve­ment, de nou­velles op­por­tu­ni­tés de ri­chesses, no­tam­ment du­rables. L’hé­mor­ra­gie, tou­jours plus per­ni­cieuse, de nos fi­nances pu­bliques, et sur­tout les nou­velles pro­por­tions à haut risque que prend notre dette ex­té­rieure, le dé­fi­cit spec­ta­cu­laire de notre ba­lance com­mer­ciale té­moignent de la ti­mi­di­té , voie de l’in­ef­fi­ca­ci­té de la vi­sion fi­nan­cière na­tio­nale. D’ailleurs, la co­lère qu’a sus­ci­tée l’adop­tion, mer­cre­di der­nier, de la loi de fi­nances com­plé­men­taire semble don­ner rai­son aux pré­oc­cu­pa­tions de nos ana­lystes éco­no­miques. Cette loi com­plé­men­taire in­ter­vient ain­si, es­timent les ex­perts, pour ten­ter de cor­ri­ger les dé­faillances de la loi de fi­nances 2017 qui, avec un taux de dette ex­té­rieure d’en­vi­ron 70%, risque de prendre «en otage» notre sou­ve­rai­ne­té fi­nan­cière.

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