Re­struc­tu­ra­tion im­pé­ra­tive

La Presse (Tunisia) - - ÉCONOMIE - Par Cho­kri GHARBI

La re­struc­tu­ra­tion des en­tre­prises pu­bliques est de­ve­nue, de nos jours, un im­pé­ra­tif. C’est que cer­taines de ces en­tre­prises sont dé­fi­ci­taires et consti­tuent un vrai far­deau pour le bud­get de l’Etat qui est ap­pe­lé à com­pen­ser les pertes. Et ces sommes viennent, en réa­li­té, des contri­buables qui sont les par­ti­cu­liers et les chefs d’en­tre­prise en règle avec le ser­vice des im­pôts. L’Etat ne vise pas à pri­va­ti­ser sys­té­ma­ti­que­ment ces en­tre­prises mais à as­su­rer leur re­struc­tu­ra­tion pour pou­voir équi­li­brer, à terme, leurs fi­nances. Car il n’est pas nor­mal, ni to­lé­ré de conti­nuer à di­la­pi­der les res­sources fi­nan­cières de l’Etat dans des en­tre­prises per­dantes. La re­struc­tu­ra­tion se base es­sen­tiel­le­ment sur une meilleure ges­tion des res­sources hu­maines. C’est que cer­taines en­tre­prises pu­bliques ont un sur­plus d’ef­fec­tif, ce qui veut dire que cer­tains em­ployés per­çoivent un sa­laire sans avoir vrai­ment une mis­sion pré­cise à ef­fec­tuer. Sous l’ef­fet de la pres­sion de la rue au len­de­main de la ré­vo­lu­tion, le pou­voir en place à l’époque a ju­gé né­ces­saire de faire des re­cru­te­ments en masse, qui n’ont pas été bien étu­diés. Ré­sul­tats : la masse sa­la­riale a évo­lué d’une fa­çon sen­sible. D’où la re­com­man­da­tion du FMI – ac­cep­tée par le gou­ver­ne­ment – de ré­duire la masse sa­la­riale à des pro­por­tions rai­son­nables. Par­mi les me­sures prises, le dé­part vo­lon­taire et la re­traite an­ti­ci­pée qui est dé­jà mise en oeuvre. Il s’agit aus­si de sus­pendre les re­cru­te­ments sauf pour les postes va­cants et d’as­su­rer un re­dé­ploie­ment des res­sources hu­maines en ac­ti­vi­té, quitte à or­ga­ni­ser des ses­sions de for­ma­tion pour amé­lio­rer les com­pé­tences des em­ployés et leur per­mettre de bien s’ac­quit­ter de leurs nou­velles tâches. Ces ac­tions cor­rec­tives sont in­dis­pen­sables pour al­lé­ger ces en­tre­prises et amé­lio­rer leur ren­de­ment. A l’ave­nir, il fau­dra faire preuve de plus de ri­gueur dans les re­cru­te­ments pour ne pas tom­ber dans les mêmes er­reurs et alour­dir la charge de ces en­tre­prises qui de­meurent le fleu­ron et l’exemple de l’Etat de l’in­dé­pen­dance. Il va de soi que seule la com­pé­tence doit pri­mer. Les avan­tages fi­nan­ciers doivent re­ve­nir aux meilleurs élé­ments de l’en­tre­prise, ceux qui font de leur mieux pour aug­men­ter la pro­duc­ti­vi­té. Le sys­tème de gou­ver­nance au sein de ces en­tre­prises doit ab­so­lu­ment chan­ger pour fa­vo­ri­ser la trans­pa­rence et l’équi­té en évi­tant tout fa­vo­ri­tisme.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.