QUELLES COM­PÉ­TENCES NÉ­CES­SITE LE TRA­VAIL DE DE­MAIN ?

Le Manager - - Entreprise Carrière -

Les der­nières études sur le fu­tur du tra­vail le pré­co­nisent : je fe­rai par­tie de la toute pre­mière vague des tra­vailleurs à être rem­pla­cés par des ma­chines. Pa­reille­ment pour vous. Ga­ry Bolles l’a confir­mé lors du der­nier mar­di de l’atuge organisé mi­sep­tembre der­nier. Let’s get rea­dy, my friend!

L’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, tant at­ten­due par les au­teurs de science-fic­tion, est au­jourd’hui là, par­mi nous, par­tout. Ces ma­chines “pen­santes” de pre­mière gé­né­ra­tion sont tout juste in­tel­li­gentes pour nous as­sis­ter dans nos tâches les plus ru­di­men­taires : fil­trer nos emails, trai­ter nos pho­tos, cor­ri­ger nos fautes de frappes, … Du moins pour le mo­ment. Car, si l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle pour­suit son évo­lu­tion au rythme ac­tuel, ne tar­de­ra pas le jour où ces ma­chines com­men­ce­ront à prendre nos places au bu­reau. Quand (et non pas “si”) ce jour ar­rive, que de­vrons-nous faire ? Se­rons-nous dé­nu­dés, une fois pour toute, de notre uti­li­té, de notre rai­son d’être ? Ga­ry A. Bolles est l’un des rares ex­perts à pou­voir ré­pondre à ces ques­tions. Spé­cia­li­sé dans l'ave­nir du tra­vail et l'ave­nir de l'ap­pren­tis­sage, Bolles a tra­vaillé pen­dant de longues an­nées sur les stra­té­gies vi­sant à ai­der les in­di­vi­dus, les or­ga­ni­sa­tions et les com­mu­nau­tés à se pré­pa­rer à la tran­si­tion vers l’éco­no­mie di­gi­tale. Le mois der­nier, Ga­ry Bolles était de pas­sage à Tu­nis, où il a été le key­note spea­ker de la der­nière édi­tion en date des Ren­contres de l’atuge. Si au­jourd’hui nous pen­sons trop au fu­tur du tra­vail, c’est parce que la tech­no­lo­gie avance à un rythme tel­le­ment ac­cé­lé­ré, que nous avons du mal à suivre. “Rien qu’en 150 ans, nous avons réus­si à in­ven­ter la ra­dio, le trans­port aé­rien, l’in­ter­net, … c’est du ja­mais vu dans toute l’his­toire de l’hu­ma­ni­té”, a sou­li­gné Bolles. Avec ces chan­ge­ments, viennent de nou­veaux mé­tiers, que peu d’entre nous ont les com­pé­tences né­ces­saires pour les maî­tri­ser. Les em­plois de de­main res­sem­ble­ront de moins en moins à ceux d’au­jourd’hui. À quoi res­sem­ble­ront ils ? Avant de ré­pondre à cette ques­tion, Bolles pro­pose d’abord d’es­sayer de com­prendre ce que c’est qu'un tra­vail. Pour l’ex­pert et pré­sident de la Sin­gu­la­ri­ty Uni­ver­si­ty, le tra­vail est consti­tué de trois élé­ments es­sen­tiels : un pro­blème à ré­soudre, une tâche à ef­fec­tuer pour ré­soudre le­dit pro­blème et la com­pé­tence adé­quate pour ef­fec­tuer la tâche en ques­tion. Par­fois, en re­vanche, toute la dif­fi­cul­té, est de trou­ver le pro­blème à ré­soudre, ré­torque l’amé­ri­cain. Tout comme le monde qui l’en­toure, le tra­vail est en train de chan­ger, d’évo­luer et de se mé­ta­mor­pho­ser de ma­nière à pou­voir ré­soudre les pro­blèmes de ce monde nou­veau. Na­tu­rel­le­ment, les com­pé­tences re­quises sont elles aus­si en train de prendre de nou­velles formes. Des siècles du­rant, énonce Bolles, la vie de nos an­cêtres était ani­mée par 3 grandes époques dis­tinctes : l’ap­pren­tis­sage (qui oc­cupent les toutes pre­mières an­nées), le tra­vail (ac­ca­pa­rant la part du lion de leur exis­tence) et, avant de mou­rir, une courte pé­riode de re­pos et de loi­sirs. Ce mo­dèle n’est plus va­lable, car dans un monde en per­pé­tuelle évo­lu­tion, la for­ma­tion conti­nue de­vient alors un must. L’ap­pren­tis­sage fait dé­sor­mais par­tie in­té­grante de la vie de tous les jours. Aus­si, il prend de nou­velles formes. “Aux États-unis, 30% des em­ployés s’au­to-iden­ti­fie en tant qu’in­dé­pen­dants ! Car en plus de leur tra­vail ré­gu­lier, ces amé­ri­cains n’hé­sitent pas à se lan­cer dans leurs propres pro­jets afin de conti­nuer d’ap­prendre et de ren­for­cer leurs ca­pa­ci­tés”, ex­plique l’ex­pert. Contrai­re­ment à l’en­sei­gne­ment clas­sique, ce nou­veau mode d’ap­pren­tis­sage a le mé­rite de cou­vrir tout le spectre des com­pé­tences : le sa­voir, les com­pé­tences “trans­fé­rables” (adap­ta­bi­li­té, flexi­bi­li­té, com­mu­ni­ca­tion, …) et les com­pé­tences de self-ma­na­ge­ment. “À l’heure où tout le sa­voir de l’hu­ma­ni­té est ac­ces­sible via l’écran d’un smart­phone, l’ap­pren­tis­sage clas­sique de­vient to­ta­le­ment ob­so­lète”.

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