L’au­to­mo­bi­liste n’est pas en­core en prise avec la voi­ture élec­trique

La Presse (Tunisia) - - ECONOMIE - L’Obs

Mais ce n’est pas mieux pour au­tant sur les voi­tures dites « vertes », dont les chiffres des ventes en neuf ne sont pas très en­cou­ra­geants: sur un an, au 3e tri­mestre 2017, les nou­velles im­ma­tri­cu­la­tions de voi­tures hy­brides (+ 59,7 %) et élec­triques (+ 55,3 %) ont certes ex­plo­sé, mais ne re­pré­sentent tou­jours qu’une in­fime por­tion des ventes (1,6 % des ventes en Eu­rope pour l’élec­trique). Il fau­dra aus­si dé­ve­lop­per les in­fra­struc­tures, pré­vient la Com­mis­sion qui pré­voit d’y consa­crer 800 mil­lions d’eu­ros, en par­ti­cu­lier pour dé­mul­ti­plier les bornes de re­charge. De­puis le scan­dale du die­sel­gate, les ré­vé­la­tions se sont en­chaî­nées sur le fos­sé entre les émis­sions de gaz pol­luants dé­cla­rées par les construc­teurs et celles ef­fec­ti­ve­ment pro­duites sur les routes, et l’UE peine à ré­ta­blir la confiance dans son in­dus­trie au­to­mo­bile. Et en ef­fet, se­lon une étude ré­cur­rente de l’ICCT (In­ter­na­tio­nal Coun­cil on Clean Trans­por­ta­tion) pu­bliée lun­di, la moyenne des émis­sions de CO2 en Eu­rope théo­ri­que­ment an­non­cée pour 2016 à 118,1g de CO2/km (moyenne 28 pays, source Agence eu­ro­péenne pour l’en­vi­ron­ne­ment) au­rait été en réa­li­té à 167,7 g de CO2/km. Il s’agit là du fos­sé qui sé­pare la théo­rie de la réa­li­té, un dif­fé­ren­tiel de ré­sul­tats qui a sus­ci­té l’af­faire Volks­wa­gen. mu­ta­tion du mar­ché vers des vé­hi­cules « zé­ro émis­sion car­bone » ou «à faibles taux d’émis­sion » (moins de 50 g de CO2/km). Ac­tuel­le­ment, dé­plore la Com­mis­sion, seuls 6 mo­dèles de voi­tures élec­triques sont dis­po­nibles dans l’UE contre plus de 400 en Asie. En­core faut-il sa­voir ce que l’on compte avec ce genre d’af­fir­ma­tion, les vé­hi­cules eu­ro­péens ré­pon­dant à d’autres cri­tères de confort, de per­for­mances et de sé­cu­ri­té que les Asia­tiques, le plus sou­vent mi­ni­ma­listes. Et la voie du pro­grès peut-elle être dé­ci­dée par des po­li­tiques, peu au fait des tech­no­lo­gies, ou par les construc­teurs, même s’il faut les contraindre à tou­jours moins pol­luer ? «La course a dé­jà com­men­cé », a as­sé­né M. Sef­ko­vic, qui a dé­jà lan­cé un plan pour dé­ve­lop­per la bat­te­rie élec­trique en Eu­rope, qu’il voit comme le sec­teur clé à conqué­rir. Les autres me­sures du pa­quet de la Com­mis­sion visent à dé­ve­lop­per la di­ver­si­té des modes de trans­port ou en­core les bus pas­sa­gers sur longue dis­tance. Se­lon les cal­culs spé­cia­le­ment ef­fec­tués pour Le Monde et l’ICIJ par Ga­briel Zuc­man, éco­no­miste fran­çais et pro­fes­seur à l’uni­ver­si­té de Ber­ke­ley en Ca­li­for­nie, l’éva­sion fis­cale des en­tre­prises et des grandes for­tunes coûte 350 mil­liards d’eu­ros de pertes fis­cales par an aux Etats du monde en­tier, dont 120 mil­liards pour l’Union eu­ro­péenne. En 2012, d’après le FMI, les tran­sac­tions mon­diales qui tran­si­taient dans les pa­ra­dis fis­caux s’éle­vaient à 5.500 mil­liards d’eu­ros, via 4.000 banques et deux mil­lions de so­cié­tés-écrans. Ce qui re­pré­sen­te­rait, es­ti­mait l’ins­ti­tut, entre 150 et 225 mil­liards d’eu­ros de re­cettes fis­cales en moins dans les caisses des Etats du monde en­tier. En France, d’après Ga­briel Zuc­man, le manque à ga­gner pour l’Etat s’élè­ve­rait à 20 mil­liards d’eu­ros. En 2012, un rap­port du Sé­nat es­ti­mait entre 30 et 60 mil­liards d’eu­ros le coût an­nuel de l’éva­sion fis­cale pour les fi­nances pu­bliques. Dé­but 2013, une étude du syn­di­cat Sud so­li­daires, sou­vent ci­tée, cal­cu­lait que l’éva­sion fis­cale s’élè­ve­rait entre 60 et 80 mil­liards d’eu­ros par an en France.

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