Ra­tio­na­li­sa­tion ur­gente !

La Presse (Tunisia) - - ÉCONOMIE -

En­core une fois, les chiffres com­mu­ni­qués par l’INS à pro­pos de la ba­lance com­mer­ciale de la Tu­ni­sie en août der­nier concer­nant les 8 pre­miers mois de 2017 montrent que le dé­fi­cit des échanges com­mer­ciaux est loin d’être ré­duit. Même si les ex­por­ta­tions ont connu une cer­taine amé­lio­ra­tion par rap­port à la même pé­riode en 2016 (+18% avec un to­tal es­ti­mé à 21.927 mil­lions de di­nars), le dé­fi­cit, lui, reste as­sez co­los­sal vu l’aug­men­ta­tion en va­leur (mais aus­si en quan­ti­tés dans cer­tains sec­teurs comme l’éner­gie et l’agroa­li­men­taire) des im­por­ta­tions (un to­tal avoi­si­nant les 32 mil­lions de di­nars lors des 8 mois de 2017,soit un saut de près de 20% par rap­port à la même pé­riode en 2016). Au to­tal et en ver­tu de ces chiffres of­fi­ciels, on a un dé­fi­cit de la ba­lance com­mer­ciale qui at­teint un peu plus de 10 mil­liards de di­nars, contre 8,2 mil­liards de di­nars l’an­née der­nière. Deux pe­tites in­fos à lire at­ten­ti­ve­ment : une re­prise du rythme des ex­por­ta­tions est en­re­gis­trée sur­tout pour les pro­duits agri­coles et quelques ser­vices mar­chands et vis-à-vis de pays par­te­naires comme la France. Une deuxième in­fo moins ras­su­rante, celle du glis­se­ment in­quié­tant de la va­leur des im­por­ta­tions, qui s’ag­grave avec la dé­pré­cia­tion du di­nar (l’eu­ro plus cher, nos achats à l’ex­té­rieur à quan­ti­tés égales de­viennent plus chères), et le ni­veau alar­mant du dé­fi­cit com­mer­cial, et par consé­quent, du dé­fi­cit de la ba­lance des paie­ments. C’est flou, et hé­té­ro­gène comme dé­duc­tions à faire. Au­tant on se re­prend avec des pays comme la France, et on main­tient un rythme bon pour les ex­por­ta­tions, au­tant on s’en­gouffre au ni­veau du dé­fi­cit, que ce soit dans cer­tains sec­teurs stra­té­giques (comme l’agroa­li­men­taire et l’éner­gie), ou vis-à-vis de cer­tains pays. Si le nom de la Tur­quie a fait la une pen­dant ces der­niers mois, et ça se jus­ti­fie par le mon­tant im­pres­sion­nant du dé­fi­cit (1.423 mil­lions de di­nars d’im­por­ta­tions contre 242 mil­lions d’ex­por­ta­tions), d’autres pays prennent l’as­cen­dant sur notre éco­no­mie. A com­men­cer par le géant chi­nois vers le­quel on a ex­por­té pour 46 mil­lions de di­nars, alors qu’on en a im­por­té pour 2.848 mil­lions de di­nars, soit un dé­fi­cit de 2,8 mil­liards de di­nars ! il y a aus­si la Rus­sie qui nous do­mine com­mer­cia­le­ment avec 916 mil­lions de di­nars d’im­por­ta­tions contre seule­ment 39 mil­lions d’ex­por­ta­tions. Ce ne sont pas des par­te­naires eu­ro­péens, ni des pays voi­sins. Ce sont des pays et des éco­no­mies qui émergent et qui im­posent leur poids po­li­ti­co-éco­no­mique. Notre po­si­tion com­mer­ciale doit être ra­tio­na­li­sée vis-à-vis de ces pays qui re­pré­sentent une autre al­ter­na­tive par rap­port aux par­te­naires clas­siques. Et même dans la ca­té­go­rie des pays par­te­naires comme l’Ita­lie et l’Es­pagne, on reste aus­si dé­fi­ci­taires. L’ur­gence est de re­dres­ser la po­li­tique des im­por­ta­tions en es­sayant de ré­duire l’im­por­ta­tion des pro­duits de luxe, ce qui va ar­rê­ter le glis­se­ment du di­nar. Une re­prise des ex­por­ta­tions n’a au­cun sens si on s’en­gouffre en­core face à des pays aux éco­no­mies «dé­vas­ta­trices».

L’ur­gence est de re­dres­ser la po­li­tique des im­por­ta­tions en es­sayant de ré­duire l’im­por­ta­tion des pro­duits de luxe, ce qui va ar­rê­ter le glis­se­ment du di­nar

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