Mys­tère au­tour du sé­jour de la dé­pu­tée à Djer­ba

Le Temps (Tunisia) - - Proximite - Rym BENAROUS

L’af­faire de la dé­pu­tée Sa­brine Gou­ban­ti­ni dé­fraye la chronique de­puis di­manche et conti­nue à faire cou­ler beau­coup d’encre aus­si bien dans les mé­dias que sur les ré­seaux so­ciaux. Mille et une ver­sions ont été rap­por­tées, cha­cune des par­ties se fai­sant pas­ser pour une vic­time ab­so­lue et fai­sant por­ter le cha­peau à l’autre. Cer­tains se sont même éver­tués à évo­quer la thèse du com­plot et à par­ler d’un scan­dale fa­bri­qué de toutes pièces, des­ti­né à en­ta­cher la ré­pu­ta­tion « ir­ré­pro­chable » des ad­ver­saires po­li­tiques d’un an­cien par­ti au pou­voir. Tou­jours est-il qu’aux pre­mières heures du di­manche, un des hô­tels de Djer­ba, ayant ap­par­te­nu de son vi­vant à feu Ja­lel Bou­ri­cha, a été le théâtre d’un échange ani­mé entre la dé­pu­tée Gou­ban­ti­ni, un homme de ses connais­sances et l’un des char­gés de sé­cu­ri­té de l’éta­blis­se­ment hô­te­lier. Un échange ver­bal qui a vite dé­gé­né­ré en dis­pute, ce qui a né­ces­si­té l’in­ter­ven­tion des forces sé­cu­ri­taires. Une his­toire qui au­rait presque pu pas­ser in­aper­çue si ce n’était le sta­tut de dé­pu­tée de Sa­brine Gou­ban­ti­ni mais aus­si l’ar­res­ta­tion de l’em­ployé de l’hô­tel, Kha­led Mo­kad­mi, in­cul­pé d’avoir agres­sé la de­moi­selle et son com­pa­gnon du soir, des ac­cu­sa­tions in­fon­dées se­lon le té­moi­gnage de deux jour­na­listes pré­sents sur place à l’heure des faits. L’ar­res­ta­tion de l’agent de sé­cu­ri­té a pro­vo­qué l’ire de sa fa­mille et ses col­lègues qui ont ju­gé cette dé­ci­sion abu­sive et in­juste. Plu­sieurs mou­ve­ments pro­tes­ta­taires ont alors été or­ga­ni­sés à Djer­ba, cer­tains de ses proches ayant même blo­qué des routes et em­pê­ché le pas­sage de vé­hi­cules.

De son cô­té, en­core pré­sente sur l’île de Djer­ba jus­qu’à hier et libre de ses mou­ve­ments, la dé­pu­tée a ac­cor­dé plu­sieurs in­ter­views à des mé­dias afin de li­vrer sa ver­sion des faits avant de pos­ter, lun­di ma­tin, sur sa page of­fi­cielle, une pho­to la mon­trant en com­pa­gnie de Ih­sen Lou­kil, son épouse et leur en­fant. Se­lon plu­sieurs té­moi­gnages concor­dant, il se­rait jus­te­ment l’homme qui ac­com­pa­gnait la dé­pu­tée di­manche à l’aube. Tou­jours sur les ré­seaux so­ciaux, la mère de Sa­brine Gou­ban­ti­ni a af­fir­mé qu’elle pas­sait ses va­cances à Djer­ba en com­pa­gnie de ses en­fants et que cette af­faire n’était qu’un tis­su de men­songes et une cam­pagne de dif­fa­ma­tion or­ches­trée par les ad­ver­saires po­li­tiques de sa fille. Tou­jours est-il que plu­sieurs ques­tions res­tent ac­tuel­le­ment en sus­pens à com­men­cer par le moyen de trans­port uti­li­sé par la dé­pu­tée pour se rendre à Djer­ba. En ef­fet, que fai­sai­telle à bord du bus par­ti de Tu­nis mer­cre­di à 14h et trans­por­tant les jour­na­listes char­gés de cou­vrir Djer­ba Fest, un évé­ne­ment cultu­rel se dé­rou­lant sur l’île du 1er au 3 sep­tembre? De même, cer­tains par­ti­ci­pants af­firment qu’elle s’est pré­sen­tée au­près d’eux comme étant une sta­giaire au sein de la ré­dac­tion d’un site d’in­for­ma­tions. Pour­quoi ? La jeune dé­pu­tée s’est-elle fait pas­ser pour une jour­na­liste pour as­sis­ter à cet évé­ne­ment et être prise en charge au même titre que les vrais jour­na­listes? Au­tant de ques­tions res­tées en sus­pens et des faits qui consti­tue­raient, s’ils sont avé­rés, un bien plus grave dé­pas­se­ment que les agis­se­ments d’une jeune femme au bord d’une pis­cine, cen­sée vivre dans un pays dé­mo­cra­tique et donc libre de me­ner sa vie comme bon lui semble. La vie pri­vée de cha­cun étant une chose, se faire pas­ser pour au­trui en étant une autre !

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