Un haut gra­dé re­cher­ché par la CPI en fuite

Mah­moud Al-Wer­fal­li est un des com­man­dants d’Al-Sai­qa, une uni­té d’élite qui a fait dé­fec­tion de l’ar­mée li­byenne après le sou­lè­ve­ment contre le dic­ta­teur Mouam­mar Kadha­fi en 2011

La Presse (Tunisia) - - INTERNATIONAL -

AFP — Un com­man­dant mi­li­taire li­byen re­cher­ché par la Cour pé­nale in­ter­na­tio­nale (CPI) pour sa res­pon­sa­bi­li­té dans de graves vio­la­tions des droits de l’Homme s’est «éva­dé» de pri­son, a af­fir­mé le com­man­de­ment des forces de Kha­li­fa Haf­tar, au­quel ap­par­tient cet of­fi­cier. «Le maréchal Kha­li­fa Haf­tar (...) a or­don­né de mettre la main sur le com­man­dant Mah­moud Al-Wer­fal­li, à la suite de son éva­sion de la pri­son mi­li­taire» où il était dé­te­nu, est-il in­di­qué dans un com­mu­ni­qué. Le texte ne men­tionne pas la date de cette éva­sion, et donc de­puis com­bien de temps ce haut gra­dé est en fuite. Mah­moud Mus­ta­fa Bu­sayf Al-Wer­fal­li, com­man­dant dans l’Ar­mée na­tio­nale li­byenne (ANL), au­to­pro­cla­mée et di­ri­gée par le maréchal Haf­tar, fait l’ob­jet de­puis près d’un an d’un man­dat d’ar­rêt de la CPI, qui l’ac­cuse de «crimes de guerre» dans au moins sept in­ci­dents en 2016 et 2017. Le 5 juillet, la Cour a émis un deuxième man­dat d’ar­rêt à son en­contre «pour sa res­pon­sa­bi­li­té pré­su­mée de meurtre en tant que crime de guerre». Les juges ont es­ti­mé dis­po­ser «de mo­tifs sé­rieux de croire» qu’il «au­rait abat­tu 10 per­sonnes en face de la mos­quée Bi’at al-Rad­wan à Ben­gha­zi» (Est) le 24 jan­vier der­nier, a in­di­qué la CPI. Mah­moud Al-Wer­fal­li, né en 1978, est un des com­man­dants d’Al-Sai­qa, une uni­té d’élite qui a fait dé­fec­tion de l’ar­mée li­byenne après le sou­lè­ve­ment contre le dic­ta­teur Mouam­mar Kadha­fi en 2011. De­puis, il se bat aux cô­tés des forces loyales à l’homme fort de l’est li­byen, Kha­li­fa Haf­tar. En fé­vrier, le com­man­dant Wer­fal­li avait af­fir­mé dans une vi­déo sur son compte Fa­ce­book s’être ren­du à la po­lice mi­li­taire de l’Ar­mée na­tio­nale li­byenne (ANL, au­to­pro­cla­mée par le maréchal Haf­tar) à la suite du pre­mier man­dat d’ar­rêt de la CPI. L’in­for­ma­tion n’a pu être vé­ri­fiée de source in­dé­pen­dante. Les forces loyales au maréchal Haf­tar avaient in­di­qué l’été der­nier avoir ar­rê­té M. Al-Wer­fal­li. Elles avaient ajou­té qu’il fai­sait l’ob­jet d’une «en­quête de­vant le pro­cu­reur gé­né­ral mi­li­taire», sem­blant ain­si vou­loir écar­ter une re­mise à la CPI. La pro­cu­reure de la CPI, Fa­tou Ben­sou­da, a ré­cla­mé à plu­sieurs re­prises l’ar­res­ta­tion de M. Wer­fal­li, ain­si que de Seif al-Is­lam Kadha­fi, fils de l’ex­dic­ta­teur, et de Al-Tu­ha­my Mo­ha­med Kha­led, ex-chef de l’Agence de sé­cu­ri­té in­té­rieure li­byenne, éga­le­ment re­cher­chés pour crimes de guerre.

Mah­moud Al-Wer­fal­li (d) avec le maréchal Kha­li­fa Haf­tar (g)

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