Le pro­jet de loi ne res­pecte pas la Cons­ti­tu­tion

… Se­lon l’As­so­cia­tion de dé­fense des droits de l’en­fant

La Presse (Tunisia) - - ACTUALITÉS -

L’As­so­cia­tion tu­ni­sienne de dé­fense des droits de l’en­fant a lan­cé un ap­pel à l’opi­nion pu­blique et aux dé­fen­seurs des droits de l’homme et des droits de la femme, aux dé­pu­tés, aux com­po­santes de la so­cié­té ci­vile et à tous ceux qui oeuvrent à pro­té­ger les en­fants les plus ex­po­sés à la mar­gi­na­li­sa­tion à lut­ter contre le pro­jet de loi re­la­tif aux crèches et jar­dins d’en­fant (59-2016) sou­mis hier à la dis­cus­sion et au vote à l’As­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple. Dans un com­mu­ni­qué pu­blié hier, l’as­so­cia­tion es­time que la for­mule ac­tuelle du pro­jet de loi re­la­tif aux crèches et aux jar­dins d’en­fant ne ré­pond pas aux be­soins des droits des en­fants et n’est pas conforme aux dis­po­si­tions de la Cons­ti­tu­tion, no­tam­ment dans son ar­ticle 47. Il s’agit, a- t- elle dit, d’un pro­jet so­cié­tal qui concerne les en­fants, les femmes et les fa­milles et mé­rite d’être lar­ge­ment dé­bat­tu pour ga­ran­tir les droits des gé­né­ra­tions fu­tures. L’as­so­cia­tion in­dique que le pro­jet de loi en ques­tion doit in­sis­ter sur la res­pon­sa­bi­li­té de l’Etat et de la fa­mille dans le res­pect des prin­cipes de la cons­ti­tu­tion pour ga­ran­tir toutes les formes de pro­tec­tion aux en­fants sans dis­cri­mi­na­tion et leurs droits à la di­gni­té, à l’éducation et à la san­té. Se­lon la même source, le pro­jet de loi, tel que pré­sen­té ac­tuel­le­ment à l’ARP, ne res­pecte pas plu­sieurs ar­ticles de la Cons­ti­tu­tion comme l’ar­ticle 7 re­la­tif à la pro­mo­tion de l’Etat à la fa­mille, l’ar­ticle 12 re­la­tif à la jus­tice so­ciale, l’ar­ticle 16 re­la­tif à la neu­tra­li­té des éta­blis­se­ments édu­ca­tifs, l’ar­ticle 21 re­la­tif à l’éga­li­té de tous les ci­toyens de­vant la loi, l’ar­ticle 39 re­la­tif à l’obli­ga­tion de l’éducation, l’ar­ticle 40 re­la­tif au droit au tra­vail, l’ar­ticle 46 re­la­tif aux droits de la femme et l’ar­ticle 48 re­la­tif aux droits des per­sonnes à be­soins spé­ci­fiques. L’as­so­cia­tion es­time que ce pro­jet de loi en­cou­rage la pri­va­ti­sa­tion du sec­teur de l’en­fance et ne res­pon­sa­bi­lise pas l’Etat, outre le ren­for­ce­ment des in­éga­li­tés ré­gio­nales, so­ciales et éco­no­miques. «Ce pro­jet de loi res­pon­sa­bi­lise es­sen­tiel­le­ment la femme dans la pro­tec­tion des droits de ses en­fants, ce qui me­nace son droit au tra­vail et son au­to­no­mie fi­nan­cière, ain­si que son droit à l’éga­li­té dans les droits et les li­ber­tés», ajoute le com­mu­ni­qué. L’as­so­cia­tion consi­dère que ce pro­jet de loi mar­gi­na­lise les classes dé­fa­vo­ri­sées et consti­tue un obs­tacle de­vant l’éga­li­té des chances. Il ren­force éga­le­ment la pau­vre­té qui touche 25% des en­fants. D’après la même source, 50% des en­fants en mi­lieu ru­ral au centre et à l’ouest du pays qui vivent sous le seuil de pau­vre­té ne pour­ront pas bé­né­fi­cier des ser­vices des éta­blis­se­ments édu­ca­tifs pré­sco­laires. A no­ter que des as­so­cia­tions et or­ga­ni­sa­tions de la so­cié­té ci­vile ont ex­pri­mé hier, dans un com­mu­ni­qué conjoint, leur sou­tien à la po­si­tion de l’As­so­cia­tion tu­ni­sienne de dé­fense des droits de l’en­fant. Il s’agit du Fo­rum tu­ni­sien pour les droits éco­no­miques et so­ciaux, l’As­so­cia­tion vi­gi­lance pour la dé­mo­cra­tie et l’Etat ci­vil, la com­mis­sion pour le res­pect des li­ber­tés et des droits de l’homme en Tu­ni­sie, l’As­so­cia­tion tu­ni­sienne des femmes dé­mo­crates, la Ligue tu­ni­sienne de dé­fense des droits de l’Homme et l’Union na­tio­nale de la femme tu­ni­sienne.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.