La fin d’un «ob­jet po­li­tique non iden­ti­fié» ?

L’UPL éjec­té de la coa­li­tion au pou­voir et re­je­té par l’op­po­si­tion

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Wa­lid KHEFIFI

Dé­ci­dé­ment, l’union pa­trio­tique libre (UPL) s’est ti­ré une balle dans le pied en pla­çant un peu la barre trop haut lors des né­go­cia­tions re­la­tives à la for­ma­tion du gou­ver­ne­ment d’union nationale.

Le pré­sident du par­ti, Slim Ria­hi, s’est mon­tré trop pré­ten­tieux en cher­chant à en­ga­ger un bras de fer avec le chef du gou­ver­ne­ment Yous­sef Cha­hed. Ce mil­liar­daire énig­ma­tique, qui était in­con­nu au ba­taillon po­li­tique jus­qu’en 2011, a en ef­fet vou­lu, en somme, aug­men­ter le quo­ta de son par­ti dans le nou­veau ca­bi­net et se faire lui­même nom­mer mi­nistre ! L’homme âgé de 44 ans, qui a dé­bou­lé comme une mé­téo­rite dans le ciel nua­geux de la tran­si­tion po­li­tique, a par ailleurs mul­ti­plié les bourdes tout au long des né­go­cia­tions. Il a s’est d’abord at­ta­ché à ob­te­nir le très sen­sible por­te­feuille de la lutte contre la cor­rup­tion. Cette an­nonce a sus­ci­té une ava­lanche de mo­que­ries sur les ré­seaux so­ciaux. Les in­ter­nautes n’ont pas man­qué de sou­le­ver des in­ter­ro­ga­tions sur les ori­gines de sa for­tune co­los­sale ou de rap­pe­ler la sor­tie très mé­dia­ti­sée d’un an­cien di­ri­geant de L’UPL, Ja­mel Tli­li, qui a ac­cu­sé Slim Ria­hi d’avoir trans­for­mé le par­ti en une vé­ri­table «as­so­cia­tion de mal­fai­teurs» qui ex­torque les hommes d’af­faires et spo­lie l’ar­gent du contri­buable.

Dé­ci­dé­ment, l’union pa­trio­tique libre (UPL) s’est ti­ré une balle dans le pied en pla­çant un peu la barre trop haut lors des né­go­cia­tions re­la­tives à la for­ma­tion du gou­ver­ne­ment d’union nationale. Le pré­sident du par­ti, Slim Ria­hi, s’est mon­tré trop pré­ten­tieux en cher­chant à en­ga­ger un bras de fer avec le chef du gou­ver­ne­ment Yous­sef Cha­hed. Ce mil­liar­daire énig­ma­tique, qui était in­con­nu au ba­taillon po­li­tique jus­qu’en 2011, a en ef­fet, vou­lu, en somme, aug­men­ter le quo­ta de son par­ti dans le nou­veau ca­bi­net et se faire lui-même nom­mer mi­nistre ! L’homme âgé de 44 ans, qui a dé­bou­lé comme une mé­téo­rite dans le ciel nua­geux de la tran­si­tion po­li­tique, a par ailleurs mul­ti­plié les bourdes tout au long des né­go­cia­tions. Il a s’est d’abord at­ta­ché à ob­te­nir le très sen­sible por­te­feuille de la lutte contre la cor­rup­tion. Cette an­nonce a sus­ci­té une ava­lanche de mo­que­ries sur les ré­seaux so­ciaux. Les in­ter­nautes n’ont pas man­qué de sou­le­ver des in­ter­ro­ga­tions sur les ori­gines de sa for­tune co­los­sale ou de rap­pe­ler la sor­tie très mé­dia­ti­sée d’un an­cien di­ri­geant de L’UPL, Ja­mel Tli­li, qui a ac­cu­sé Slim Ria­hi d’avoir trans­for­mé le par­ti en une vé­ri­table «as­so­cia­tion de mal­fai­teurs» qui ex­torque les hommes d’af­faires et spo­lie l’ar­gent du contri­buable. M. Ria­hi, qui au­rait fait for­tune dans l’im­mo­bi­lier et les ser­vices pé­tro­liers en Li­bye, a d’autre part ex­pri­mé des ré­serves pour le moins éton­nante face à la pre­mière mou­ture pré­sen­tée par Yous­sef Cha­hed concernent se­lon lui la pré­sence de l’op­po­si­tion. «Nous vou­lons un gou­ver­ne­ment po­li­tique mais nous avons des ré­serves sur la pré­sence de l’op­po­si­tion, qui squatte les pla­teaux té­lé­vi­sés pour dé­non­cer les er­reurs du gou­ver­ne­ment et se tait quand on lui donne un por­te­feuille mi­nis­té­riel», a-t-il dé­cla­ré. Le pré­sident de L’UPL a ain­si prou­vé qu’il est no­vice en po­li­tique, puisque la prin­ci­pale prouesse du chef du gou­ver­ne­ment est d’avoir pu «domp­ter » une par­tie de l’op­po­si­tion et l’union gé­né­rale tu­ni­sienne du tra­vail en in­té­grant des di­ri­geants d’al-mas­sar et d’al Joum­hou­ri ain­si que des fi­gures du mou­ve­ment syn­di­cal à son équipe.

