Le père d’an­gry Birds en Tu­ni­sie

Le Manager - - Sommaire - PAR AN­GE­LA KONTOULI-BEN AH­MED MEDITERRANEAN DE­VE­LOP­MENT INI­TIA­TIVE

Pe­ter Ves­ter­ba­cka, plus connu sous le nom de Migh­ty Eagle (Aigle Puis­sant), hé­ros de An­gry Birds, et fon­da­teur de Slush était in­vi­té en Tu­ni­sie fin mai par le MDI ( Mediterranean De­ve­lop­ment Ini­tia­tive), think tank tu­ni­sien, pour le pre­mier e-health mee­tup co­or­ga­ni­sé par le MDI avec le géant phar­ma­ceu­tique Merck. D’il­lustres in­vi­tés sont ve­nus de la Fin­lande spé­cia­le­ment pour l’évé­ne­ment : San­na Lu­kan­der, CEO de Fun Aca­de­my (sub­di­vi­sion de Ro­vio En­ter­tain­ment), Mi­ka La­ck­man CEO de VIOPE et du Game De­ve­lop­ment World Cham­pion­ship et Lee­vi Ra­si­la, Event Pro­du­cer du Game De­ve­lop­ment World Cham­pion­ship. S. E. Tan­ja Jas­ke­laai­nen, am­bas­sa­deur de la Fin­lande en Tu­ni­sie, et S.E. Ha­rold Hoya­na, am­bas­sa­deur de l’afrique du Sud en Tu­ni­sie ont éga­le­ment re­haus­sé l’évé­ne­ment. Pe­ter Ves­ter­ba­cka a été à l’ori­gine des jeux Ro­vio En­ter­tain­ment et ce­lui qui a pro­pul­sé An­gry Birds. Le fa­meux ma­ga­zine TIME l’a pla­cé en 2011 par­mi les per­son­na­li­tés les plus in­fluentes du monde et sa for­tune per­son­nelle est cal­cu­lée à plu­sieurs cen­taines de mil­lions. An­gry Birds re­pré­sente au­jourd’hui l’ap­pli­ca­tion de jeux la plus té­lé­char­gée de l’his­toire avec plus de 3 mil­liards de té­lé­char­ge­ments. Le jeu s’est dé­cli­né en de mul­tiples jeux et produits dé­ri­vés, dont des parcs à thèmes, une sé­rie té­lé­vi­sée et ré­cem­ment un film à grand suc­cès. En 2016, Ro­vio En­ter­tain­ment se di­vise en 5 star­tups et Pe­ter Ves­ter­ba­cka se lance dans les jeux édu­ca­tifs avec sa nou­velle so­cié­té Light­neer. Son nou­veau jeu Big Bang Le­gends est pres­sen­ti pour de­ve­nir un grand suc­cès à ve­nir. Pe­ter Ves­ter­ba­cka est un des pion­niers de l’ini­tia­tive pri­vée en Fin­lande. Très vite après la dé­bâcle de No­kia, il se lance dans le monde des star­tups et fonde « Slush», un des plus grands évé­ne­ments mon­diaux pour les star­tups tech­no­lo­giques. Slush, qui se tra­duit en « neige sale, glis­sante et fon­due » est exac­te­ment ce qu’on ren­contre en Fin­lande au mois de no­vembre, pé­riode de cette ma­ni­fes­ta­tion ti­ta­nesque pour les star­tups. Le mes­sage que les or­ga­ni­sa­teurs vou­laient faire pas­ser est que les dé­fis d’une star­tup sont tou­jours énormes et les temps peuvent être dif­fi­ciles. Mais comme Ves­ter­ba­cka aime sou­vent ré­pé­ter : « Quand on aime ce qu’on fait, on a l’im­pres­sion qu’on n’a tra­vaillé au­cun jour de sa vie. On ou­blie le froid, la neige fon­due et glis­sante et on bosse. C’est l’es­prit de Slush ». Et c’est cet es­prit que le MDI veut pro­mou­voir en Tu­ni­sie. Pour ce­la, Pe­ter Ves­ter­ba­cka est ve­nu en Tu­ni­sie pour par­ti­ci­per au pre­mier évé­ne­ment e-health mee­tup or­ga­ni­sé par le MDI et la com­pa­gnie phar­ma­ceu­tique Merck. Il a pré­sen­té son par­cours, ses dif­fi­cul­tés per­son­nelles au mo­ment où en Fin­lande la créa­tion des star­tups n’était pas fa­cile, et ex­po­sé les dif­fé­rentes étapes de dé­ci­sions po­li­tiques qui ont eu lieu en Fin­lande et qui ont per­mis cette ré­vo­lu­tion des men­ta­li­tés pour l’émer­gence d’une classe d’en­tre­pre­neurs pri­vés dans le nu­mé­rique. Il a pré­sen­té dans les dé­tails l’ex­pé­rience fin­lan­daise et le rôle dé­ter­mi­nant