ATUGE : C’est une chose étrange à la fin que le cer­veau hu­main !

Chaque an­née, l’ar­ri­vée du mois de Ra­ma­dan ouvre une sé­quence sin­gu­lière. A la li­sière de la baie de Gam­marth, L’ATUGE s’est li­vrée, au­tour d’un char­mant if­tar, à une cau­se­rie sur le thème de « la spi­ri­tua­li­té et des neu­ros­ciences». L’évé­ne­ment, or­ga­ni­sé

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Eloi­gnée des consi­dé­ra­tions ma­té­rielles, sans consé­quences ef­fec­tives sur nos pré­oc­cu­pa­tions de ter­riens. Il au­rait été fa­cile de dé­tour­ner les oreilles et les yeux d’un in­ter­lo­cu­teur fai­sant sienne les la­by­rin­thiques che­mins du cer­veau hu­main. Il n’est, tou­te­fois, pas de doute sur le re­ten­tis­se­ment de cette science sur nos vies. Du reste, qu’est ce qui condui­rait un homme dont la vo­ca­tion ne pré­dis­po­sait point à pa­reil che­mi­ne­ment à s’in­té­res­ser aux neu­ros­ciences ! De­puis 1975, an­née à l’is­sue de la­quelle il a obtenu son di­plôme d’in­gé­nieur gé­né­ral, Mo­ha­med Na­ceur Bous­sa­bah, a écu­mé bien des idées. Il n’est pas res­té in­sen­sible au dé­ve­lop­pe­ment ex­po­nen­tiel des neu­ros­ciences et à l’évo­lu­tion du cer­veau. Le sien ne bat presque ja­mais en re­traite. A l’ins­tar de tant de ques­tions lan­ci­nantes, celle de l’at­ta­che­ment ou de l’in­ter­con­nexion entre le ma­té­riel et l’im­ma­té­riel a pous­sé les mou­ve­ments de son es­prit au bout de leurs re­tran­che­ments. Non­obs­tant son éloi­gne­ment de consi­dé­ra­tions ma­té­rielles, la neu­ros­cience est in­hé­rente aux mu­ta­tions pro­fondes d’un monde à l’ago­nie. Les dé­fis de la tran­si­tion éco­lo­gique, l’im­pact des nou­veaux modes d’ali­men­ta­tion sur la santé, l’écueil que font po­ser les trans­for­ma­tions tech­no­lo­giques sur l’édu­ca­tion sont à prendre comme point d’ap­pui à l’avan­cée spec­ta­cu­laire de la neu­ros­cience, sou­tient Na­ceur Bous­sa­bah. Bien qu’elle s’ac­corde avant tout à dé­fi­nir la consub­stan­tia­li­té du corps, de l’es­prit et de l’âme, la neu­ros­cience as­pire à pé­né­trer les énigmes de cet inexo­rable magma qu’on nomme cer­veau. Il se dé­fait et se re­fait sans cesse, on croit par­fois le sai­sir, notre cer­veau prend plu­sieurs formes et tient as­su­ré­ment les clés de notre exis­tence. S’aban­don­ner à ses élans, c’est consen­tir l’in­fluence de l’en­trai­ne­ment men­tal sur notre ma­nière d’agir et de pen­ser, es­time-t-il. Plu­sieurs études conduites de longue date par des neu­ros­cien­ti­fiques at­testent des ver­tus de la mé­di­ta­tion et de l’har­mo­ni­sa­tion des mé­de­cines du corps, de l’âme et de l’es­prit : creu­set im­ma­té­riel ayant per­mis de ré­duire voire de gué­rir des ma­la­dies qu’on pen­sait in­cu­rables. D’autres lé­gères ou fortes os­cil­la­tions di­latent notre cer­veau d’im­menses joies. Les émo­tions qu’il en­ve­loppe illi­mitent ain­si ses contours. Il re­cèle en­core de nom­breux mys­tères. Notre cer­veau agite tous les neu­ros­cien­ti­fiques. Les avan­cées consta­tées au­jourd’hui dans la com­pré­hen­sion de son fonc­tion­ne­ment sont sus­cep­tibles de trans­for­mer notre ma­nière de pen­ser la conscience uni­ver­selle. L’heure est pro­pice à l’émer­gence de nou­velles ré­vo­lu­tions. Nous sommes en me­sure de dé­ce­ler toutes ses acro­ba­ties. Cer­tains ont fran­chi le ru­bi­con et sont en passe d’éta­blir une car­to­gra­phie du cer­veau. Si vous son­gez feindre quelques sen­ti­ments ou vous dé­ro­ber à quelques obli­ga­tions, ron­gez vos freins. A en croire l’in­ter­ve­nant de L’ATUGE, il se­ra pro­chai­ne­ment pos­sible de dé­bus­quer l’ac­ti­vi­té men­tale de l’in­di­vi­du en lo­ca­li­sant la ré­gion de son cer­veau. Comme aux confins d’une ville dé­vi­sa­gée d’en haut, notre cer­veau abrite trois pôles. Une vé­ri­table at­trac­tion que l’ob­ser­va­tion des neu­rones ou en­core des in­nom­brables cel­lules gliales du cer­veau hu­main, les­quelles contrôlent les dé­ci­sions et les choix aux­quels on doit par­fois se ré­soudre. Et ce sans omettre les 120 grammes de sucre que notre cer­veau au­ra à pui­ser tous les jours … im­pé­ra­ti­ve­ment : De quoi élar­gir sa plas­ti­ci­té et im­pul­ser sa pro­gres­sion. Pour ain­si dire, notre cer­veau se trouve en­clin au sa­voir et à la croyance. Il y est même por­té dés sa ge­nèse. Ce­ci n’étonne point dès lors que nous connais­sons que les pre­miers ver­sets du co­ran — « Lis au tom de ton sei­gneur qui a crée ! Il a crée l’homme d’un caillot de sang. Lis car ton sei­gneur est le Très-gé­né­reux qui a ins­truit l’homme au moyen du ca­lame, et lui a en­sei­gné ce qu’il igno­rait » (ver­sets de 1 à 5 de la sou­rate « Al Alaq ») — ont été consa­crés au sa­voir. A bon en­ten­deur.

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