Bruits et chu­cho­te­ments

Le Temps (Tunisia) - - Arts & Culture -

2ème édi­tion du fes­ti­val "Ci­né­ma au mu­sée" à Sousse

Le mu­sée ar­chéo­lo­gique de Sousse abri­te­ra, du 6 au 11 sep­tembre cou­rant, la deuxième édi­tion du fes­ti­val "ci­né­ma au mu­sée", or­ga­ni­sée à l'ini­tia­tive de l'as­so­cia­tion Cultu­relle Afrique-mé­di­ter­ra­née et le Centre Na­tio­nal du Ci­né­ma et de l’image (Cn­ci). Le pro­gramme de ce ren­dez-vous ci­né­ma­to­gra­phique, dé­dié en­tiè­re­ment au ci­né­ma du pas­sé plus ou moins loin­tain, a été pré­sen­té lors d"une confé­rence de presse te­nue mer­cre­di à Sousse. Fa­thi Khar­rat, di­rec­teur gé­né­ral du CN­CI, a in­di­qué à cette oc­ca­sion que cette ma­ni­fes­ta­tion of­fri­ra au pu­blic tu­ni­sien l'op­por­tu­ni­té de dé­cou­vrir son pas­sé à tra­vers des pho­tos et des courts-mé­trages sur la Tu­ni­sie entre 1920 et 1940, sou­li­gnant l'im­por­tance de cette ren­contre qui a pour ob­jec­tif de pré­sen­ter au pu­blic les tré­sors du sep­tième art et le pa­tri­moine ci­né­ma­to­gra­phique tu­ni­sien.

Il a ajou­té que les ci­né­philes pour­ront as­sis­ter à la pro­jec­tion des grands films clas­siques du ci­né­ma mon­dial tels que "Ali Ba­ba et les qua­rante vo­leurs" (1954) du réa­li­sa­teur Jacques Be­cker, "Pour une poi­gnée de dol­lars" de l'ita­lien Ser­gio Leone et "le Do­cker noir" du cé­lèbre réa­li­sa­teur sé­né­ga­lais Ous­mane Sem­bène.

De son cô­té, le di­rec­teur de la ma­ni­fes­ta­tion, Mo­ha­med Chal­louf, a in­di­qué que les ac­teurs Ah­mad He­fiane et Fat­ma Ben Sai­dane et le réa­li­sa­teur Omar Khe­li­fi se­ront pré­sents au ren­dez vous ci­né­ma­to­gra­phique. La soi­rée du 10 sep­tembre au­ra pour thème "le ci­né­ma et les droits de l'homme" et connaî­tra la pré­sence de Ab­des­sa­tar Ben Mous­sa, pré­sident de la ligue tu­ni­sienne pour la dé­fense des droits de l'homme (LTDH), de Bas­ma Khal­faoui, de la fon­da­tion Cho­kri Be­laid contre la vio­lence et de l'uni­ver­si­taire Ha­bib Kaz­dagh­li pour un ci­né-dé­bat du film fran­co-ita­lien "Sac­co et Van­zet­ti" de Giu­lia­no Mon­tal­do.

La soi­rée de clô­ture se­ra consa­crée à la pro­jec­tion du film "Lu­mière" pour la pre­mière fois en Tu­ni­sie. Le film est pro­duit par l'ins­ti­tut Lu­mière de Lyon (france) à l'oc­ca­sion de la cé­lé­bra­tion du 120ème an­ni­ver­saire du ci­né­ma.

Vi­sa pour l'image, Ex­po­si­tion d’un monde en fo­lie

Le fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de pho­to­jour­na­lisme a ou­vert ses portes le 27 août. L'évé­ne­ment créé en 1989 se dé­roule chaque an­née à Per­pi­gnan. La 28e édi­tion de la ma­ni­fes­ta­tion Vi­sa pour l'image ex­pose cette an­née un monde en pleine tour­mente : crise des mi­grants, guerre contre l’or­ga­ni­sa­tion Etat is­la­mique (EI), ra­vages du vi­rus Zi­ka …