joué par l’ini­tia­tive pri­vée. Il au­ra fal­lu seule­ment 5 ans à la Fin­lande pour chan­ger de pa­ra­digme et s’orien­ter fran­che­ment vers l’ini­tia­tive pri­vée. C’est tout le pa­ri que fait le MDI pour la Tu­ni­sie, et la ré­gion, épau­lé par ses par­te­naires. Nous avons ain­si ap­pris qu’en Fin­lande, le bud­get consa­cré à la Re­cherche et Dé­ve­lop­pe­ment re­pré­sente 3,6% du PIB, soit le plus éle­vé d’eu­rope. Pas éton­nant donc de re­trou­ver ce pays par­mi les 3 pre­miers du clas­se­ment des éco­no­mies les plus dy­na­miques au monde. D’après les don­nées de l’an­nuaire eu­ro­péen Fun­der­beam, le pays compte 23 star­tups (de moins de huit ans d’exis­tence) pour 100.000 ha­bi­tants, contre 8 en France – et moins que 1 en Tu­ni­sie. Le tour­nant en Fin­lande s’est opé­ré en 2007 suite à la chute de l’em­pire No­kia. 18.000 em­ployés s’étaient re­trou­vés au chô­mage, face à l’im­pé­ra­tif de se re­con­ver­tir. Un ac­com­pa­gne­ment à la créa­tion d’en­tre­prise leur a été pro­po­sé. C’est ain­si qu’en deux ans, 400 nou­velles star­tups fon­dées par des ex-em­ployés de No­kia ont vu le jour. Le suc­cès est im­mé­diat, no­tam­ment avec les jeux vi­déos comme Ro­vio, et ses cé­lèbres An­gry Birds et Su­per­cell et son jeu “Clash of Ti­tans”. Su­per­cell de­vient la pre­mière dé­ca­corne eu­ro­péenne (une li­corne pèse 1 mil­liard de dol­lars, une dé­ca­corne 10 mil­liards de dol­lars). La « Finland-touch » cartonne à l’in­ter­na­tio­nal et fait des émules. Cet es­prit en­tre­pre­neu­rial s’ap­puie sur une ex­cel­lente for­ma­tion de base qu’offre le sys­tème fin­lan­dais. A l’uni­ver­si­té, plu­sieurs dis­po­si­tifs existent pour ai­der les étu­diants à créer leur star­tup. Les étu­diants-en­tre­pre­neurs sont de plus en plus nom­breux. Mais sur­tout ils peuvent comp­ter sur le sou­tien de Tekes, l’agence gou­ver­ne­men­tale qui oc­troie prêts et sub­ven­tions de­puis plus de 30 ans pour lan­cer les star­tups. Ces aides sont au­tour de 1,5 mil­lion d’eu­ros en moyenne pour les star­tups pro­met­teuses, tan­dis que les plus jeunes star­tups se voient oc­troyer 50.000 € en moyenne pour dé­ve­lop­per leur bu­si­ness plan et leur base de clients. L’ac­cès aux in­ves­tis­seurs étran­gers est aus­si fa­ci­li­té par une forte ou­ver­ture à l’in­ter­na­tio­nal, no­tam­ment grâce à des évé­ne­ments comme Slush, cette réunion an­nuelle in­con­tour­nable des star­tups et des in­ves­tis­seurs du monde en­tier. L’ob­jec­tif ul­time de ce par­te­na­riat pu­blic pri­vé en Fin­lande est d’en­cou­ra­ger l’in­no­va­tion. Les star­tups ai­dées par l’etat peuvent dé­fier les grandes en­tre­prises exis­tantes et contri­buer ain­si au re­nou­veau de l’éco­no­mie. C’est l’es­poir que nous fon­dons aus­si avec cer­taines des star­tups qui ont par­ti­ci­pé au pre­mier ehealth mee­ting en Tu­ni­sie. En ef­fet, lors de cet évé­ne­ment, dix star­tups afri­caines, dont 5 tu­ni­siennes, ont été choi­sies pour pit­cher : Di­gi­tal­ma­nia, Wa­na­games, In­cept, Ul­ti­mium et Ka­to­mi. L’en­semble du ju­ry fin­lan­dais s’est ex­pri­mé de fa­çon très élo­gieuse quant à la qua­li­té des ap­pli­ca­tions pré­sen­tées et ont af­fir­mé leur vo­lon­té d’éta­blir une col­la­bo­ra­tion entre la Fin­lande et la Tu­ni­sie (en tant que hub pour l’afrique) dans le fu­tur proche.

On re­con­naît, au mi­lieu, Pe­ter Ves­ter­ba­cka, et à droite, Ghazi Ben Ah­med

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