Rid­ha Re­jeb, fon­da­teur de l’uni­ver­si­té Pri­vée de Sousse: L’uni­ver­si­té et l’em­ploi

Le Manager - - Sommaire - PRO­POS RECEUILLIS PAR AH­MED SAOUDI

Plus que ja­mais, l’uni­ver­si­té tu­ni­sienne doit jouer un rôle dans l’amé­lio­ra­tion de l’em­ploya­bi­li­té de ses di­plô­més avec, entre autres, plus d’ou­ver­ture sur son en­vi­ron­ne­ment éco­no­mique. L’uni­ver­si­té Pri­vée de Sousse est al­lée en­core plus loin en ini­tiant Asy­nat, un pro­jet de conception et de fa­bri­ca­tion d’une ca­mion­nette uti­li­taire à 100% lo­cale. Rid­ha Re­jeb, fon­da­teur de L’UPS, nous a ac­cor­dé une in­ter­view ex­clu­sive pour nous éclai­rer sur ce pro­jet et sur la vi­sion de son ins­ti­tu­tion sur l’em­ploya­bi­li­té. Com­ment vous est ve­nue l’idée de créer cette voi­ture ?

Pour se dé­ve­lop­per, toute na­tion a be­soin d’une ré­vo­lu­tion scien­ti­fique, et la Tu­ni­sie ne peut pas faire l’ex­cep­tion. L’idée était de contri­buer à ini­tier une telle ré­vo­lu­tion; mais au lieu d’op­ter pour un pro­jet trop am­bi­tieux qui ne ver­ra peut-être pas le jour j’ai pré­fé­ré dé­mar­rer par une so­lu­tion qui ré­pond à une pro­blé­ma­tique lo­cale: la mo­bi­li­té. Le but est de créer un vé­hi­cule uti­li­taire qui ré­ponde exac­te­ment aux be­soins de l’uti­li­sa­teur lo­cal, en un pre­mier temps, et africain, par la suite. Cette ca­mion­nette uti­li­taire, Asy­nat, se­ra des­ti­née aux mu­ni­ci­pa­li­tés, aux agri­cul­teurs, aux pe­tits com­mer­çants … Un mo­dèle per­son­nel, Single, est éga­le­ment en cours de dé­ve­lop­pe­ment. A tra­vers ce pro­jet, nous sou­hai­tons contri­buer à trou­ver des so­lu­tions pour le pro­blème du chô­mage, et ce, par la créa­tion d’en­tre­prises dont la mis­sion se­rait la conception, la fa­bri­ca­tion et le mon­tage des dif­fé­rents com­po­sants de la ca­mion­nette. Sa com­mer­cia­li­sa­tion se fe­rait sur le mar­ché lo­cal, puis ce­lui africain. Asy­nat est conçue de ma­nière à être éco­nome en éner­gie, mais aus­si fa­cile à uti­li­ser et à en­tre­te­nir.

Pour­quoi avez-vous choi­si de dé­ve­lop­per Asy­nat à l’uni­ver­si­té, et non comme pro­jet in­dus­triel à part en­tière ?

Du­rant ces der­nières an­nées, nous avons consta­té que, mal­heu­reu­se­ment, il existe un im­mense gap entre l’uni­ver­si­té et son en­vi­ron­ne­ment éco­no­mique. Ce gap fait que la for­ma­tion im­par­tie aux étu­diants n’est pas ca­pable de leur don­ner les moyens de ré­soudre nos pro­blèmes. C’est bien d’en­sei­gner des su­jets très sophistiqués, mais ce se­rait plus ren­table d’ap­prendre aux jeunes gé­né­ra­tions de trou­ver des so­lu­tions à nos pro­blèmes. Ce­la per­met­trait par la même oc­ca­sion d’adap­ter nos di­plô­més au mar­ché de l’em­ploi. Nos étu­diants contri­buent à ex­pli­ci­ter ce pro­jet, ce qui leur per­met de mettre en pra­tique leurs com­pé­tences. Asy­nat est aus­si la preuve qu’ils sont ca­pables de dé­ve­lop­per des so­lu­tions pour les pro­blèmes de la so­cié­té. Je pense que l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur doit jouer un rôle im­por­tant dans la lutte contre le chô­mage, et l’uni­ver­si­té Pri­vée de Sousse veut don­ner l’exemple à tra­vers son vé­hi­cule uti­li­taire.

Outre ce pro­jet, quelles sont les ini­tia­tives de L’UPS pour amé­lio­rer l’em­ploya­bi­li­té de ses di­plô­més ?

Nous avons ini­tié le pro­jet I , des “In­ter­faces In­dus­trielles” qui per­met­tront aux en­tre­prises de contri­buer à la for­ma­tion des étu­diants. Il s’agit d’un es­pace au sein de l’uni­ver­si­té où les étu­diants peuvent mettre en pra­tique leurs com­pé­tences, et ce, sur des pro­jets réels. Ce­ci don­ne­ra la chance à nos étu­diants, non seule­ment de ren­con­trer et tra­vailler avec les fu­turs em­ployeurs, mais aus­si de com­prendre le fonc­tion­ne­ment des en­tre­prises et leurs at­tentes.

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