Trump est une me­nace pour le Mexique

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Le pré­sident mexi­cain après sa ren­contre avec le can­di­dat ré­pu­bli­cain :

Le pré­sident mexi­cain En­rique Peña Nie­to a dé­crit Do­nald Trump comme une me­nace pour son pays mer­cre­di après avoir re­çu le can­di­dat ré­pu­bli­cain à l'élec­tion pré­si­den­tielle amé­ri­caine, qui es­time que les Etats-unis sont en droit d'édi­fier un mur à la fron­tière mexi­caine pour en­di­guer l'im­mi­gra­tion clan­des­tine.

Dans l'après-mi­di, à l'is­sue d'une ren­contre an­non­cée seule­ment quelques heures plus tôt, le chef de l'etat avait sa­lué une dis­cus­sion "ou­verte et construc­tive" et le mil­liar­daire qua­li­fiait son hôte de pré­sident "for­mi­dable". Mais dans la soi­rée, lors d'une in­ter­view à la té­lé­vi­sion, En­rique Peña Nie­to, le vi­sage fer­mé, a cher­ché à se dé­fendre face à la vague de cri­tiques qui a ac­cueilli sa dé­ci­sion de re­ce­voir Do­nald Trump mal­gré les at­taques ré­pé­tées for­mu­lées contre le Mexique par le ma­gnat de l'im­mo­bi­lier. "Ses po­si­tions pour­raient re­pré­sen­ter une grande me­nace pour le Mexique et je ne suis pas prêt à res­ter les bras croi­sés sans rien faire", a as­su­ré le pré­sident mexi­cain. "Ce risque, cette me­nace, nous de­vons y ré­pondre. Je lui ai dit que ce n'était pas une ma­nière de construire une re­la­tion mu­tuel­le­ment bé­né­fique pour nos deux pays." La pré­si­dence mexi­caine a pris le soin de pré­ci­ser que des in­vi­ta­tions avaient été en­voyées aux deux prin­ci­paux can­di­dats à l'élec­tion pré­si­den­tielle amé­ri­caine du 8 no­vembre, Hilla­ry Clin­ton et Do­nald Trump. Mais le gou­ver­ne­ment a été pris de court par l'em­pres­se­ment du can­di­dat ré­pu­bli­cain à ac­cep­ter dès mar­di cette in­vi­ta­tion adres­sée ven­dre­di der­nier. Do­nald Trump, qui cherche à ré­duire son re­tard dans les son­dages face à sa ri­vale dé­mo­crate, s'est ren­du à Mexi­co avant de pro­non­cer à Phoe­nix, Ari­zo­na, un dis­cours sur l'im­mi­gra­tion, dans le­quel il a de nou­veau pro­mis de bâ­tir un mur entre le Mexique et les Etats-unis. Lors de sa ren­contre avec Peña Nie­to, qui l'a re­çu pen­dant une heure à sa ré­si­dence, il n'est tou­te­fois pas al­lé jus­qu'à lui de­man­der d'en fi­nan­cer la construc­tion, ain­si qu'il l'avait an­non­cé lors de sa fra­cas­sante en­trée en cam­pagne, en juin 2015, et qu'il l'a ré­pé­té par la suite à Phoe­nix, as­su­rant que le Mexique "ne le sa­vait pas en­core" mais paie­rait "100% du mur". "Nous avons ef­fec­ti­ve­ment par­lé du mur. Nous n'avons pas évo­qué son fi­nan­ce­ment. Ce se­ra pour plus tard. C'était une ren­contre tout à fait pré­li­mi­naire", avait au­pa­ra­vant dé­cla­ré Do­nald Trump à Mexi­co. Une af­fir­ma­tion contre­dite sur Twit­ter par Peña Nie­to, à qui l'op­po­si­tion re­proche vi­ve­ment d'avoir ac­cueilli Trump. "Au dé­but de cette conver­sa­tion avec Do­nald Trump, j'ai sou­li­gné que le Mexique ne paie­rait pas pour ce mur", a-t-il écrit. La ve­nue de Trump au Mexique a sus­ci­té des re­mous dans un pays qui n'a pas ou­blié ses dé­cla­ra­tions d'en­trée en cam­pagne. Le 16 juin 2015, de­puis sa Trump To­wer, le ma­gnat de l'im­mo­bi­lier et fi­gure de la té­lé­réa­li­té avait ac­cu­sé le Mexique d'en­voyer aux Etatsu­nis des vio­leurs et des cri­mi­nels et pro­mis, en cas d'élec­tion à la Mai­son blanche, d'édi­fier un "grand mur à (la) fron­tière sud" qu'il fe­rait fi­nan­cer par le Mexique. Il a éga­le­ment pro­mis de re­né­go­cier ou de se re­ti­rer de l'ac­cord de libre-échange d'amé­rique du Nord (Ale­na), qui lie de­puis 1994 les Etats-unis, le Ca­na­da et le Mexique et a fait des dé­lo­ca­li­sa­tions d'em­plois in­dus­triels au Mexique l'un de ses thèmes cen­traux. Cô­té mexi­cain, ces po­si­tions passent mal. Cet hi­ver, le pré­sident mexi­cain a même éta­bli un pa­ral­lèle avec Adolf Hit­ler et Be­ni­to Mus­so­li­ni. "L'his­toire de l'hu­ma­ni­té, di­sait-il en mars, a mal­heu­reu­se­ment mon­tré que l'em­ploi de ces dis­cours vé­hé­ments n'a fait que me­ner à des si­tua­tions si­nistres. C'est comme ça que Mus­so­li­ni y est ar­ri­vé, c'est comme ça qu'hit­ler y est ar­ri­vé, ils ont ti­ré par­ti d'une si­tua­tion, d'un pro­blème que tra­ver­sait l'hu­ma­ni­té, après une crise éco­no­mique." Mer­cre­di, de­vant la presse, Peña Nie­to a ob­ser­vé: "Le peuple mexi­cain s'est sen­ti bles­sé par les pro­pos qu'il a te­nus, mais je suis sûr que l'in­té­rêt qu'il a ma­ni­fes­té dans la construc­tion d'une re­la­tion est vé­ri­table." Dans l'en­tou­rage de ce der­nier, on di­sait es­pé­rer que ce dé­pla­ce­ment au Mexique contri­bue­rait à "pré­si­den­tia­li­ser" l'image du can­di­dat et à dé­mon­trer qu'il n'hé­site pas à s'at­ta­quer de front aux dos­siers chauds. Hilla­ry Clin­ton a af­fir­mé pour sa part que cette courte vi­site ne suf­fi­rait pas à faire ou­blier ses dé­cla­ra­tions in­cen­diaires. "Pour com­pen­ser plus d'un an d'in­sultes et d'in­si­nua­tions, il faut plus qu'un saut de quelques heures chez nos voi­sins avant un re­tour au pays", a dit la can­di­date dé­mo­crate lors d'un dé­pla­ce­ment à Cin­cin­na­ti, dans l'ohio. (Reu­ters)

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