En jan­vier sur nos écrans

Il dresse un por­trait d’une Al­gé­rie nou­velle dans le­quel il s’at­taque à la cor­rup­tion, au sys­tème pa­triar­cal et au manque de repères chez l’être humain. Une dé­marche to­ta­le­ment dif­fé­rente que celle em­prun­tée dans son court­mé­trage, sor­ti en 2013, «Les Jour

La Presse (Tunisia) - - CULTURE -

Le jeune réa­li­sa­teur fran­co-al­gé­rien Ka­rim Moussaoui, lau­réat du prix du meilleur mon­tage pour son nou­veau film «En at­ten­dant les Hirondelles», lors de la 28e édi­tion des Jour­nées ci­né­ma­to­gra­phiques de Car­thage (JCC), nous a par­lé des cir­cons­tances ayant en­tou­ré la réa­li­sa­tion de ce pre­mier long-mé­trage qu’il vient de pré­sen­ter aux JCC dans la com­pé­ti­tion des longs mé­trages de fic­tion. D’autres ques­tions sur le ci­né­ma al­gé­rien d’au­jourd’hui, la sub­ven­tion du 7e art et la co­pro­duc­tion, ont été aus­si sou­le­vées. Pa­ral­lè­le­ment à sa projection aux JCC, le film de Moussaoui est dé­jà sor­ti dans les salles fran­çaises, de­puis le 8 no­vembre der­nier. Le film a été pro­je­té dans les salles al­gé­riennes, après avoir été pré­sen­té en avant­pre­mière dans la ca­té­go­rie, «Un Cer­tain Re­gard», au fes­ti­val de Cannes 2017. Dé­jà no­mi­né dans plu­sieurs fes­ti­vals, ce film lau­réat du «Wihr d’Or», grand prix du Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal d’Oran du film arabe 2017, ex­plore des uni­vers in­con­nus de l’âme hu­maine d’une Al­gé­rie en­core sous la han­tise d’une dé­cen­nie noire, celle des an­nées 90 et d’une éman­ci­pa­tion quelque part confis­quée. Après les JCC, le réa­li­sa­teur a an­non­cé que son film se­ra dis­tri­bué à par­tir de jan­vier 2018 dans les salles tu­ni­siennes par Hak­ka Dis­tri­bu­tion. Il est le seul film al­gé­rien ré­com­pen­sé aux JCC dans leur 28e édi­tion, sa­chant que l’Al­gé­rie a été l’un des pays in­vi­tés d’hon­neur du fes­ti­val pour la ré­gion du Magh­reb. Dans son film, Moussaoui opte pour un scé­na­rio où le spec­ta­teur est dé­rou­té par trois his­toires dif­fé­rentes de per­son­nages vi­vant en Al­gé­rie. Il dresse un por­trait d’une Al­gé­rie nou­velle où il s’at­taque à la cor­rup­tion, au sys­tème pa­triar­cal et au manque de repères chez l’être humain. Une dé­marche to­ta­le­ment dif­fé­rente de celle dans son court-mé­trage, sor­ti en 2013, «Les Jours d’Avant» au scé­na­rio plus cen­tré sur le dia­logue, avec une his­toire et une in­trigue. Pour ce film, co­écrit avec Maud Ame­line, Moussaoui dé­clare : «Heu­reu­se­ment qu’on est ai­dé par des cos­cé­na­ristes, chefs opé­ra­teurs, in­gé­nieurs... pour pou­voir fi­na­li­ser un pro­jet de film» . Les scènes du film, dont les images sont l’oeuvre de Da­vid Cham­bille —sont fil­mées entre Al­ger et Bis­kra, réunissent un cas­ting for­mé d’ac­teurs pro­fes­sion­nels dans les pre­miers rôles comme Has­san Ka­chach et Na­dia Ka­ci, en plus d’autres, non pro­fes­sion­nels, dans de se­conds rôles, ce qui per­met au réa­li­sa­teur de «re­pé­rer des ta­lents pour les pro­chains pro­jets». L’Al­gé­rie d’au­jourd’hui et la pé­riode de la dé­cen­nie noire sont, à chaque fois abor­dées dif­fé­rem­ment par le réa­li­sa­teur. Il y re­vient quatre ans après son moyen-mé­trage où il es­saye, à tra­vers l’his­toire de deux ado­les­cents qui ont vé­cu pen­dant la dé­cen­nie noire, de mettre un éclai­rage sur les évé­ne­ments qui se sont dé­rou­lés à l’époque et la dou­leur d’être ado­les­cent. «Ce n’était pas un film sur la dé­cen­nie noire, mais plu­tôt un film sur la ma­nière de par­ler de cette pé­riode à tra­vers le point de vue d’un ado­les­cent» .

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