Aman­dine Lepoutre, fon­da­trice et co-pré­si­dente de Thin­kers & Doers:

FON­DA­TRICE ET CO-PRÉ­SI­DENTE DE THIN­KERS & DOERS

Le Manager - - Sommaire - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR SAHAR MECHRI KHARRAT

Connec­ter les lea­ders qui prônent le chan­ge­ment

À la force de l’en­ga­ge­ment, Aman­dine Lepoutre fon­da­trice de Thin­kers & Doers dé­gage une éner­gie conta­gieuse, celle de ces gé­né­raux qui veulent cas­ser les codes et bous­cu­ler le statu quo. Un nou­veau contrat so­cial res­pon­sable, elle en a fait sa ba­taille d’au­jourd’hui. Nous l’avons ren­con­trée à la marge de "Les états gé­né­raux des en­tre­prises et des en­tre­pre­neurs so­ciaux" à Es­saoui­ra. Si vous nous par­lez un peu de cet évè­ne­ment ?

L’idée a émer­gé à la suite de l’or­ga­ni­sa­tion, pen­dant plu­sieurs an­nées, des cycles de confé­rences « Fol­low the lea­ders » . On est même ve­nu deux fois en Tu­ni­sie. Ces évé­ne­ments nous ont per­mis d’iden­ti­fier à chaque fois de nou­veaux en­tre­pre­neurs qui sont au coeur de l’in­no­va­tion et qui sont en train de ré­in­ven­ter les sys­tèmes. Une fois, au Ma­roc, Mr Azou­lay, conseiller de sa ma­jes­té le roi Mo­ha­med V, nous a pro­po­sé d’ar­rê­ter de cou­rir et de prendre le temps d’écrire, à la fois la fa­çon dont les en­tre­prises sont en train de se trans­for­mer, mais aus­si com­ment elles al­lient au­jourd’hui le bu­si­ness et l’im­pact so­cié­tal. L’idée est ve­nue de là : mettre en avant ces ac­teurs qui veulent chan­ger l’en­vi­ron­ne­ment dans le­quel ils évo­luent et ré­soudre les grands pro­blèmes qui se posent à eux au­jourd’hui. On a dé­ci­dé d’éta­blir les états gé­né­raux des en­tre­prises et en­tre­pre­neurs ci­toyens pour ras­sem­bler les gens tous les ans. Un ren­dez-vous an­nuel ayant pi­gnon sur rue à Es­saoui­ra.

Qu’évoque pour vous le mot états gé­né­raux ?

Il se rap­porte au ras­sem­ble­ment. Une mise en com­mun, où la pa­role se li­bère, pour ra­con­ter les choses en toute hon­nê­te­té et en toute sin­cé­ri­té.

Dans quelle me­sure ce­ci s’ins­crit dans la mis­sion de Thin­kers & Doers ?

L’ob­jec­tif de Thin­kers & Doers est d’ac­cé­lé­rer le chan­ge­ment et d’iden­ti­fier les dif­fé­rentes trans­for­ma­tions au ni­veau des en­tre­prises. Notre mis­sion est de faire connec­ter ces lea­ders qui prônent le chan­ge­ment, de les ras­sem­bler pour les en­ga­ger dans la trans­for­ma­tion.

Com­ment comp­tez-vous dé­cli­ner cette ré­flexion ?

C’est très im­por­tant pour nous d’être sur le re­gistre de l’ac­tion. C’est le Doers à cô­té du Thin­kers. C’est pour ce­la que nous avons pro­gram­mé huit ate­liers de tra­vail. Ceux-ci étaient l’oc­ca­sion de re­pen­ser et de faire ressortir des ac­tions en ce qui concerne les thé­ma­tiques sui­vantes: l’édu­ca­tion, les nou­veaux sys­tèmes de gou­ver­nance, les éner­gies re­nou­ve­lables, le fi­nan­ce­ment, le ma­na­ge­ment, la co­opé­ra­tion pu­blique-pri­vée, good im­pact good bu­si­ness et l’agri­tech… ces thé­ma­tiques ont été iden­ti­fiées avec nos par­te­naires tels qu’ox­ford Bu­si­ness Group, Sciences Po, OCP po­li­cy cen­ter. Toutes ces ac­tions se­ront édi­tées dans une dé­cla­ra­tion qui s’ap­pelle la dé­cla­ra­tion d’es­saoui­ra, une sorte de feuille de route très concrète que nous met­trons à la dis­po­si­tion des par­ti­ci­pants et que nous pré­sen­te­rons aux ins­tances du G20 et de l’union afri­caine.

Et si vous aviez une ou cer­taines at­tentes pour faire avan­cer l’en­tre­pre­neu­riat so­cial ?

Je me dis que s’il y a un élé­ment qui est à la traîne dans tous les pays, c’est bien la com­mu­ni­ca­tion. Il y a des ini­tia­tives in­croyables, et il est im­pé­ra­tif de faire connaître ces suc­cess sto­ries. Je pense qu’il y a un dia­logue à construire entre les ac­teurs pu­blics et les ac­teurs pri­vés, des ins­tances de co­opé­ra­tion à mettre en place. La so­cié­té ci­vile a au­jourd’hui un pou­voir de dé­ci­sion. Je pa­ra­phra­se­rais M. Azou­lay : on part vers un nou­veau contrat so­cial et res­pon­sable entre les ac­teurs pri­vés, pu­blics et le ci­toyen.

Le mot de la fin

Ci­ti­zen co­ol ! Je di­rais qu’il faut ap­pe­ler les ci­toyens à dé­cou­vrir ce que font les en­tre­prises et les ap­pe­ler à bou­ger car il n’y au­ra pas de chan­ge­ment sans eux.

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