Ha­roun Ghar­bi, co­fon­da­teur et CEO de Nuked Cockroach Pour réus­sir, il faut être per­sé­vé­rant !

HA­ROUN GHAR­BI, CO­FON­DA­TEUR ET CEO DE NUKED COCKROACH

Le Manager - - Sommaire - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR AH­MED SAOUDI

Un mil­lion et 500 mille dinars. C’est la va­leur de la le­vée de fonds que vient de réa­li­ser Nuked Cockroach, une jeune star­tup tu­ni­sienne de jeux vi­déos, au­près de CDC Ges­tion. Il ne s’agit pas là de la pre­mière le­vée de fonds de l’en­tre­prise. Trois autres l’ont dé­jà pré­cé­dée, pour une va­leur to­tale de 2.2 mil­lions de dinars. Le Ma­na­ger est al­lé à la ren­contre de Ha­roun Ghar­bi, co­fon­da­teur et CEO de Nuked Cockroach pour en sa­voir plus sur la star­tup, ses ob­jec­tifs et ses as­pi­ra­tions.

Que si­gni­fie Nuked Cockroach?

Il est com­mu­né­ment ad­mis que les ca­fards ont une ca­pa­ci­té in­éga­lée de ré­sis­ter aux bombes nu­cléaires. Nous avons donc choi­si le nom Nuked Cockroach [ca­fard ato­mi­sé, ndlr] parce que nous pen­sons que, pour réus­sir, une star­tup en Tu­ni­sie doit faire montre d’une com­pa­rable résistance aux obs­tacles.

Votre par­cours n’a pas été de tout re­pos, à ce qu’il pa­raît. Par­lez-nous en un peu !

J’ai tou­jours ai­mé les piz­zas et les jeux vi­déos. Du coup, j’ai ou­vert une piz­ze­ria alors que j’étais en­core à ma troi­sième an­née d’uni­ver­si­té ! L’ar­gent ain­si ré­col­té a ser­vi pour fi­nan­cer le studio de jeux vi­déo que j’ai lan­cé dès que j’ai ter­mi­né mes études. J’avoue qu’au dé­part je n’avais au­cune idée sur ce sec­teur, mais j’ai tou­jours rê­vé de créer mon propre jeu. J’ai par la suite com­men­cé à cher­cher des ta­lents pour m’ac­com­pa­gner dans cette aven­ture. Plus la piz­ze­ria ga­gnait, plus je re­cru­tais — d’où notre slo­gan à l’époque : “Trans­for­ming piz­za in­to good vi­deo games”. Au bout de deux ans, nous étions neuf. Nous avons dé­ci­dé qu’il était temps de com­men­cer à tra­vailler sur notre pre­mier jeu. Le but n’était pas de lan­cer un pro­duit sur le mar­ché, mais de maî­tri­ser les tech­niques né­ces­saires.

Veterans On­line est bien votre pre­mier jeu ?

Non. Nous n’avons eu l’idée de Veterans On­line que par la suite. Nous avons vou­lu créer un titre qui re­pose sur les prin­cipes du MOBA, ou Mul­ti­player On­line Bat­tle Are­na. Comme l’in­dique son nom, ce genre de jeu vi­déo op­pose deux ou plu­sieurs équipes sur un même ter­rain; le but de cha­cune d’elles est de dé­truire les bases des équipes ad­ver­saires. Cette ca­té­go­rie de jeux vi­déos ne cesse de ga­gner en po­pu­la­ri­té et est au­jourd’hui pré­sente en force dans le monde des e-sports. Nous pen­sons donc qu’il ne s’agit pas d’une ten­dance pas­sa­gère.

Vous avez dé­jà réa­li­sé trois tours de table. Com­ment avez­vous réus­si à convaincre les in­ves­tis­seurs ?

Nous avions beau­coup plus qu’une simple idée. Avec nos moyens, nous avons réus­si à créer un pro­to­type fonc­tion­nel. Cette pre­mière ébauche nous a per­mis de pré­sen­ter les prin­cipes du jeu et prou­ver aux in­ves­tis­seurs d’in­ti­laq que nous sommes ca­pables de concré­ti­ser ce pro­jet.

Com­ment comp­tez-vous uti­li­ser de ces nou­veaux fonds ?

Nous al­lons lan­cer pro­chai­ne­ment deux an­tennes, à Ber­lin et à Du­baï. La pre­mière va nous per­mettre d’ac­cé­lé­rer le dé­ve­lop­pe­ment du jeu et d’en­ri­chir notre équipe de nou­veaux ta­lents. Ce­la va donc ré­soudre l’un de nos plus grands pro­blèmes : le re­cru­te­ment. Notre branche de Du­baï se­ra dé­diée au mar­ke­ting et à la dis­tri­bu­tion du jeu dans la ré­gion Me­na. Nous sou­hai­tons éga­le­ment que notre pré­sence à Du­baï puisse nous don­ner ac­cès à plu­sieurs in­ves­tis­seurs de la ré­gion.

Quels sont vos pro­jets fu­turs?

Nous sou­hai­tons pou­voir lan­cer le jeu sur le mar­ché dans les mois à ve­nir. Pour nous y pré­pa­rer, nous sommes ac­tuel­le­ment en né­go­cia­tion avec un im­por­tant pu­bli­sher de jeux vi­déos à l’échelle mon­diale. Nous vi­sons éga­le­ment l’ac­qui­si­tion d’un autre studio de jeux vi­déos, ce qui nous per­met­tra de mieux nous po­si­tion­ner sur le mar­ché. Je pense aus­si que c’est la seule ma­nière d’étof­fer nos équipes vu un manque fla­grant de com­pé­tences en Tu­ni­sie. Et à ce pro­pos, il n’y a pas lieu d’être op­ti­miste car jus­qu’à au­jourd’hui, il n’existe au­cune for­ma­tion de qua­li­té.

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