Trump af­firme avoir fait plier les al­liés

«Ils ont ac­cep­té de payer et de payer plus ra­pi­de­ment», s’est fé­li­ci­té le pré­sident amé­ri­cain lors d’une confé­rence de presse non pro­gram­mée avant de quit­ter Bruxelles pour Londres

La Presse (Tunisia) - - INTERNATIONAL -

Do­nald Trump a af­fir­mé hier avoir ob­te­nu l’en­ga­ge­ment des al­liés des Etats-Unis à ac­cé­lé­rer la ca­dence pour aug­men­ter leurs dé­penses mi­li­taires. A l’is­sue d’un som­met de l’Otan sous ten­sion à Bruxelles, il s’est dé­cla­ré «très content» des ré­sul­tats. «Ils ont ac­cep­té de payer et de payer plus ra­pi­de­ment», s’est fé­li­ci­té le pré­sident amé­ri­cain lors d’une confé­rence de presse non pro­gram­mée avant de quit­ter Bruxelles pour Londres. «De­puis l’élec­tion de M. Trump, de l’ar­gent frais est ar­ri­vé: 41 mil­liards de dol­lars sup­plé­men­taires pour les dé­penses mi­li­taires des al­liés, ce qui est sub­stan­tiel. Nous avons be­soin de nou­velles aug­men­ta­tions sub­stan­tielles», a en­suite pré­ci­sé le se­cré­taire gé­né­ral de l’Otan Jens Stol­ten­berg. L’en­ga­ge­ment sous­crit en 2014 de consa­crer 2% de leur PIB aux dé­penses de dé­fense pour 2024 reste ins­crit noir sur blanc dans la dé­cla­ra­tion com­mune agréée avant-hier par les lea­ders des 29 pays membres de l’Al­liance. Mais une quin­zaine de pays, dont l’Al­le­magne, le Ca­na­da, l’Ita­lie, l’Es­pagne et la Bel­gique sont en­core très loin de l’ob­jec­tif, avec moins de 1,4% de leur PIB pour la dé­fense en 2018, et cer­tains se disent in­ca­pables de res­pec­ter leur pa­role en 2024 en in­vo­quant leurs contraintes bud­gé­taires. Ce qui a ul­cé­ré le lo­ca­taire de la Mai­son-Blanche. Do­nald Trump était ar­ri­vé à Bruxelles mar­di soir dé­ci­dé à leur for­cer la main. Il n’a eu de cesse de mettre le som­met sous pres­sion à coup de mes­sages sur son compte Twitter et de dé­cla­ra­tions peu amènes à l’adresse des mau­vais payeurs. Cible pri­vi­lé­giée de sa vin­dicte: l’Al­le­magne, qui a été ac­cu­sée de dé­bour­ser des mil­liards pour des achats de gaz et de pé­trole à la Rus­sie au lieu de contri­buer aux dé­penses de dé­fense. L’Al­le­magne a pré­vu de consa­crer 1,5% de son PIB aux dé­penses mi­li­taires en 2025.

«Je crois en l’Otan»

