Con­vul­sions, cri­tique et res­pon­sa­bi­li­té

La Presse (Tunisia) - - LA UNE - Par Jaw­har CHATTY J.C.

Des hommes d’affaires qui partent en pros­pec­tion de nou­veaux mar­chés, quoi de plus ano­din ? Quoi de plus lé­gi­time ? On leur re­pro­chait jusque-là leur im­mo­bi­lisme et au mieux leur at­ten­tisme et manque d’au­dace. Et voi­là qu’on les des­cend en flèche pour une fois qu’ils sortent des sen­tiers bat­tus, qu’ils osent s’aven­tu­rer en ter­rain peu pra­ti­qué parce que re­la­ti­ve­ment loin­tain et ha­sar­deux et qu’il n’offre pas tout à fait les mêmes « ga­ran­tie et confort » que le mar­ché eu­ro­péen.

Des hommes d’affaires qui partent en pros­pec­tion de nou­veaux mar­chés, quoi de plus ano­din ? Quoi de plus lé­gi­time ? On leur re­pro­chait jusque-là leur im­mo­bi­lisme et au mieux leur at­ten­tisme et manque d’au­dace. Et voi­là qu’on les des­cend en flèche pour une fois qu’ils sortent des sen­tiers bat­tus, qu’ils osent s’aven­tu­rer en ter­rain peu pra­ti­qué parce que re­la­ti­ve­ment loin­tain et ha­sar­deux et qu’il n’offre pas tout à fait les mêmes « ga­ran­tie et confort » que le mar­ché eu­ro­péen. Des en­tre­pre­neurs tu­ni­siens sont par­tis pour le Qa­tar, un pays frère à fortes po­ten­tia­li­tés. Au-de­là de toute consi­dé­ra­tion de po­li­tique étran­gère et in­ter­na­tio­nale et dès lors qu’il est ques­tion de sou­la­ger la grande pres­sion sur le grand dé­ra­page de notre dé­fi­cit com­mer­cial, nous ju­geons tout à fait ap­pro­prié de s’éle­ver contre tous les dis­cours po­pu­listes de dia­bo­li­sa­tion d’hommes d’affaires, in­tré­pides, qui font montre d’au­dace. Point à la ligne. Slim Ria­hi fait son re­tour sur la scène po­li­tique na­tio­nale. Avec la bénédiction de Ni­da Tou­nès et du mou­ve­ment En­nahd­ha, il ré­in­tègre le Do­cu­ment de Car­thage. Après l’avoir, pa­raît-il, os­ten­ta­toi­re­ment souillé. En bonne lo­gique par­ti­sane et de par­tage du gâ­teau, rien ne l’em­pêche dé­sor­mais et en prin­cipe de vou­loir re­né­go­cier son en­trée et sa par­ti­ci­pa­tion ac­tive au sein du gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale. A suivre. Le pro­jet de loi de fi­nances 2018 est, dans sa ver­sion ac­tuelle, at­ta­qué de toutes parts. Pour­tant, ja­mais un pro­jet de loi de fi­nances n’a été aus­si « ra­di­cal » dans son trai­te­ment de la crise des fi­nances pu­bliques et de l’éco­no­mie. Tout le monde s’ac­corde à dire qu’il y a péril en la de­meure. Tout le monde est d’ac­cord sur la né­ces­si­té de sau­ver le na­vire. A condi­tion, tou­te­fois, que l’on se dé­leste de l’ex­cé­dent de ba­gages des autres ! Lignes rouges, égoïsmes, cor­po­ra­tismes. Cha­cun est tout à fait dans son rôle à dé­fendre les in­té­rêts de ses man­dants. Mais qui pour dé­fendre l’in­té­rêt gé­né­ral ? Ven­dre­di der­nier, l’uni­ver­si­té Pa­ris-Dau­phine a dé­cer­né son doc­to­rat ho­no­ris cau­sa au Quar­tette tu­ni­sien lau­réat du Prix No­bel de la Paix 2016. Le dis­cours pro­non­cé à cette oc­ca­sion par Elyès Joui­ni, vice-pré­sident de cette pres­ti­gieuse ins­ti­tu­tion (pu­blié dans son in­té­gra­li­té par notre confrère Lea­ders) est lu­mi­neux. « La tran­si­tion po­li­tique doit en­core être conso­li­dée, la tran­si­tion so­ciale et éco­no­mique reste à mettre en place, voire à pen­ser, et vous au­rez sû­re­ment un rôle à jouer », pro­fesse-t-il. Ci­tant Ray­mond Aron, « la li­ber­té po­li­tique contri­bue à rendre les hommes dignes d’elle, à en faire des ci­toyens ni confor­mistes, ni re­belles, cri­tiques et res­pon­sables », at­ten­tif à nos con­vul­sions po­li­tiques et so­ciales, le brillant en­fant de Tu­ni­sie semble vou­loir nous rap­pe­ler ce que nous de­vions dé­jà sa­voir. A mé­di­ter et à ob­ser­ver.

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