Un point d’in­ter­ro­ga­tion sur la nou­velle carte po­li­tique

Ces er­re­ments ont fi­ni par exas­pé­rer Yous­sef Cha­hed et son men­tor, Bé­ji Caïd Es­seb­si, qui ont lais­sé l’homme fort de L’UPL et pré­sident du Club Afri­cain, qui a lar­ge­ment ti­ré pro­fit des re­la­tions in­ces­tueuses entre la po­li­tique, l’ar­gent et le foot, sur le bord de la route. L’UPL a fi­na­le­ment dé­ci­dé de vo­ter en fa­veur de la nou­velle équipe gou­ver­ne­men­tale à l’as­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple. Mais ce­la ne l’a pas em­pêche d’être l’une des vic­times col­la­té­rales du ca­bi­net d’union nationale. Ce par­ti est en ef­fet de­ve­nu un vé­ri­table OPNI (Ob­jet po­li­tique non iden­ti­fié) et un grand point d’in­ter­ro­ga­tion sur la carte po­li­tique tu­ni­sienne. La for­ma­tion qui ne s’adosse à au­cune idéo­lo­gie ou idée fé­dé­ra­trice est, plus que ja­mais in­clas­sable. Elle a été bel et bien éjec­tée de la coa­li­tion au pou­voir bien que M. Ria­hi ait dé­cla­ré jeu­di que son par­ti «se consi­dère comme membre de cette coa­li­tion même s’il n’a ob­te­nu au­cun por­te­feuille mi­nis­té­riel » ! L’UPL ne peut pas aus­si pré­tendre faire par­ti de l’op­po­si­tion. On ima­gine mal une al­liance entre ce par­ti et le Front Po­pu­laire, une al­liance de par­tis de gauche en rup­ture avec la droite li­bé­rale. Un di­ri­geant du Front, Ab­den­na­ceur Laâoui­ni, avait d’ailleurs es­ti­mé ré­cem­ment que L’UPL «res­semble beau­coup plus à une en­tre­prise qu’à un par­ti po­li­tique». Un at­te­lage Upl-mou­ve­me­ment Vo­lon­té Tu­ni­sie (Ha­rak Tounes Al-ira­da, le par­ti de l’ex-pré­sident Mon­cef Mar­zou­ki) semble tout aus­si in­con­ce­vable. Tout porte fi­na­le­ment à croire que la for­ma­tion de Slim Ria­hi est condam­née à l’iso­le­ment et fort pro­ba­ble­ment à l’im­plo­sion. Ce­la est d’au­tant plus vrai que les pre­mières fis­sures sont dé­jà ap­pa­rues dans l’édi­fice avec la dé­mis­sion très mé­dia­ti­sée du se­cré­taire gé­né­ral du par­ti, Ha­tem El Eu­chi.

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