Nis­sal Ber­ra­ched, pré­sident de Phi­lips Afrique du Nord “Nous in­ves­tis­sons dans l’hu­main”

Le Manager - - Sommaire - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR AH­MED SAOUDI

Alors que l’afrique dé­tient 24% de la charge de mor­bi­di­té mon­diale, d’après l’or­ga­ni­sa­tion Mon­diale de San­té, le conti­nent re­pré­sente moins de 1% des dé­penses mon­diales de san­té. Ces dé­penses ne cessent d’ac­croître d’an­née en an­née, une op­por­tu­ni­té en or pour les géants des équi­pe­ments mé­di­caux tel que GE Heal­th­care, Sie­mens ou en­core Phi­lips. Ce­lui-ci , d’après Pe­ter van de Ven, ge­ne­ral ma­na­ger de sa di­vi­sion afri­caine, a réa­li­sé dans le conti­nent une crois­sance an­nuelle à deux chiffres. Le Ma­na­ger est al­lé à la ren­contre de Nis­sal Ber­ra­ched, pré­sident de Phi­lips Afrique du Nord, pour mettre la lu­mière sur la stra­té­gie du géant néer­lan­dais du heal­th­care dans la ré­gion.

Qu’en est-il de vos in­ves­tis­se­ments R&D dans la ré­gion magh­ré­bine ?

Nous pré­fé­rons in­ves­tir dans l’hu­main plu­tôt que dans les en­ti­tés. En tant que lea­der mon­dial dans la ra­dio­lo­gie, Phi­lips dis­pose de plu­sieurs centres de re­cherche, no­tam­ment en Eu­rope, en Al­le­magne et en France, et aux USA. Et nom­breux sont les magh­ré­bins qui y tra­vaillent. En re­vanche, il n’est ce­pen­dant pas pos­sible d’in­ves­tir dans la re­cherche et dé­ve­lop­pe­ment au Magh­reb à ce jour, la taille du mar­ché ne le jus­ti­fie pas. Par contre, nous fai­sons en sorte que nos col­la­bo­ra­teurs dans la ré­gion aient ac­cès à notre sa­voir-faire de pointe, aus­si bien en mé­de­cine qu’en in­gé­nie­rie.

La Tu­ni­sie ne peut-elle pas de­ve­nir un hub afri­cain pour la re­cherche mé­di­cale ?

Le sec­teur des TIC en Tu­ni­sie s’est ra­pi­de­ment dé­ve­lop­pé grâce à la po­li­tique de l’état. Si une en­tre­prise sou­hai­te­rait ins­tal­ler un centre de re­cherche en Afrique, la Tu­ni­sie se­rait cer­tai­ne­ment par­mi les des­ti­na­tions à étu­dier. Pour le sec­teur de la san­té, en re­vanche, la ques­tion est un peu plus dé­li­cate. Nous sommes conscients que la Tu­ni­sie est l’un des pays lea­ders en mé­de­cine à l’échelle afri­caine, grâce à la qua­li­té de ses uni­ver­si­tés et de ses cher­cheurs. L’at­trac­ti­vi­té du pays en termes de tou­risme mé­di­cal en est éga­le­ment la preuve. Néan­moins, avoir des centres de re­cherche né­ces­site l’im­pli­ca­tion de plu­sieurs in­ter­ve­nants, dont les uni­ver­si­tés. Ce­ci dit, la Tu­ni­sie a la chance d’avoir des scien­ti­fiques de très haut ca­libre qui ont été sé­lec­tion­nés pour tra­vailler dans de grands centres. À mon avis, il ne faut plus rai­son­ner en termes de na­tio­na­li­tés, dans la re­cherche, on est avant tout des scien­ti­fiques. En outre, Phi­lips par­ti­cipe à plu­sieurs congrès scien­ti­fiques en Tu­ni­sie dans le but de par­ta­ger notre sa­voir-faire avec nos par­te­naires de la ré­gion.

Com­ment Phi­lips a-t- elle pu réus­sir dans le mar­ché price-sen­si­tive comme l’afrique ?

L’afrique est na­tu­rel­le­ment un mar­ché très im­por­tant pour Phi­lips. À titre d’exemple, nous por­po­sons au conti­nent les mêmes pro­duits et ré­fé­rences que par­tout dans le monde, con­trai­re­ment à ce que font plu­sieurs de nos concur­rents. Nous croyons que les Afri­cains ont le droit d’ac­cé­der aux mêmes trai­te­ments que leurs pairs dans le reste du monde. Ce que nous es­sayons de faire en Afrique, c’est d’abord de pré­pa­rer le ter­rain, en col­la­bo­rant avec nos par­te­naires lo­caux. Nous vou­lons être prêts tout d’abord à en­sei­gner et for­mer les pro­fes­sion­nels de san­té pour une uti­li­sa­tion op­ti­male des ou­tils que nous met­tons à leur dis­po­si­tion. Pro­fi­ter vien­dra par la suite. Nous avons éga­le­ment réus­si à dé­ve­lop­per des so­lu­tions qui prennent en consi­dé­ra­tion les condi­tions de tra­vail en Afrique, no­tam­ment en ce qui concerne la dis­po­ni­bi­li­té de l’élec­tri­ci­té et de l’eau dans cer­taines ré­gions.

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