Un tourisme at­teint de na­nisme

l’en­tre­prise au­tre­ment

La Presse (Tunisia) - - ECONOMIE - Par Foued ALLANI

Oui, notre tourisme est at­teint de na­nisme, à notre humble avis, mais à ce­lui d’un bon nombre de spé­cia­listes. Et pour l’ex­traire de cette si­tua­tion, il fau­drait re­voir le sec­teur de fond en comble et ne plus se conten­ter de so­lu­tions de ra­fis­to­lage. Nous avons, bien sûr, un tourisme, mais lorsque nous exa­mi­nons le sec­teur comme un tout à la lu­mière des règles et prin­cipes qui s’im­posent, ain­si qu’à celle des réa­li­sa­tions d’autres pays de longue tra­di­tion tou­ris­tique ou bien ceux qui ont réa­li­sé des per­cées spec­ta­cu­laires dans ce do­maine, à l’ins­tar de la Tur­quie et à moindre de­gré le Ma­roc, nous consta­te­rons que ce­lui-ci est res­té nain (voir 1ère par­tie : LaP­res­seE­co­no­mie du 08-11-2017). Afin de pou­voir par­ti­ci­per un tant soit peu à l’ef­fort vi­sant la re­fonte du sec­teur, nous vous pro­po­sons un pa­no­ra­ma des pro­blèmes, dif­fi­cul­tés, la­cunes et dé­faillances qui freinent le dé­ve­lop­pe­ment de la­dite ac­ti­vi­té et qui ga­gne­raient à être ré­so­lus, com­blés et apla­nis, le plus ra­pi­de­ment pos­sible. Pre­mier élé­ment à pour­voir d’une vraie stra­té­gie de pro­mo­tion et de ren­for­ce­ment, la «Sé­cu­ri­té», avec un grand «S», des tou­ristes. C’es­tà-dire la sé­cu­ri­té dans son as­pect glo­bal. Tra­duire éli­mi­na­tion des risques, de tous genres, les exis­tants, bien sûr et avec une ex­cel­lente an­ti­ci­pa­tion pour les risques la­tents. Condi­tion qui reste en­core pré­oc­cu­pante et même par­fois in­quié­tante. Sé­cu­ri­té contre les agres­sions cri­mi­nelles, contre les ac­ci­dents (de la cir­cu­la­tion et ceux dits do­mes­tiques, dans les lieux de sé­jour ou de loi­sir), contre les in­fec­tions par dif­fé­rents agents, contre les in­toxi­ca­tions ali­men­taires ou autres, contre la fraude, l’es­cro­que­rie, l’ar­naque, etc.

Là il reste, hé­las, énor­mé­ment à faire, sur­tout en im­plan­ta­tion d’un so­lide ré­seau de ca­mé­ras de sur­veillance et de lutte contre la dé­lin­quance et l’in­ci­visme dans la rue, les lieux et les trans­ports pu­blics et aus­si les lieux ou­verts au pu­blic. Sé­cu­ri­té aus­si, cô­té ponc­tua­li­té des trans­ferts (aé­ro­port, lieu de sé­jour, aé­ro­port), des dé­pla­ce­ments et des ren­dez-vous. Le tou­riste doit aus­si avoir ac­cès à toutes les in­for­ma­tions (ac­tua­li­sées) in­dis­pen­sables à son sé­jour, par­tout et à tout mo­ment, y com­pris une bonne et ef­fi­cace si­gna­li­sa­tion. Ce der­nier vo­let est, hé­las , très sous­dé­ve­lop­pé chez nous. Un mi­ni­mum de confort est par ailleurs in­dis­pen­sable dans nos villes. Là, nous sommes réel­le­ment des cham­pions dans l’ab­sence de jar­dins bien en­tre­te­nus et autres es­paces verts. Rares sont les bancs pu­blics et in­exis­tantes les toi­lettes pu­bliques. Autre élé­ment in­con­tour­nable, l’hy­giène et la pro­pre­té. Deux grands chan­tiers res­tés ou­verts et dont souffre le pays dans son en­semble. Com­ment vou­lons-nous avoir un tourisme com­pé­ti­tif avec des villes sales, en­com­brées, bruyantes et pol­luées et où la si­gna­li­sa­tion est in­di­gente. Mais là où le bat blesse, c’est quand pro­pre­té et hy­giène sont par­fois dé­faillantes au sein même des lieux d’hé­ber­ge­ment et de loi­sirs, ain­si que dans leur en­vi­ron­ne­ment im­mé­diat.

L’on conti­nue, hé­las, de ma­ni­pu­ler les ali­ments à mains nues, à fu­mer dans les zones ré­ser­vées théo­ri­que­ment aux non-fu­meurs, à trop s’ap­pro­cher des tou­ristes. Ne par­lons pas de ces bus «tou­ris­tiques» sales, de ces chauf­feurs et ces ser­veurs aux ap­pa­rences né­gli­gées et par­fois re­pous­santes. Idem pour bon nombre de taxis et voi­tures de louage. Quant aux trains des grandes lignes, ils sont réel­le­ment une honte. Nos villes sont aus­si cham­pionnes dans l’in­di­gence d’une vie et ani­ma­tion noc­turnes. Or, comme dé­jà dit, le tou­riste aime pro­fi­ter à fond de son sé­jour. La nuit, il ai­me­rait bien as­sis­ter à des spec­tacles ou bien faire du shop­ping, les jour­nées étant de pré­fé­rence consa­crées aux vi­sites des mo­nu­ments et aux at­trac­tions diurnes. Voi­là en gros le triste ta­bleau du sup­port réel de l’ac­ti­vi­té tou­ris­tique en Tu­ni­sie, au­quel il fau­drait ajou­ter d’autres dé­faillances liées, es­sen­tiel­le­ment, au trans­port aé­rien, aux agences de voyages, aux hô­tels, ain­si qu’aux res­tau­rants et ca­fés tou­ris­tiques, etc.

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