M. Trump a re­nou­ve­lé ses exi­gences hier, lors de la se­conde jour­née du som­met, et le se­cré­taire gé­né­ral de l’Otan Jens Stol­ten­berg a été con­traint de convo­quer en ur­gence une réunion ex­tra­or­di­naire pour désa­mor­cer un risque de crise ma­jeure. «Je m’at­ten­dais à une dis­cus­sion franche et c’est ce qui s’est pas­sé hier et au­jourd’hui. Les al­liés ont com­pris que le pré­sident Trump était très sé­rieux sur la ques­tion des dé­penses», a re­con­nu le chef de l’Otan. Le pré­sident amé­ri­cain a re­ven­di­qué une vic­toire. «Les al­liés avaient rai­son d’être in­quiets, car hier j’étais ex­trê­me­ment in­sa­tis­fait de ce qui se pas­sait et ils ont consi­dé­ra­ble­ment ren­for­cé leurs en­ga­ge­ments. Main­te­nant, nous sommes très heu­reux d’avoir une Otan très puis­sante, très forte, beau­coup plus forte qu’il y a deux jours», s’est-il fé­li­ci­té. «J’au­rais pu uti­li­ser la me­nace (de quit­ter l’Otan) mais ce­la n’a pas été né­ces­saire», a-t-il as­su­ré en ré­ponse à une ques­tion en ce sens. «J’ai ob­te­nu des pro­grès ex­tra­or­di­naires par rap­port à mes pré­dé­ces­seurs», a-t-il sou­te­nu. «L’Al­le­magne a ac­cep­té d’ac­cé­lé­rer le tem­po pour aug­men­ter ses dé­penses mi­li­taires», a ex­pli­qué Do­nald Trump. Mais la chan­ce­lière An­ge­la Mer­kel s’est conten­tée de rap­pe­ler que «les Al­le­mands savent qu’ils «doivent faire plus et que nous le fai­sons de­puis un cer­tain temps». Elle a sim­ple­ment confir­mé l’ob­jec­tif d’1,5% du PIB al­le­mand en 2025. Les chefs des gou­ver­ne­ments ita­lien et es­pa­gnol, Giu­seppe Conte et Pe­dro San­chez, ont pro­mis que leurs pays res­pec­te­raient les en­ga­ge­ments sous­crits par leurs pré­de­ces­seurs, mais en ex­cluant d’aug­men­ter les contri­bu­tions. Après les me­naces, l’apai­se­ment: «Je crois en l’Otan. L’Otan est plus fort qu’il y a deux ans», a lan­cé le pré­sident amé­ri­cain à l’is­sue du som­met. Un sen­ti­ment par­ta­gé par son ho­mo­logue fran­çais: «L’Otan sort plus fort» de son som­met, a ren­ché­ri Em­ma­nuel Ma­cron. La France res­pec­te­ra ses en­ga­ge­ments pour par­ve­nir à consa­crer 2% de son PIB à ses dé­penses mi­li­taires. «Nous y se­rons en 2025», soit un après après le dé­lai im­par­ti, a ré­af­fir­mé hier la mi­nistre des Ar­mées Flo­rence Par­ly. «Nous sommes plei­ne­ment en ligne avec ce qui a été ac­té dans la dé­cla­ra­tion fi­nale qui a été adop­tée avant-hier de ma­nière consen­suelle», a-t-elle ar­gué.

Pou­tine à Hel­sin­ki

Le pré­sident amé­ri­cain est ar­ri­vé hier après-mi­di au Royaume-Uni pour une vi­site of­fi­cielle, au cours de la­quelle il ren­con­tre­ra la reine Eli­za­beth II et la Pre­mière mi­nistre The­re­sa May. Il se ren­dra en­suite à Hel­sin­ki pour un som­met bi­la­té­ral his­to­rique avec le pré­sident russe Vla­di­mir Pou­tine lun­di. La dé­cla­ra­tion fi­nale du som­met de l’Otan est un vé­ri­table ré­qui­si­toire contre la po­li­tique étran­gère de Vla­di­mir Pou­tine. Jens Stol­ten­berg a aver­ti que «toute in­ter­fé­rence» dans le pro­ces­sus d’adhé­sion en­ga­gé avec l’an­cienne Ré­pu­blique You­go­slave de Ma­cé­doine se­rait «inac­cep­table» pour l’Otan. Vla­di­mir Pou­tine «n’est pas mon en­ne­mi (...) En fin de compte, c’est un concur­rent, il re­pré­sente la Rus­sie, je re­pré­sente les ÉtatsU­nis», a dé­cla­ré Do­nald Trump.

Le pré­sident amé­ri­cain Do­nald Trump se te­nant aux cô­tés de son se­cré­taire d’Etat Mike Pom­peo, lors de sa confé­rence de presse à l’is­sue du som­met de l’Otan à Bruxelles, hier

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