« 5,5 mil­liards d’eu­ros se­ront ac­cor­dés à la Tu­ni­sie »

Jo­hannes Hahn conduit une dé­lé­ga­tion de huit ins­ti­tu­tions fi­nan­cières et de dé­ve­lop­pe­ment eu­ro­péennes et in­ter­na­tio­nales

La Presse (Tunisia) - - LA UNE -

Les huit ins­ti­tu­tions fi­nan­cières et de dé­ve­lop­pe­ment ac­cor­de­ront à la Tu­ni­sie 5, 5 mil­liards d’eu­ros, dont 2,5 mil­liards d’eu­ros pro­gram­més pour l’an­née 2018/2019 qui se­ront oc­troyés sous formes de dons et de prêts, a dé­cla­ré, hier, le Com­mis­saire eu­ro­péen à la Po­li­tique eu­ro­péenne de voi­si­nage et aux Né­go­cia­tions d’élar­gis­se­ment, Jo­hannes Hahn. In­ter­ve­nant lors d’une confé­rence de presse, le res­pon­sable eu­ro­péen a ajou­té que ces ins­ti­tu­tions fi­nan­cières, à sa­voir l’Agence fran­çaise de dé­ve­lop­pe­ment (AFD), la Banque afri­caine de dé­ve­lop­pe­ment (BAD), la Banque eu­ro­péenne d’in­ves­tis­se­ment (BEI), la Banque eu­ro­péenne de re­cons­truc­tion et de dé­ve­lop­pe­ment (Berd), la Banque mon­diale (BM), le Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal (FMI), la KFW et la So­cié­té fi­nan­cière in­ter­na­tio­nale (SFI) ver­se­ront les trois mil­liards d’eu­ros res­tants pour des pro­jets d’in­ves­tis­se­ment, en cas de concré­ti­sa­tion des ré­formes dé­jà adop­tées par la Tu­ni­sie. Il est à pré­ci­ser que lors de sa ren­contre avec le chef du gou­ver­ne­ment, Jo­hannes Hahn a no­tam­ment sou­li­gné que «l’en­ga­ge­ment de l’Union eu­ro­péenne (UE) et des ins­ti­tu­tions fi­nan­cières à sou­te­nir le pro­ces­sus dé­mo­cra­tique en cours en Tu­ni­sie se pour­sui­vra. Tou­te­fois, des ré­formes né­ces­saires sont à réa­li­ser, les­quelles ne se­ront pas faites pour nous plaire mais dans l’in­té­rêt des ci­toyens tu­ni­siens, parce qu’ils ont le droit à as­pi­rer à une vie dé­cente et à de bonnes condi­tions de vie». Il a re­le­vé, dans une dé­cla­ra­tion à la presse, à l’is­sue de cette réunion te­nue à huis clos que l’UE es­saie de contri­buer à four­nir ces condi­tions de vie dé­cente et à as­su­rer la sta­bi­li­té dans le pays, pré­ci­sant que l’UE conti­nue­ra à tra­vailler avec le gou­ver­ne­ment tu­ni­sien et toutes les par­ties pre­nantes. Se­lon lui, cette en­tre­vue qu’il a qua- li­fiée de fruc­tueuse et construc­tive a per­mis d’ex­plo­rer et iden­ti­fier les voies de la co­opé­ra­tion pour les deux pro­chaines an­nées et de dis­cu­ter des ré­formes à en­tre­prendre, tout en met­tant en évi­dence l’en­ga­ge­ment de l’UE en­vers le pro­ces­sus dé­mo­cra­tique en Tu­ni­sie. Hahn conduit une dé­lé­ga­tion de huit ins­ti­tu­tions fi­nan­cières et de dé­ve­lop­pe­ment, à sa­voir l’Agence fran­çaise de dé­ve­lop­pe­ment (AFD), la Banque afri­caine de dé­ve­lop­pe­ment (BAD), la Banque eu­ro­péenne d’in­ves­tis­se­ment (BEI), la Banque eu­ro­péenne de re­cons­truc­tion et de dé­ve­lop­pe­ment (Berd), la Banque mon­diale (BM), le Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal (FMI), la KFW et la So­cié­té fi­nan­cière in­ter­na­tio­nale (SFI). Pour sa part, Cha­hed a fait sa­voir que les in­ves­tis­se­ments to­taux ac­cor­dés à la Tu­ni­sie par ces bailleurs de fonds sont de l’ordre de 3.500 mil­liards d’eu­ros, soit 10.955 mil­liards de di­nars. « L’UE et les bailleurs de fonds ont ré­af­fir­mé leur sou­tien à la Tu­ni­sie, no­tam­ment en fa­veur du pro­gramme de ré­formes so­cioé­co­no­miques que le pays s’est fixées pour re­lan­cer la crois­sance et l’em­ploi. Ils ont mis en exergue l’ex­pé­rience dé­mo­cra­tique de la Tu­ni­sie qui est, au­jourd’hui, me­na­cée par les groupes ter­ro­ristes, no­tam­ment avec la der­nière at­taque ter­ro­riste (di­manche 8 juillet 2018). Le chef du gou­ver­ne­ment a mis l’ac­cent sur l’im­pé­ra­tif de pré­ser­ver cette dé­mo­cra­tie à tra­vers des moyens tu­ni­siens et la co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale. D’après Cha­hed, l’ap­pui des bailleurs de fonds aux ré­formes concerne prin­ci­pa­le­ment les en­tre­prises pu­bliques, les caisses so­ciales et le sys­tème de la sub­ven­tion, ajou­tant que ces ré­formes ne sont pas dic­tées mais émanent de la Tu­ni­sie, tout en s’ins­pi­rant des ex­pé­riences de l’étran­ger. Il a pré­ci­sé que l’am­bi­tion est de re­lan­cer la crois­sance éco­no­mique dans le pays qui connaît dé­jà une re­prise im­por­tante, la­quelle de­meure ce­pen­dant in­suf­fi­sante pour la créa­tion d’em­plois. La re­lance de la crois­sance doit pas­ser obli­ga­toi­re­ment par des mé­ca­nismes de fi­nan­ce­ment du sec­teur pri­vé et des pro­jets dans les ré­gions in­té­rieures dans de nou­veaux sec­teurs, tels que les TIC (tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion et de la com­mu­ni­ca­tion) et les ER (éner­gies re­nou­ve­lables). Il est aus­si im­por­tant de sou­te­nir im­mé­dia­te­ment les ca­té­go­ries vul­né­rables qui ne peuvent pas at­tendre la re­lance de la crois­sance. L’Etat de­vra se te­nir aux cô­tés de ces ca­té­go­ries dé­mu­nies, à tra­vers le lan­ce­ment de plu­sieurs mé­ca­nismes, tels que l’élar­gis­se­ment de la sé­cu­ri­té so­ciale. La si­tua­tion éco­no­mique du pays est en amé­lio­ra­tion, no­tam­ment avec la re­prise du tou­risme, l’aug­men­ta­tion des ex­por­ta­tions et même l’amé­lio­ra­tion de la fi­nance pu­blique, dont les ré­formes ont com­men­cé à don­ner leurs fruits, tra­duits par une hausse des res­sources propres de l’Etat et l’amé­lio­ra­tion du dé­fi­cit bud­gé­taire. Cha­hed a ras­su­ré que l’in­fla­tion, qui s’est éta­blie à 7,8% en juin 2018, ré­gres­se­ra à par­tir du dé­but de l’an­née pro­chaine, ex­pli­quant que son ren­ché­ris­se­ment est dû aux me­sures conte­nues dans la loi de fi­nances 2018.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.