LE TRA­VAIL DU FU­TUR LES NO­MADES SONT DE RE­TOUR

Le Manager - - Entreprise Numérique -

Moi : En­chan­té Arif où est-ce que tu tra­vailles? A Tu­nis ? Arif : Où est-ce que tu tra­vailles! Tu­nis ! Je n’ai pas com­pris ta ques­tion. Tu veux dire où est-ce que tu ha­bites ou, peut-être, quel est ton mé­tier ? Fol­la : Tu parles de mes mé­tiers ou de mon mé­tier d’au­jourd’hui ?

C’est le genre de conver­sa­tion que tu pour­rais avoir si tu ren­con­trais par ha­sard un ou deux jeunes de la gé­né­ra­tion Z dans un ma­riage de votre fa­mille ou dans une fête. Bon di­sons que tu les ren­contres dans un af­ter work (ce mot est en­core d’ac­tua­li­té), ces jeunes qui sont nés dans les an­nées 2000 et si bien sûr t’es « Gdim » comme moi !

La nou­velle forme de tra­vail!

«Pour­suis tes études su­pé­rieures du­rant des an­nées, dé­croche d’abord ton di­plôme mon fils, puis trouves-toi un vrai job !». C’est ce que toutes les gé­né­ra­tions X* en­ten­daient pen­dant leur ado­les­cence comme ré­pliques quo­ti­diennes de leurs pa­rents, pro­ba­ble­ment nés avant 1964, ne connais­sant que le mo­dèle clas­sique ce­lui de bou­lot et dodo. Alors que ceux de la gé­né­ra­tion Z, nés après 2000, leur vie so­ciale est lar­ge­ment tri­bu­taire des ré­seaux so­ciaux vir­tuels. Ils ne savent pas ce qu’était la vie avant Google. L’in­ter­net pour eux est une ques­tion de vie ou de mort. Un jeune de 16 ans peut s’abs­te­nir de man­ger mais pas de se connec­ter sur Fa­ce­book. Pour cette gé­né­ra­tion Z la vi­sion du tra­vail est très dif­fé­rente du mo­dèle des an­nées 80, à l’époque où le tra­vail de­vait être une source de joie et de bien-être. Con­fu­cius l’a si bien dit : « Choi­sis un tra­vail que tu aimes, et tu n'au­ras pas à tra­vailler un seul jour de ta vie». Sauf que si Con­fu­cius était de notre vi­vant il leur au­rait dit : choi­sis­sez des tra­vaux que vous ai­mez et pas un seul tra­vail ! Le rap­port « The fu­ture of job » du World eco­no­mique fo­rum laisse en­tendre que « les en­tre­prises au­ront moins d’em­ployés per­ma­nents ». La no­tion de l’em­ployé à la de­mande se­ra la forme la plus uti­li­sée dans le fu­tur. Et ce sont ces tra­vailleurs in­dé­pen­dants qu’on nomme des free­lances qui se­ront de plus en plus sol­li­ci­tés. Une cheffe d’en­tre­prise amé­ri­caine, fon­da­trice d’une so­cié­té in­no­vante dans la lo­ca­tion de voi­tures a ci­té dans une confé­rence : « Mon père n’a eu qu’un seul job tout au long de sa vie, moi j’en ai eu six, et mon fils au­ra six jobs en même temps ! »

Il n’y a plus de zone géo­gra­phique : les no­mades sont de re­tour !

Je tra­vaille quand je veux et où je veux : telle est la de­vise des tra­vailleurs d’au­jourd’hui. « Une ex­pé­rience de vie 100 % libre et mo­bile qui m’ap­par­tiens to­ta­le­ment est mieux qu’une car­rière réus­sie et tra­cée dans une en­tre­prise de re­nom­mée des­ti­née à faire plai­sir à mes pa­rents », c’est ce que pense la nou­velle gé­né­ra­tion. Mon bu­reau, mes col­lègues, mes ti­ckets res­tau­rant !! Ces mots se­ront étranges pour vos en­fants. Co­wor­king space, mon ré­seau, Food24h leur se­ront plus fa­mi­liers. Pour rap­pel le co­wor­king space est un style de tra­vail qui im­plique un lieu de tra­vail par­ta­gé, sou­vent un bu­reau et une ac­ti­vi­té in­dé­pen­dante. En vé­ri­té, le co­wor­king space n’est pas une nou­velle forme d’es­pace mais c’est plu­tôt un ré­seau en pleine ex­pan­sion où chaque per­sonne construit afin de tra­vailler à sa fa­çon avec des gens du même « MINDSET » et gé­rer ses ac­ti­vi­tés comme elle veut. Etre no­made di­gi­tal est de­ve­nu une phi­lo­so­phie qui rime avec li­ber­té, en l’oc­cur­rence géo- gra­phique. Beau­coup d’entre eux dé­cident car­ré­ment de quit­ter leur pays na­tal et par­tir tra­vailler à l’étran­ger pour avoir une meilleure qua­li­té de vie.

Col­la­bo­ra­teur à la de­mande (comme les vi­déos à la de­mande)

On au­ra pour bien­tôt, comme la no­tion de vi­déo à la de­mande in­car­née par le cé­lèbre Net­flix ou celle de SAS comme soft­ware as ser­vice, un mo­dèle com­pa­rable dans le té­lé­tra­vail, style col­la­bo­ra­teur à la de­mande ou en­core col­la­bo­ra­teur as ser­vice comme SAS (SAS ou SOFTAWRE AS SER­VICE est un mo­dèle d'ex­ploi­ta­tion des lo­gi­ciels dans le­quel ceux-ci sont ins­tal­lés sur des ser­veurs dis­tants plu­tôt que sur la mac­hine de l'uti­li­sa­teur). Ain­si si vous avez une tâche ur­gente à faire dans votre co­wor­king space et que vous avez dé­jà une réunion pla­ni­fiée chez un client dans une autre ville, grâce à votre ho­lo­gramme vous pou­vez en­voyer votre pro­jec­tion et as­sis­ter à la réunion et comme ça vous tra­vaillez en mode as ser­vice !! Les gé­né­ra­tions X et Y qui ont con­nu des postes comme chef d’équipe, su­per­vi­seur, team lea­der, ma­na­ger et big boss son­telles ca­pables d’as­si­mi­ler un jour qu’il n’ y au­ra plus cette no­tion de chef d’équipe ou de ma­na­ger et que chaque tra­vail doit être vé­cu comme un jeu vi­déo ou un match spor­tif. Le rôle du ma­na­ger est plu­tôt un rôle d’ani­ma­tion car il doit jouer en duo avec le res­pon­sable du bon­heur de l’en­tre­prise.. à suivre..

Par WISSEM OUESLATI Ex­pert IT & E-com­merce www.wis­se­moues­la­ti.com

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