L'ita­lie en deuil

Quatre jours après le séisme

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

L'ita­lie ob­ser­vait hier une jour­née de deuil na­tio­nal en l'hon­neur des 290 vic­times du séisme qui a dé­vas­té mer­cre­di une par­tie du centre de la pé­nin­sule et cé­lé­brait les ob­sèques de 35 d'entre elles. De nom­breux di­ri­geants po­li­tiques et des cen­taines de ci­toyens ano­nymes ont conver­gé vers d'as­co­li Pi­ce­no, lo­ca­li­té proche d'ama­trice, ville la plus tou­chée par le séisme, où sont cé­lé­brées ce sa­me­di les fu­né­railles na­tio­nales.

Neuf corps ont été ex­traits dans la nuit des dé­combres d'ama­trice, por­tant à 230 le nombre de morts dans cette seule ville.

Le pré­sident de la ré­pu­blique Ser­gio Mat­ta­rel­la s'y est ren­du dans la ma­ti­née avant de prendre la di­rec­tion d'as­co­li Pi­ce­no où une messe doit être dite dans une en­ceinte spor­tive.

Trente-cinq cer­cueils ont été ali­gnés dans la salle. Deux d'entre eux conte­naient les restes de deux des 21 en­fants qui ont pé­ri dans la ca­tas­trophe. Par­mi les étran­gers qui ont per­du la vie dans le séisme, fi­gurent six Rou­mains, trois Bri­tan­niques, un Al­ba­nais, un ca­na­dien et une Es­pa­gnole. Ama­trice et la ré­gion en­vi­ron­nante, connue pour ses pay­sages ty­piques et sa gas­tro­no­mie, sont une des­ti­na­tion pri­sée par les tou­ristes et les au­to­ri­tés s'ef­forcent tou­jours de comp­ta­bi­li­ser le nombre d'étran­gers pré­sents lors du trem­ble­ment de terre.

Avant le ser­vice re­li­gieux, plu­sieurs ha­bi­tants sont ve­nus rendre hom­mage aux vic­times de la ca­tas­trophe. "Même si je ne les connais­sais pas, mon coeur est bri­sé. Mes pen­sées vont vers eux parce que ces gens ont tout per­du, lo­ge­ment, proches et tous les sa­cri­fices qu'ils ont consen­ti au cours de leur vie", a dé­cla­ré Lu­cia­na Ca­vic­chiu­ni, ha­bi­tante d'as­co­li Pi­ce­no. "Ce genre de choses ne de­vrait ja­mais ar­ri­ver", a-t-elle ajou­té. Les ré­pliques du séisme ont conti­nué de se­couer la ré­gion au cours de la nuit de jeu­di à ven­dre­di, la plus forte étant me­su­rée à 4,2. Se­lon l'ins­ti­tut géo­phy­sique ita­lien, 1.332 ré­pliques ont tou­ché le centre de la pé­nin­sule de­puis le séisme de mer­cre­di, de ma­gni­tude 6,2.

La plu­part des bâ­ti­ments ne bé­né­fi­ciaient pas de pro­tec­tion pa­ra­sis­mique et par­mi ceux qui en avaient, cer­tains n'ont pas ré­sis­té au séisme, à l'image d'une école d'ama­trice ré­no­vée en 2012. La jus­tice a com­men­cé son tra­vail d'en­quête, s'in­té­res­sant no­tam­ment à l'ef­fon­dre­ment d'un clo­cher qui a pro­vo­qué la mort de quatre per­sonnes à Ac­cu­mo­li. "Ce qui s'est pas­sé ne peut seule­ment être mis sur le compte de la fa­ta­li­té", a dé­cla­ré le pro­cu­reur Giu­seppe Saie­va qui di­rige l'en­quête. "Si ces bâ­ti­ments avaient été construits comme on le fait au Ja­pon, ils ne se se­raient pas ef­fon­drés", a-t-il dé­cla­ré au quo­ti­dien La Re­pub­bli­ca. Le pré­sident du Con­seil ita­lien, Mat­teo Ren­zi, qui as­sis­te­ra lui aus­si aux fu­né­railles à As­co­li Pi­ce­no, a pro­mis de re­cons­truire les lo­ca­li­tés dé­truites tan­dis que le maire d'ama­trice a prié le gou­ver­ne­ment de ti­rer les le­çons des échecs en­re­gis­trés après les pré­cé­dents séismes, ce­lui de L'aqui­la en 2009, no­tam­ment. "Ce dont nous avons be­soin, c'est d'une re­cons­truc­tion en un temps re­cord. Il y a là une op­por­tu­ni­té pour les res­pon­sables po­li­tiques de dé­mon­trer leur en­ga­ge­ment", a dé­cla­ré Ser­gio Pi­roz­zi à Mat­teo Ren­zi.

Fu­né­railles des vic­times du séisme

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