Ça fleure bon l’odeur du ter­roir

Le Temps (Tunisia) - - Arts & Culture - Ka­mel BOUAOUINA

L’es­pace Khayem Gar­den a abri­té, jeu­di 1er sep­tembre, un grand spec­tacle mu­si­cal, conçu et réa­li­sé par Mo­ha­med Ali Ka­moun. Il s’agit de la ca­ra­vane des 24 par­fums. Avec son éner­gie et la qua­li­té de sa pres­ta­tion scé­nique, Mo­ha­med Ali Kam­moun ac­com­pa­gné par des mu­si­ciens et chan­teurs de Dar Chaa­bane et Ker­ken­nah a ra­pi­de­ment conquis le pu­blic. Un pu­blic qui lui a ré­ser­vé une grande ovation à l’is­sue de son concert mu­si­cal de haut ni­veau.

Ce spec­tacle a été l'oc­ca­sion pour de jeunes ta­lents for­més à "l'oui­jak" de fu­sion­ner avec une troupe de re­cherche mu­si­cale. Le jeune Riadh Arous a ébloui le pu­blic avec sa voix douce, son timbre par­ti­cu­lier et sa sen­si­bi­li­té. Riadh qui pos­sède un ta­lent re­mar­quable pour la scène, a dé­mon­tré l’éten­due de son jeu. Pra­ti­que­ment à chaque tube, il fait par­ti­ci­per le pu­blic. Il y met­tait toute son éner­gie et son im­mense ta­lent pas­sant du chant sou­fi au ma­louf avec une ai­sance re­mar­quable. La voix des mon­tagnes, la Kef­foise Aya Da­gnouj a été tout sim­ple­ment épous­tou­flante. Tout ça sur fond de mur­mure des vagues de la Mé­di­ter­ra­née et du res­sac qui s'écrase au pied de la ter­rasse, ré­cem­ment amé­na­gée au Khayem Gar­den. Fi­ras Ben Sli­mane et Me­j­di Daoud ont en­flam­mé la scène. Un cock­tail ex­plo­sif de cou­leurs et de so­no­ri­tés, un lan­gage ex­pres­sif et spon­ta­né, un ma­riage har­mo­nieux de chants d’oui­jak et de jazz ef­fré­né. Trois gé­né­ra­tions étaient là. Per­sonnes âgées, adultes et jeunes se sont of­ferts un après-mi­di de bon­heur. Les chants fai­sant l'apo­lo­gie de Si­di Feh­ri de Dar Chaa­bane ont été re­vi­si­tés grâce à l'ap­port d'une ins­tru­men­ta­li­sa­tion mo­derne qui a

co­ha­bi­té avec bon­heur, avec les "na­qa­rat" (tam­bou­rins) et la zo­kra. Mo­ha­med Ali Ka­moun a mul­ti­plié les prouesses avec son pia­no et a pu gui­der avec brio ce voyage aux mille rythmes. Il a réus­si le pa­ri de nous faire rê­ver jus­qu’au bout avec son mor­ceau « Sa­bra » ...Les cho­ristes qui ryth­maient leurs pa­roles, ne lais­saient de temps ni à l’en­nui ni à la ré­pé­ti­tion. Ils chan­geaient sou­vent de ré­per­toire et s’amu­saient sur scène en chan­tant des oeuvres bien connues . Une très belle per­for­mance. Sans ou­blier aus­si la pres­ta­tion réus­sie de Lot­fi à la per­cus­sion et celle de Seif à la bat­te­rie. Un seul mot d’ordre : des rythmes à vo­lon­té, jus­qu’à l’ex­tase. Sou­riant, dé­ten­du sans être dé­sin­volte, le chan­teur Riadh Arous a lâ­ché la bride à son or­chestre en chan­tant des tubes pui­sés du pa­tri­moine de Dar Chaa­bane em­plis de cette cha­leur sou­fie. Entre folk, jazz et so­no­ri­tés lo­cales, il chante de ma­nière in­ces­sante ses mots mê­lant ain­si nos­tal­gie et no­tion du temps qui s'écoule. Comme une in­vi­ta­tion au voyage per­ma­nente, ses tubes in­citent à une rê­ve­rie bien­ve­nue. Riadh a es­sayé de re­vi­si­ter cette mu­sique, à sa ma­nière et de nous trans­por­ter dans un ailleurs va­po­reux et en­ivrant. Entre bal­lades jazz, oui­jak, le chan­teur a lit­té­ra­le­ment en­flam­mé la scène. Le pu­blic a re­pris en choeur quelques unes de ses chan­sons. Un concert gé­né­reux, des mu­si­ciens hors-pair et un Mo­ha­med Ali Ka­moun ex­cep­tion­nel.

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