« La thé­ma­tique la plus vi­sible », in­dique Jeanf­ran­çois Le­roy, di­rec­teur et co­fon­da­teur du fes­ti­val, « ce sont les mi­grants, avec trois ex­po­si­tions, dont celle d’aris Mes­si­nis du bu­reau de L’AFP à Athènes », sur le flot de ré­fu­giés vers l’île grecque de Les­bos et in­ti­tu­lée « Scènes de guerre en zone de paix ». Sont éga­le­ment ex­po­sés les tra­vaux d’un autre pho­to­graphe grec, Yan­nis Beh­ra­kis, de l’agence Reuters. Après avoir par­cou­ru les conflits dé­chi­rant le monde pen­dant un quart de siècle, il est re­ve­nu dans son pays cou­vrir l’ar­ri­vée mas­sive de Sy­riens, d’af­ghans et d’ira­kiens fuyant les hor­reurs de la guerre. Ma­rie Do­ri­gny s’est de son cô­té at­ta­chée à suivre les femmes mi­grantes qui, avec leurs en­fants, se sont en­tas­sées dans des ca­nots pneu­ma­tiques pour ten­ter de re­joindre les rives eu­ro­péennes. Ja­mais, de­puis la guerre du Ko­so­vo, Vi­sa pour l’image n’avait re­çu au­tant de pro­po­si­tions de su­jets sur cette crise his­to­rique. En sep­tembre 2015, au mo­ment de la pré­cé­dente édi­tion du fes­ti­val, la pho­to du ca­davre du pe­tit Ay­lan Kur­di sur une plage turque avait fait le tour du monde. Elle avait sus­ci­té une vague d’émo­tion pla­né­taire. Il y a quelques jours, celle du pe­tit Om­rane, 4 ans, ha­gard et re­cou­vert de sang, bles­sé à Alep (Sy­rie), avait éga­le­ment beau­coup ému.

« Mais après, il ne se passe rien. On a dit “plus ja­mais ça” mais on les laisse se noyer, s’em­porte le di­rec­teur du fes­ti­val. Une pho­to n’a ja­mais ar­rê­té une guerre ni in­fluen­cé un res­pon­sable. Et je le re­grette. »

Quant aux at­ten­tats ayant frap­pé l’eu­rope - la France, la Bel­gique ou l’al­le­magne - ils se­ront abor­dés en soi­rées lors des pro­jec­tions. Mais pas lors des ex­po­si­tions. « On a adop­té un prin­cipe : un at­ten­tat à Nice, à Pa­ris ou à Bruxelles a la même im­por­tance qu’un at­ten­tat à Ka­boul ou à Alep. On re­fuse le “mort au ki­lo­mètre”, se­lon le­quel un pié­ton écra­sé à Per­pi­gnan est plus im­por­tant qu’un double at­ten­tat à Ka­boul avec plus de 200 morts », ex­plique M. Le­roy. « On met tous les at­ten­tats au même ni­veau, c’est ma res­pon­sa­bi­li­té en tant que di­rec­teur d’un fes­ti­val in­ter­na­tio­nal », in­siste-t-il. De fait, ce ren­dez-vous in­con­tour­nable de la pro­fes­sion offre une vi­si­bi­li­té à des tra­vaux qui ne font pas né­ces­sai­re­ment la Une de l’ac­tua­li­té, comme la si­tua­tion très dif­fi­cile des ho­mo­sexuels et des per­sonnes trans­genres en Afrique. Peter Bau­za – pour Echo Pho­to­jour­na­lism – n’a pour sa part pas pho­to­gra­phié le Bré­sil des Jeux olym­piques mais il a tour­né ses ob­jec­tifs vers Jam­ba­laya, connu sous le nom de Co­pa­ca­ba­na Pa­lace, un com­plexe im­mo­bi­lier près de Rio en par­tie oc­cu­pé par des sans-abri. 300 fa­milles y vivent dans des condi­tions in­sa­lubres. Niels Acker­mann, pour Lundi13, a ren­con­tré les en­fants de Tcher­no­byl (Ukraine) de­ve­nus grands. Et Fe­lipe Da­na (Associated Press) s’est ren­du dans le nord-est du Bré­sil, une ré­gion pauvre où des fa­milles ont été du­re­ment frap­pées par le vi­rus Zi­ka.

Vi­sa pour l’image braque aus­si les pro­jec­teurs sur le tra­vail de pho­to­jour­na­listes pré­sents sur des conflits qui sont moins cou­verts par les mé­dias. Do­mi­nic Nahr s’est ain­si ren­du au Sou­dan du Sud, An­drew Quil­ty (Agence Vu’) est lui ba­sé à Ka­boul de­puis 2013. Jus­qu’au 11 sep­tembre, le grand pu­blic tout comme 3 000 pro­fes­sion­nels ac­cré­di­tés et 280 agences re­pré­sen­tant une cin­quan­taine de pays sont at­ten­dus à Per­pi­gnan. Plus de trente agences et col­lec­tifs de pho­to­graphes du monde y ont un bu­reau de pré­sen­ta­tion.

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