9 can­di­dats face à Ali Bon­go

Pré­si­den­tielle au Ga­bon

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Les élec­teurs ga­bo­nais sont conviés aux urnes hier pour un scru­tin qui pour­rait consti­tuer le plus grand dé­fi à ce jour pour le chef de l'etat sor­tant, Ali Bon­go, dont la fa­mille di­rige le pays de­puis près d'un de­mi-siècle. Agé de 57 ans, Ali Bon­go a suc­cé­dé en 2009 à son père Omar Bon­go, mort après 42 an­nées au pou­voir, et il a rem­por­té l'élec­tion or­ga­ni­sée la même an­née.

Le sys­tème élec­to­ral en vi­gueur fa­vo­ri­se­rait plu­tôt le sor­tant, mais l'uni­té de l'op­po­si­tion pour­rait avoir rai­son de l'avan­tage ins­ti­tu­tion­nel dont bé­né­fi­cie Ali Bon­go après les dé­cen­nies pas­sées par sa fa­mille au pou­voir.

Le scru­tin se jouant sur un seul tour, c'est le can­di­dat ar­ri­vé en tête qui est élu. Lors de la der­nière pré­si­den­tielle, Ali Bon­go l'avait em­por­té avec 41,73% des suf­frages. Les bu­reaux de vote fer­me­ront leurs portes à 18h00 lo­cales (17h00 GMT) mais les ré­sul­tats ne sont pas at­ten­dus avant lun­di ou mar­di. Les fron­tières, ter­restres et ma­ri­times, ont été fer­mées ven­dre­di à mi­nuit et le res­te­ront jus­qu'à hier mi­nuit. Ali Bon­go est op­po­sé à neuf autres can­di­dats, contre 22 lors de la pré­cé­dente pré­si­den­tielle. Le bul­le­tin de vote porte en fait 11 noms, mais l'un d'eux, Ro­land Désiré Aba'a, s'est re­ti­ré de la course il y a deux jours. Le prin­ci­pal ad­ver­saire d'ali Bon­go est un di­plo­mate che­vron­né, l'an­cien mi­nistre des Af­faires étran­gères Jean Ping. Agé de 73 ans, il a no­tam­ment oc­cu­pé les fonc­tions de pré­sident de la com­mis­sion de l'union afri­caine et de pré­sident de l'as­sem­blée gé­né­rale des Na­tions unies. Cet al­lié et pro­té­gé d'omar Bon­go a pris ses dis­tances avec Ali Bon­go et a quit­té le par­ti au pou­voir en 2014.

Du­rant la cam­pagne élec­to­rale, il a mi­sé sur le mé­con­ten­te­ment né de la stag­na­tion du ni­veau de vie dans ce pays pé­tro­lier, qui compte moins de deux mil­lions d'ha­bi­tants. "Les Ga­bo­nais souffrent. Nous ne sommes pas bien payés, nos en­fants ne vivent pas dans de bonnes condi­tions. C'est pour­quoi j'ai vo­té en fa­veur du chan­ge­ment", a ex­pli­qué Ma­rieange N'no, fonc­tion­naire de 40 ans, de­vant un bu­reau de vote de la ca­pi­tale Li­bre­ville. Elle n'a tou­te­fois pas dé­voi­lé vers qui était al­lé son choix. Le Ga­bon, qui vient de ré­in­té­grer cet été l'opep, après l'avoir quit­té voi­ci une ving­taine d'an­nées, a un PIB par tête d'ha­bi­tant de 10.000 dol­lars (8.930 eu­ros) par an, ce qui en fait l'un des pays les plus riches d'afrique. Près d'un tiers de sa po­pu­la­tion, tou­te­fois, vit en des­sous du seuil de pau­vre­té.

"Je veux lan­cer une lutte sans mer­ci contre la pau­vre­té", a af­fir­mé jeu­di Ali Bon­go, dans les fau­bourgs de Li­bre­ville.

"Elle doit dis­pa­raître de notre pays, et je ne m'ar­rê­te­rai pas tant que je n'y se­rai pas par­ve­nu", a-t-il dit.

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