«Es­ca­lade dan­ge­reuse» dans la ré­gion de Dja­ra­blous?

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Sy­rie

Des avions de com­bat turcs ont bom­bar­dé hier des ha­bi­ta­tions ci­viles et des po­si­tions d'un groupe re­belle al­lié aux Forces dé­mo­cra­tiques sy­riennes (FDS) dans une ville si­tuée au sud de Dja­ra­blous, ont an­non­cé les in­sur­gés dans un com­mu­ni­qué. Le con­seil mi­li­taire de Dja­ra­blous, com­po­sante des FDS, un mou­ve­ment ar­mé sou­te­nu par les Kurdes, in­dique que le bom­bar­de­ment a fait des vic­times ci­viles et il a qua­li­fié l'opé­ra­tion "d'es­ca­lade dan­ge­reuse qui me­nace la ré­gion". Les au­to­ri­tés turques n'ont pas ré­agi à ces in­for­ma­tions. Le vil­lage en ques­tion, Al Amar­na, se trouve à dix ki­lo­mètres au sud de Dja­ra­blous, ville prise cette se­maine aux dji­ha­distes de l'etat is­la­mique (EI) par des in­sur­gés sy­riens sou­te­nus par An­ka­ra. Hier ma­tin, un jour­na­liste de Reu­ters pré­sent à Kar­ka­mis, ville-fron­tière turque au ni­veau de Dja­ra­blous, a si­gna­lé le pas­sage d'avions mi­li­taires quit­tant l'es­pace aé­rien turc et en­trant en Sy­rie, puis il dit avoir en­ten­du plu­sieurs ex­plo­sions. On ignore quelle était exac­te­ment la na­tio­na­li­té de ces ap­pa­reils. La chaîne de té­lé­vi­sion CNN-TÜRK a rap­por­té pour sa part, dans la jour­née d’hier, que des avions de l'ar­mée de l'air turque avaient dé­truit un dé­pôt de mu­ni­tions si­tué au sud de Dja­ra­blous en Sy­rie. Le con­seil mi­li­taire de Dja­ra­blous a été for­mé dans le but avoué de re­prendre cette ville à L'EI. Dans son com­mu­ni­qué, le con­seil taxe les bom­bar­de­ments turcs de sa­me­di de pro­vo­ca­tion. Les forces turques ap­puient mi­li­tai­re­ment l'opé­ra­tion "Bou­clier de l'eu­phrate", lan­cée aux pre­mières heures de mer­cre­di par des groupes in­sur­gés sy­riens pour re­prendre à L'EI le ter­ri­toire qu'il contrôle dans le nord de la Sy­rie, le long de la fron­tière avec la Tur­quie. Le Con­seil mi­li­taire de Dja­ra­blous s'est ali­gné sur les FDS, qui com­prennent plu­sieurs mi­lices, arabes mais aus­si kurde comme L'YPG (Uni­tés de pro­tec­tion du peuple). Or, An­ka­ra sou­haite em­pê­cher par son opé­ra­tion "Bou­clier de l'eu­phrate" les forces kurdes du nord de la Sy­rie de ga­gner du ter­rain le long de la fron­tière sud de la Tur­quie. An­ka­ra a ins­tam­ment de­man­dé aux forces kurdes de re­pas­ser à l'est de l'eu­phrate dans le Nord sy­rien. Les FDS sont sou­te­nues par les Etats-unis, ce qui place An­ka­ra en porte à faux avec son al­lié amé­ri­cain en Sy­rie, où le conflit fait rage de­puis cinq ans et a sus­ci­té des ri­va­li­tés et Des chars de l’ar­mée turque en route vers la Sy­rie

des al­liances com­plexes. Jeu­di, au len­de­main du dé­clen­che­ment de "Bou­clier de l'eu­phrate", les troupes turques ont ou­vert le feu sur des hommes des FDS al­liés des Etats-unis. L'agence de presse of­fi­cielle turque Ana­to­lie a par­lé de simples tirs de som­ma­tion. Le re­cours, sa­me­di, d'avions mi­li­taires turcs contre un groupe al­lié aux FDS mar­que­rait, s'il était confir­mé, une ac­cen­tua­tion de l'en­ga­ge­ment d'an­ka­ra. Plu­sieurs mi­lices pla­cées sous la ban­nière des FDS ont pro­mis leur sou­tien au con­seil mi­li­taire de Dja­ra­blous après ce que ce­lui-ci eut fait état de bom­bar­de­ments turcs. Le Ba­taillon du so­leil du Nord, une fac­tion des FDS, a ain­si dit dans un com­mu­ni­qué que ses hommes se di­ri­geaient vers les "fronts de Dja­ra­blous" pour prê­ter main forte au Con­seil mi­li­taire de Dja­ra­blous face aux "me­naces po­sées par des fac­tions ap­par­te­nant à la Tur­quie".

D’un autre co­té, le rap­port des Na­tions unies sur l'uti­li­sa­tion d'armes chi­miques en Sy­rie doit être l'oc­ca­sion de pous­ser les Russes à ac­cep­ter une ré­so­lu­tion con­dam­nant le ré­gime sy­rien et à re­prendre la voie des né­go­cia­tions po­li­tiques dans ce pays, es­time Jean-marc Ay­rault dans un en­tre­tien au Monde pu­blié hier. Une en­quête conjointe des Na­tions unies et de l'or­ga­ni­sa­tion pour l'in­ter­dic­tion des armes chi­miques (OIAC) a conclu que les forces du pré­sident sy­rien Ba­char al As­sad s'étaient ren­dues cou­pables de deux at­taques toxiques et l'or­ga­ni­sa­tion Etat is­la­mique (EI) d'une autre en Sy­rie.

"Il y a (...) ce rap­port, il faut main­te­nant une ré­so­lu­tion", dé­clare Jean-marc Ay­rault dans Le Monde. "L'opi­nion pu­blique in­ter­na­tio­nale existe et la Rus­sie el­le­même n'y est pas in­sen­sible. Il faut créer un rap­port de forces po­li­tique et mo­ral, la France peut y contri­buer de fa­çon si­gni­fi­ca­tive", ajoute-t-il.

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