L’école pu­blique ap­par­tient à ses en­fants

La Presse (Tunisia) - - LA UNE - Par Amel ZAÏBI

Une réunion est vi­ve­ment at­ten­due au­jourd’hui entre le gou­ver­ne­ment et le bu­reau exé­cu­tif de l’Ugtt pour trou­ver une is­sue à la crise qui han­di­cape l’école pu­blique et ses en­fants. Hier, le mi­nistre de l’Edu­ca­tion et le se­cré­taire gé­né­ral de l’Ugtt ont ex­pri­mé, cha­cun de son cô­té, leurs re­grets res­pec­tifs pour les dé­gâts mo­raux et psy­cho­lo­giques oc­ca­sion­nés aux élèves et à leurs fa­milles par la crise qui se­coue le sec­teur de l’en­sei­gne­ment se­con­daire pu­blic.

Une réunion est vi­ve­ment at­ten­due au­jourd’hui entre le gou­ver­ne­ment et le bu­reau exé­cu­tif de l’Ugtt pour trou­ver une is­sue à la crise qui han­di­cape l’école pu­blique et ses en­fants. Hier, le mi­nistre de l’Edu­ca­tion et le se­cré­taire gé­né­ral de l’Ugtt ont ex­pri­mé, cha­cun de son cô­té, leurs re­grets res­pec­tifs pour les dé­gâts mo­raux et psy­cho­lo­giques oc­ca­sion­nés aux élèves et à leurs fa­milles par la crise qui se­coue le sec­teur de l’en­sei­gne­ment se­con­daire pu­blic de­puis de longs et nom­breux mois, voire des an­nées, si l’on consi­dère la vague des grèves suc­ces­sives qui ont im­mo­bi­li­sé l’école pu­blique de­puis 2011. Que les re­ven­di­ca­tions des syn­di­ca­listes soient lé­gi­times, que le mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion n’ait pas la ca­pa­ci­té ou les pré­ro­ga­tives de sa­tis­faire toutes leurs de­mandes, es­sen­tiel­le­ment celles qui ne re­lèvent pas de son dé­par­te­ment, le ré­sul­tat est le même, grave, dan­ge­reux, dé­so­lant. Grave, parce que l’école pu­blique, cet ac­quis in­es­ti­mable et in­éga­lé, est en per­di­tion. Dan­ge­reux : les élèves et leurs fa­milles sont pris en otage. Dé­so­lant : les re­grets ont été ex­pri­més quand ces élèves et leurs pa­rents se sont sou­le­vés pour dire Bas­ta ! Ils ont même ap­pe­lé à la mo­bi­li­sa­tion pour crier leur co­lère et pour mettre un terme à un bras de fer qui dure de­puis trop long­temps, aus­si long­temps qu’il a per­du de son sens, de sa lé­gi­ti­mi­té et de sa cré­di­bi­li­té. Les syn­di­ca­listes y ont lais­sé des plumes et du cré­dit. Car ces fa­milles qui dé­pensent des for­tunes pour fi­nan­cer les cours par­ti­cu­liers ne peuvent plus taire leur ras-le-bol. Les cours par­ti­cu­liers, un phé­no­mène in­con­trô­lable et in­comp­table qu’il faut ins­crire à la liste des ac­ti­vi­tés de l’éco­no­mie pa­ral­lèle. Du cô­té du mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion, comme de l’en­semble du gou­ver­ne­ment, la fé­bri­li­té et l’hé­si­ta­tion face aux pres­sions so­ciales et syn­di­cales com­pliquent da­van­tage la si­tua­tion. Le coeur ba­lance entre l’ap­pli­ca­tion des lois et no­tam­ment de leurs dis­po­si­tions ré­pres­sives et le sou­hait de voir les par­ties syn­di­cales re­ve­nir à de meilleures in­ten­tions. En vain. Ce qu’il faut com­prendre au­jourd’hui de la mo­bi­li­sa­tion des élèves et de leurs fa­milles est que l’école pu­blique leur ap­par­tient éga­le­ment, qu’ils ont leur mot à dire dans cette crise qui est en train d’hy­po­thé­quer leur ave­nir et qu’ils re­fusent d’en être les mou­tons de Pa­nurge. Syn­di­cats et gou­ver­ne­ment sont ap­pe­lés à dia­lo­guer, à né­go­cier et à trou­ver les so­lu­tions rai­son­nables, ap­pli­cables et ac­cep­tables pour toutes les par­ties. L’ar­ro­gance et l’in­tran­si­geance mè­ne­ront à l’im­passe qui se­ra à terme pour l’école pu­blique et pour les cen­taines de mil­liers d’élèves qui n’ont pas les moyens de fuir vers l’école pri­vée.

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