L’in­ter­net des ob­jets dans la santé

IOT Tu­ni­sia a or­ga­ni­sé un work­shop sur le thème de l’in­no­va­tion dans l’in­ter­net des ob­jets. L’évé­ne­ment, or­ga­ni­sé à l’uni­ver­si­té Sé­same, était l’oc­ca­sion de le­ver le voile sur le grou­pe­ment IOT Tu­ni­sia. Dé­tails.

Le Manager - - Sommaire - AH­MED SAOUDI

Con­nec­ter des équi­pe­ments à un ré­seau pour les com­man­der et/ ou en ex­traire de l’in­for­ma­tion à dis­tance (le ma­chine-to­ma­chine, ou m2m) n’est pas une idée nou­velle. Les sys­tèmes de contrôle de tem­pé­ra­tures (avec ther­mo­couples connec­tés), ou de ges­tion de flottes (avec vé­hi­cules connec­tés), à titre d’exemple, exis­taient de­puis des dé­cen­nies. L’in­ter­net des ob­jets ne se­rait-il alors qu’un nou­veau packaging pour une an­cienne tech­no­lo­gie ? Pas vrai­ment. Le m2m est ba­sé es­sen­tiel­le­ment sur des ré­seaux ho­mo­gènes, sou­vent cen­tra­li­sés, où tous les équi­pe­ments sont de même na­ture. L’IOT, en re­vanche, ne pose au­cune res­tric­tion sur la na­ture des équi­pe­ments ou leur ho­mo­gé­néi­té. Pour illus­trer la dif­fé­rence entre les deux, on peut as­si­mi­ler le m2m à un ré­seau té­lé­pho­nique ca­pable seule­ment de trans­mettre la voix. Et l’iot à … in­ter­net, via la­quelle on peut tout en­voyer (texte, pho­to, voix, vi­déo, etc.). Sans l’in­ter­net des ob­jets, il se­rait dif­fi­cile de créer un sys­tème où, dès la tem­pé­ra­ture à l’ex­té­rieur baisse (au-des­sous d’un seuil pré­dé­fi­ni), les fe­nêtres se ferment au­to­ma­ti­que­ment, le chauf­fage s’al­lume et la lu­mière change pour créer une at­mo­sphère co­zy … sans ou­blier la mu­sique qui va avec ! C’est pour­quoi l’ IOT (In­ter­net of things) a le vent en poupe, même en Tu­ni­sie.

L’union fait la force

IOT Tu­ni­sia est un Grou­pe­ment d’in­té­rêt éco­no­mique qui re­groupe les cher­cheurs et les in­dus­triels oeu­vrant dans le sec­teur de l’in­ter­net des ob­jets. Pour ce qui est de sa mis­sion, Imed Am­mar, pré­sident du grou­pe­ment, a ex­pli­qué qu’il s’agit d’en­cou­ra­ger le dé­ve­lop­pe­ment de nou­velles tech­no­lo­gies, d’amor­cer la col­la­bo­ra­tion entre les dif­fé­rentes com­po­santes de l’éco­sys­tème de L’ICT en Tu­ni­sie ain­si que de va­lo­ri­ser les ré­sul­tats des études et des pro­jets dans l’iot. Ce grou­pe­ment en­cou­rage éga­le­ment les jeunes à dé­ve­lop­per des so­lu­tions dans l’iot et à se lan­cer dans l’en­tre­pre­neu­riat.

Les ob­jets au ser­vice de l’hu­main

Mal­gré un nom post-apo­ca­lyp­tique, l’hu­main est au centre de l’in­ter­net des ob­jets. Certes, l’iot sert prin­ci­pa­le­ment à con­nec­ter des ma­chines entre elles, mais ― comme toute autre in­ven­tion hu­maine ― l’ul­time fi­na­li­té reste de mieux ser­vir notre es­pèce. L’ho­mo sa­piens, mal­gré tous ses ex­ploits, a tou­jours be­soin de veiller au bon fonc­tion­ne­ment et à l’en­tre­tien de son corps. Un es­saim de cap­teurs pour­rait, dans un fu­tur plus ou moins proche, col­lec­ter et échan­ger les pa­ra­mètres clés du corps hu­main, col­la­bo­rer et ana­ly­ser toutes ces don­nées pour en­fin dé­li­vrer un diag­nos­tic en temps réel. Il se­rait ain­si pos­sible, non seule­ment d’agir ins­tan­ta­né­ment en cas de ma­laise, mais en plus, de pré­dire les ma­la­dies. Pré­ve­nir vaut mieux que gué­rir. “Il est pos­sible de créer des na­no-ob­jets pour les in­jec­ter dans le corps pour di­verses ap­pli­ca­tions”, a dé­cla­ré Ian F. Akyil­diz. “Il est même en­vi­sa­geable de mo­di­fier des or­ga­nismes vi­vants, tels que des bac­té­ries, pour vé­hi­cu­ler ces ob­jets”. Ces so­lu­tions sont, hé­las, à l’étape du dé­ve­lop­pe­ment, en­core loin des mar­chés. “L’IOT dans la santé consiste, en son état ac­tuel, en des cap­teurs pla­cés sur le corps hu­main pour col­lec­ter les in­for­ma­tions en temps réel afin qu’elles soient en­voyées à une base de don­nées cen­tra­li­sée”, a ex­pli­qué Mo­ha­med Jmaiel, du Centre de re­cherche en nu­mé­rique de Sfax. Et même pour ces so­lu­tions, l’usage reste “li­mi­té” au self-mo­ni­to­ring, pour ceux qui sou­haitent suivre leurs signes vi­taux sur leur smart­phone. Un usage plus “pro­fes­sion­nel” de l’iot dans la santé ap­por­te­rait en­core plus d’op­por­tu­ni­tés. L’uti­li­sa­tion de ce type de cap­teurs, per­met­tant de re­le­ver des me­sures, va en­gen­drer la ré­duc­tion des coûts pour les pa­tients, puisque moins de consul­ta­tions et moins de sé­jours dans les cli­niques et hô­pi­taux se­ront né­ces­saires. Quant aux trai­te­ments, ils se­ront to­ta­le­ment per­son­na­li­sés. L’in­tro­duc­tion de l’iot dans le sec­teur de la santé ap­por­te­rait d’autres avan­tages pour les dé­ci­deurs : dé­ployée sur une po­pu­la­tion suf­fi­sam­ment large, cette tech­no­lo­gie per­met d’avoir une vue plus glo­bale. Dans ce cadre, une pla­te­forme est en cours de dé­ve­lop­pe­ment à l’uni­ver­si­té de Sfax et qui de­vrait fa­ci­li­ter la col­lecte et l’ana­lyse des don­nées des pa­tients en temps réel. Le pro­jet est en­core au stade em­bryon­naire, mais le but reste bien évi­dem­ment sa com­mer­cia­li­sa­tion.

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