Les meur­triers du « chi­nois d’au­ber­vil­liers », ar­rê­tés

Le Temps (Tunisia) - - Faits De Société -

Faits di­vers en France

L’en­quête avance à grands pas, après l’in­ter­pel­la­tion des trois au­teurs pré­su­més de la mort du cou­tu­rier chi­nois d’au­ber­vil­liers (Seine-saint-de­nis), Chao­lin Zhang, 49 ans. Pen­dant leur garde à vue, « les sus­pects ont re­con­nu les faits », in­dique une source proche du dos­sier.

Le 7 août der­nier, les trois jeunes, ori­gi­naires de la com­mune, âgés de 15 à 19 ans, avaient agres­sé mor­tel­le­ment ce père de deux en­fants alors qu’il se pro­me­nait avec un ami dans une rue d’au­ber­vil­liers. Les agres­seurs les ont at­ta­qués par sur­prise, en les abor­dant par-der­rière. L’un d’eux, adepte des arts mar­tiaux, a dé­co­ché un violent coup de pied à Chao­lin, au ni­veau du la­rynx, le fai­sant chu­ter lour­de­ment au sol. En­suite, ses­com­plices ont ar­ra­ché la sa­coche de son ami et sont re­par­tis en cou­rant. Comme ils agis­saient à vi­sage dé­cou­vert, Une femme se trou­vait ven­dre­di soir dans des toi­lettes pu­blics de Ban­na­lec, dans le Fi­nis­tère, lors­qu’elle a trou­vé une en­ve­loppe conte­nant 3000,00 € en li­quide. Comme il y avait un nom sur l’en­ve­loppe, elle a re­cher­ché dans l’an­nuaire sur in­ter­net. En vain.

Le len­de­main, elle est pas­sée à la mai­rie pour dé­po­ser l’en­ve­loppe. Le maire, Yves An­dré, a fait le tour des agences ban­caires et re­trou­vé celle où le re­trait avait été ef­fec­tué.

La pro­prié­taire de l’en­ve­loppe est une per­sonne âgée, de na­tio­na­li­té amé­ri­caine, mais qui se trouve en va­cances. Pour ré­com­pen­ser l’hon­nê­te­té de sa ré­si­dente, le maire l’a in­vi­tée à la cé­ré­mo­nie des voeux, qui se dé­rou­le­ra dans quelques mois. ils ont été iden­ti­fiés sans trop de dif­fi­cul­tés par une ca­mé­ra de sur­veillance. Celle-ci a fil­mé non pas l’agres­sion mais le trio qui s’en­fuyait avec le sac de l’une des vic­times. L’en­quête a dé­mon­tré que c’est l’as­saillant de 19 ans, qui a por­té le coup de pied fouet­té à Chao­lin. L’au­top­sie a re­le­vé une trace très nette au ni­veau du cou. « Le choc n’était pas mor­tel mais il a fait chu­ter au sol la vic­time qui a heur­té le bi­tume. »

En garde à vue, l’in­té­res­sé n’a pas nié les faits. « Mais les par­ti­ci­pants ont mi­ni­mi­sé la vio­lence de l’agres­sion, ne re­con­nais­sant qu’un seul coup as­sé­né. » Une ver­sion mise à mal par l’exa­men mé­di­co-lé­gal. Il a ré­vé­lé « des po­ly­trau­ma­tismes au crâne et plu­sieurs hé­mor­ra­gies cé­ré­brales au cer­veau, in­dique une autre source. Des consta­ta­tions peu com­pa­tibles avec un coup unique. » Dans la sa­coche vo­lée, il y avait un pa­quet de ci­ga­rettes et des bon­bons Chao­lin est dé­cé­dé le 12 août après cinq jours de co­ma. Ke­shou, l’autre vic­time, s’en sort avec des contu­sions et un pro­fond trau­ma­tisme. « Chao­lin était l’un de ses meilleurs amis. Il est ter­ro­ri­sé à l’idée que l’on puisse s’en prendre à d’autres Asia­tiques ou à ses proches », confie Me Vincent Fillo­la. De­puis le dé­but de l’an­née, une re­cru­des­cence de vols vise la com­mu­nau­té : 105 plaintes ont été dé­po­sées à Au­ber­vil­liers par des Chi­nois. Pru­dent, l’avo­cat des par­ties ci­viles, sou­ligne : « ces trois in­ter­pel­la­tions ne sont que le point de dé­part de l’en­quête ». Le rôle et les in­ten­tions de cha­cun res­tent à pré­ci­ser et la dé­fense fe­ra va­loir ses ar­gu­ments.

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