Yous­sef Cha­hed sau­ra-t-il convaincre les jeunes ?

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Rym BENAROUS

« Nous avons échoué à concré­ti­ser les rêves de la ré­vo­lu­tion. Les jeunes ont com­men­cé à perdre es­poir. » Ain­si s’est ex­pri­mé Yous­sef Cha­hed, le nou­veau Chef du Gou­ver­ne­ment, ven­dre­di der­nier de­vant les élus à L’ARP. Avec son al­lo­cu­tion pro­non­cée en dia­lecte tu­ni­sien, le qua­dra­gé­naire, a, à coup sûr, tran­ché avec les dis­cours de ses pré­dé­ces­seurs.

« Nous avons échoué à concré­ti­ser les rêves de la ré­vo­lu­tion. Les jeunes ont com­men­cé à perdre es­poir. » Ain­si s’est ex­pri­mé Yous­sef Cha­hed, le nou­veau Chef du Gou­ver­ne­ment, ven­dre­di der­nier de­vant les élus à L’ARP. Avec son al­lo­cu­tion pro­non­cée en dia­lecte tu­ni­sien, le qua­dra­gé­naire, a, à coup sûr, tran­ché avec les dis­cours de ses pré­dé­ces­seurs. De même, tout dans sa ges­tuelle et le choix de ses mots in­dique qu’il a été lon­gue­ment coa­ché, li­vrant avec un na­tu­rel « par­fai­te­ment tra­vaillé », un dis­cours frais, dans l’air du temps, sans langue de bois et constel­lé de vé­ri­tés lan­ci­nantes qui font mal mais qui ras­surent sur la fran­chise du lo­cu­teur.

De plus, sa ci­ta­tion à la fin de son speech, à sa­voir « Nous de­vons res­ter de­bout pour la Tu­ni­sie » n’est autre que celle, pro­non­cée il y a quelques an­nées par le dé­funt Cho­kri Be­laïd, consi­dé­ré par de très nom­breux jeunes comme l’une des icônes les plus mar­quantes de la ré­vo­lu­tion tu­ni­sienne.

Si son dis­cours était sur­tout des­ti­né à convaincre les élus de lui ac­cor­der leurs voix et leur confiance, nul doute que Yous­sef Cha­hed a vou­lu faire d’une pierre deux coups en choi­sis­sant des mots, des exemples et des ci­ta­tions qui trouvent écho au­près des jeunes tu­ni­siens, eux qui re­pré­sentent la tranche d’âge ma­jo­ri­taire en Tu­ni­sie et son ave­nir.

A-t-il réus­si à at­ti­rer leur at­ten­tion ? Oui, si on en croit le dé­luge de ré­ac­tions des jeunes in­ter­nautes sur les ré­seaux so­ciaux. A-t-il convain­cu ? Ce­ci est une autre af­faire.

En ef­fet et si cer­tains lui ont ac­cor­dé un bon point pour sa sin­cé­ri­té ou en­core pour son cha­risme et son style di­rect, d’autres semblent plus scep­tiques. Amine, jeune en­tre­pre­neur, dé­cla­re­ra: « Les pa­roles, c’est bien beau mais on en a vrai­ment as­sez ! Nous, ce qu’on veut ce sont des actes. Ren­dez-vous donc dans deux mois pour voir les pre­miers ré­sul­tats de ce gou­ver­ne­ment.

Si les dé­ci­sions sont justes et que les ac­tions suivent, c’est tant mieux. Si­non, gare à la co­lère du peuple! » Quant à Bel­has­sen, ce qui l’a le plus dé­ran­gé dans le dis­cours de Cha­hed, c’est le fait qu’il tienne tous les ci­toyens pour res­pon­sables de la si­tua­tion cri­tique de l’ac­tuelle Tu­ni­sie. Il ex­plique : « Le nou­veau chef du gou­ver­ne­ment a in­di­qué que le re­cru­te­ment de 112 mille nou­veaux em­ployés au sein de l’ad­mi­nis­tra­tion du­rant ces cinq der­nières an­nées a une ré­per­cus­sion ca­tas­tro­phique sur l’éco­no­mie tu­ni­sienne. Il a ajou­té que c’était de notre faute à tous s’il en était ain­si. Je trouve ré­vol­tant qu’il n’ait pas eu le cou­rage de poin­ter du doigt les vraies res­pon­sables de cette ca­tas­trophe et de les dé­si­gner nom­mé­ment. Ignore-t-il que c’est du­rant le règne de la Troï­ka que ces re­cru­te­ments à la pelle ont eu lieu? Pour­quoi met-il tout le monde dans le même sac et en fait une er­reur col­lec­tive alors que les cou­pables sont une poi­gnée de po­li­ti­ciens et de res­pon­sables sans ver­gogne connus de tous? »

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