Ra­joy ne lâche pas prise

Le Pre­mier mi­nistre es­pa­gnol ap­pelle à faire perdre les in­dé­pen­dan­tistes aux élec­tions

La Presse (Tunisia) - - INTERNATIONAL -

AFP — Le chef du gou­ver­ne­ment es­pa­gnol Ma­ria­no Ra­joy a af­fir­mé hier qu’il tra­vaille­rait pour que les in­dé­pen­dan­tistes ca­ta­lans perdent les élec­tions ré­gio­nales pré­vues le 21 dé­cembre et ap­pe­lé à une par­ti­ci­pa­tion « mas­sive » lors du scru­tin. « Nous al­lons tra­vailler pour que les for­ma­tions in­dé­pen­dan­tistes ne gagnent pas » , a as­su­ré le di­ri­geant conser­va­teur lors d’une in­ter­view sur la ra­dio Cope, alors que les par­tis po­li­tiques de Ca­ta­logne pré­parent cette se­maine leurs listes élec­to­rales. Ces élec­tions font par­tie des me­sures an­non­cées par le gou­ver­ne­ment es­pa­gnol lors de la mise sous tu­telle de la Ca­ta­logne, dé­ci­dée le 27 oc­tobre après la pro­cla­ma­tion d’in­dé­pen­dance du Par­le­ment ca­ta­lan, im­mé­dia­te­ment dis­sous tan­dis que le gou­ver­ne­ment ré­gio­nal était des­ti­tué. M. Ra­joy a lan­cé «un ap­pel à une par­ti­ci­pa­tion mas­sive » , afin que les par­tis fa­vo­rables au main­tien de la Ca­ta­logne en Es­pagne puissent s’im­po­ser. Sa for­ma­tion, le Par­ti po­pu­laire ( PP), n’était ar­ri­vée qu’en cin­quième po­si­tion lors des der­nières élec­tions ré­gio­nales en Ca­ta­logne en 2015. M. Ra­joy a ex­pli­qué que ces élec­tions étaient or­ga­ni­sées pour per­mettre «d’ar­rê­ter l’ap­pli­ca­tion » de l’ar­ticle 155 de la Cons­ti­tu­tion, qui per­met la mise sous tu­telle de la Ca­ta­logne. Il a tou­te­fois lais­sé pla­ner le doute sur le dé­lai exact de cet ar­rêt, sou­li­gnant que le vain­queur du scru­tin, quel qu’il soit, «de­vra res­pec­ter la loi». Huit des qua­torze membres du gou­ver­ne­ment ca­ta­lan in­dé­pen­dan­tiste des­ti­tué sont en dé­ten­tion pro­vi­soire dans le cadre d’une en­quête pour ré­bel­lion, sé­di­tion et dé­tour­ne­ment de fonds pu­blics. Le pré­sident des­ti­tué Carles Puig­de­mont, ac­tuel­le­ment à Bruxelles et ré­cla­mé par la jus- tice es­pa­gnole, compte se pré­sen­ter aux élec­tions à la tête d’une liste in­ti­tu­lée En­semble pour la Ca­ta­logne, qu’il veut trans­ver­sale et plus large que son par­ti, le PDeCAT. Tous les an­ciens di­ri­geants ca­ta­lans, y com­pris ceux qui sont em­pri­son­nés, « peuvent se pré­sen­ter aux élec­tions, car ils n’ont pas été dé­cla­rés in­éli­gibles» par la jus­tice, a rap­pe­lé M. Ra­joy. Néan­moins, ils ont été «dé­lé­gi­ti­més po­li­ti­que­ment » pour avoir «trom­pé les ci­toyens de Ca­ta­logne» , en af­fir­mant par exemple qu’il n’y au­rait pas de fuite d’en­tre­prises et que l’Eu­rope ap­puie­rait la cause sé­ces­sion­niste, a es­ti­mé le chef du gou­ver­ne­ment es­pa­gnol. Plus de 2.400 en­tre­prises ont trans­fé­ré leur siège so­cial hors de la ré­gion de­puis le ré­fé­ren­dum d’au­to­dé­ter­mi­na­tion du 1er oc­tobre in­ter­dit par Ma­drid. La pré­vi­sion de crois­sance pour 2018, abais­sée à 2,3% en rai­son de la crise ca­ta­lane, pour­rait être re­le­vée jus­qu’à 3% si la si­tua­tion se nor­ma­lise, a af­fir­mé M. Ra­joy.

Le Pre­mier mi­nistre es­pa­gnol Ma­ria­no Ra­joy lors d’un mee­ting à Bar­ce­lone le 12 no­vembre 2017

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