FRAGILITE FINANCIERE ET DI­PLO­MA­TIQUE

La Presse Business (Tunisia) - - ÉDITO - Anis SOUADI Ré­dac­teur en chef

L' ÉCO­NO­MIE tu­ni­sienne n’ar­rive plus à res­pi­rer. C’est que, à chaque fois, la com­mis­sion eu­ro­péenne trouve ou crée un évé­ne­ment pour mettre notre éco­no­mie en mau­vaise pos­ture. Ain­si, après le «feuille­ton» de la liste des pa­ra­dis fis­caux, voi­là que le par­le­ment eu­ro­péen trouve ra­pi­de­ment une nou­velle liste noire pour clas­ser notre pays, celle des pays dé­faillants en ma­tière de blan­chi­ment de ca­pi­taux et de fi­nan­ce­ment de ter­ro­risme. Un achar­ne­ment vrai­ment à haut risque et qui pour­rait être très lourd de consé­quences. Ce qui est réel­le­ment dé­so­lant, c’est que ce nou­veau clas­se­ment, beau­coup plus grave que le pre­mier, in­ter­vient au mo­ment même où le pays mul­ti­plie les ef­forts et les dis­po­si­tions pour s’ou­vrir da­van­tage sur l’ex­té­rieur, at­teindre de nou­veaux mar­chés et sur­tout ras­su­rer la sphère fi­nan­cière in­ter­na­tio­nale. Plus que dé­so­lant, ce «clas­se­ment sur­prise» est fran­che­ment pa­ra­doxal. Il in­ter­vient alors que la Tu­ni­sie, no­tam­ment de­puis l’ins­tal­la­tion du gou­ver­ne­ment Cha­hed, a fait de la lutte contre le blan­chi­ment d’argent, la cor­rup­tion et le ter­ro­risme les axes stra­té­giques et prio­ri­taires de sa po­li­tique. Une lutte com­plexe et dif­fi­cile qui né­ces­site beau­coup plus de moyens, de temps et même de pa­tience. Le gou­ver­ne­ment Cha­hed au­rait mé­ri­té cer­tai­ne­ment d’être sou­te­nu da­van­tage et sur­tout d’avoir le temps né­ces­saire pour bien conduire à terme cette mis­sion as­sez com­pli­quée. Et quoi qu’on en pense, l’on es­time qu’en plus du manque to­tal de sou­plesse au ni­veau de cer­tains dé­pu­tés eu­ro­péens, la res­pon­sa­bi­li­té tu­ni­sienne est éga­le­ment bien im­por­tante. Jus­te­ment, la pas­si­vi­té de cer­tains dé­ci­deurs de notre po­li­tique fi­nan­cière et le dé­fi­cit fla­grant au ni­veau de notre di­plo­ma­tie éco­no­mique et sur­tout sa fra­gi­li­té ont lar­ge­ment fa­ci­li­té le ver­dict eu­ro­péen. Cette nou­velle si­tua­tion dé­li­cate ap­pelle notre pays à ré­agir très vite et en­tre­prendre les dis­po­si­tions né­ces­saires pour convaincre la com­mis­sion eu­ro­péenne de re­voir sa dé­ci­sion. A dé­faut de quoi, l’état d’alerte fi­nan­cière dé­cré­té se­rait pro­lon­gé…

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