Les faits et le droit

Le Temps (Tunisia) - - Faits De Société - Ah­med NEMLAGHI

La pro­tec­tion de l’en­fant est-elle si ras­su­rante ? Si les droits de l’en­fant sont consa­crés par la Cons­ti­tu­tion et ga­ran­tis par l’etat, en vue de pré­ser­ver sa di­gni­té, il n’en reste pas moins qu’il reste beau­coup à faire, au-de­là du cadre ju­ri­dique et des textes de loi en ver­tu des­quels l’at­teinte à la di­gni­té de l’en­fant est consi­dé­rée comme un grave dé­lit. Car ce sont es­sen­tiel­le­ment les men­ta­li­tés qui doivent évo­luer afin que les com­por­te­ments so­ciaux puissent chan­ger à l’égard de l’en­fant, l’homme de de­main. Ce­la com­mence par la cel­lule fa­mi­liale où les pa­rents qui doivent être plus at­ten­tion­nés en­vers leurs en­fants, , afin d’écou­ter leurs do­léances et voir leurs pré­dis­po­si­tions leurs vo­ca­tions, et les pro­blèmes qui peuvent les pré­oc­cu­per et qu’ils ex­priment par­fois à tra­vers un com­por­te­ment in­ha­bi­tuel ou agres­sif. C’est en pre­mier lieu aux pa­rents d’es­sayer de com­prendre leurs en­fants afin de mieux les orien­ter. Les sys­tèmes édu­ca­tifs doivent éga­le­ment évo­luer en fonc­tion de l’évo­lu­tion de cette no­tion O com­bien com­plexe de la di­gni­té de l’en­fant.

Pu­ni­tion et moyens de cor­rec­tion

Par­mi les pa­rents ou les édu­ca­teurs qui veulent cor­ri­ger leurs en­fants, ou ceux dont ils doivent ré­pondre, il y a ceux qui sont en­clins à re­cou­rir à la vio­lence. Il y a évi­dem­ment les cor­rec­tions gé­né­rées par l’an­goisse des pa­rents face à un dan­ger au­quel leurs en­fants s’ex­posent, telles que la fes­sée ou même les pe­tites gifles et celles qui sont exer­cées au nom d’une quel­conque pé­da­go­gie de ma­nière au­to­ma­tique. Les en­fants s’ils sont pris en main à temps peuvent com­prendre l’an­goisse de leurs pa­rents et dis­cer­ner, entre ces gestes spon­ta­nés et ceux d’un père ou un édu­ca­teur sa­diques et eux-mêmes souf­frant du com­plexe d’avoir en­du­ré à leur tour des pires moyens de cor­rec­tion du­rant leur en­fance. Ces moyens sont sanc­tion­nés par le code de pro­tec­tion de l’en­fant, car ce sont ces moyens qui peuvent faire d’un en­fant un fu­tur dé­lin­quant.

Par­mi les autres actes por­tant at­teinte à la di­gni­té de l’en­fant, il y a éga­le­ment les mau­vais trai­te­ments dans les mi­lieux édu­ca­tifs ain­si que dans les centres de ré­édu­ca­tion et deb ré­ha­bi­li­ta­tion, des­ti­nés à cor­ri­ger les dé­lin­quants ju­vé­niles.

L’at­teinte à la li­ber­té de l’en­fant consti­tue éga­le­ment une at­teinte à sa di­gni­té. Cette li­ber­té com­prend celle d’ex­pri­mer ces idées et de re­cueillir les in­for­ma­tions et pui­ser des connais­sances sans consi­dé­ra­tion de fron­tière, de culte ou d’eth­nie.

Il est sti­pu­lé dans l’ar­ticle 14 de la Conven­tion re­la­tive à la pro­tec­tion de l’en­fant, ra­ti­fiée par la Tu­ni­sie, que : « L’en­fant a droit à la li­ber­té d’ex­pres­sion. Ce droit com­prend la li­ber­té de re­cher­cher, de re­ce­voir et de ré­pandre des in­for­ma­tions et des idées de toute es­pèce, sans consi­dé­ra­tion de fron­tières, sous une forme orale, écrite, im­pri­mée ou ar­tis­tique, ou par tout autre moyen du choix de l’en­fant. »

Ga­ran­tie de l’etat

Le rôle de l’etat et en ver­tu de la Cons­ti­tu­tion consiste éga­le­ment à mettre en place, au sein des ins­tances po­li­tiques, des mé­ca­nismes qui ga­ran­tissent la consul­ta­tion sys­té­ma­tique des en­fants et une vé­ri­table prise en compte de leur point de vue. Il a été pro­po­sé en l’oc­cur­rence de mettre en place un corps d’ins­pec­teurs pour la pro­tec­tion de l’en­fance, en ren­fort aux as­sis­tantes so­ciales. Si par exemple une fa­mille ne peut pas as­su­mer ses res­pon­sa­bi­li­tés en­vers son en­fant, il faut prendre cer­taines me­sures de sanc­tions ou d’aide.

La loi sur la pro­tec­tion de l’en­fant reste à par­faire concer­nant la ques­tion des li­ber­tés d’in­for­ma­tion et d’ex­pres­sions aux en­fants, qu’il s’agisse des élèves ou des ly­céens.

Ces li­ber­tés sont-elles l’au­to­ri­sa­tion pa­ren­tale ?

En­core une ques­tion sur la­quelle la loi reste muette pour l’ins­tant. En tout état de cause il fau­drait fa­vo­ri­ser tout ce qui contri­bue à pré­ser­ver la di­gni­té de l’en­fant et sé­vir contre tous les moyens ten­dant à y por­ter at­teinte afin de « bâ­tir un monde dans le­quel tous nos en­fants au­ront la pos­si­bi­li­té de réa­li­ser plei­ne­ment leur po­ten­tiel » comme l’avait af­fir­mé Kof­fi An­nan, an­cien se­cré­taire gé­né­ral de L’ONU. tri­bu­taires de

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