Les ci­toyens et les ONG, par­te­naires à part en­tière

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Sa­lah BEN HA­MA­DI

Dans le cadre de la mise en ap­pli­ca­tion de l’ap­proche par­ti­ci­pa­tive dans la pré­pa­ra­tion des plans an­nuels d’in­ves­tis­se­ments com­mu­naux, les ci­toyens et les or­ga­ni­sa­tions de la so­cié­té ci­vile se­ront, à par­tir du bud­get de 2017, des par­te­naires à part en­tière dans cette opé­ra­tion en bé­né­fi­ciant du pou­voir de s’op­po­ser aux plans an­nuels d’in­ves­tis­se­ment de leurs mu­ni­ci­pa­li­tés quand ils es­timent que ces plans com­portent des la­cunes fla­grantes et de les vo­ter pour les ap­prou­ver ou les ren­voyer en vue de les ajus­ter. La ca­pi­tale Tu­nis a abri­té hier un col­loque in­ter-ré­gio­nal sur toutes ces ques­tions à des­ti­na­tion des cadres et agents des mu­ni­ci­pa­li­tés des gou­ver­no­rats du Nord, dont les tra­vaux ont été ou­verts par le mi­nistre des Af­faires lo­cales et de l’en­vi­ron­ne­ment, Riadh Moua­kher, en pré­sence de quelque 220 par­ti­ci­pants.

Dans le cadre de la mise en ap­pli­ca­tion de l’ap­proche par­ti­ci­pa­tive dans la pré­pa­ra­tion des plans an­nuels d’in­ves­tis­se­ments com­mu­naux, les ci­toyens et les or­ga­ni­sa­tions de la so­cié­té ci­vile se­ront, à par­tir du bud­get de 2017, des par­te­naires à part en­tière dans cette opé­ra­tion en bé­né­fi­ciant du pou­voir de s’op­po­ser aux plans an­nuels d’in­ves­tis­se­ment de leurs mu­ni­ci­pa­li­tés quand ils es­timent que ces plans com­portent des la­cunes fla­grantes et de les vo­ter pour les ap­prou­ver ou les ren­voyer en vue de les ajus­ter.

La ca­pi­tale Tu­nis a abri­té hier un col­loque in­ter-ré­gio­nal sur toutes ces ques­tions à des­ti­na­tion des cadres et agents des mu­ni­ci­pa­li­tés des gou­ver­no­rats du Nord, dont les tra­vaux ont été ou­verts par le mi­nistre des Af­faires lo­cales et de l’en­vi­ron­ne­ment, Riadh Moua­kher, en pré­sence de quelque 220 par­ti­ci­pants. Ces ré­formes ra­di­cales de l’ac­tion mu­ni­ci­pale s’ins­crivent dans le cadre de la con­cré­ti­sa­tion des dis­po­si­tions de la nou­velle Cons­ti­tu­tion tu­ni­sienne re­la­tives à la mise en place de la dé­cen­tra­li­sa­tion et de la dé­mo­cra­tie lo­cale au ni­veau de l’ac­tion mu­ni­ci­pale et ré­gio­nale et ce en don­nant aux mu­ni­ci­pa­li­tés et aux col­lec­ti­vi­tés lo­cales en gé­né­ral l’in­dé­pen­dance ef­fec­tive dans la ges­tion des af­faires lo­cales et ré­gio­nales et en leur confé­rant de très larges pré­ro­ga­tives dans l’ad­mi­nis­tra­tion des ser­vices lo­caux se­lon le prin­cipe de la libre ges­tion.

La par­ti­ci­pa­tion des ci­toyens et des or­ga­ni­sa­tions de la so­cié­té ci­vile à l’ac­tion mu­ni­ci­pale et ré­gio­nale est res­tée jus­qu’à pré­sent sym­bo­lique et se bor­nait à as­sis­ter aux réunions du conseil mu­ni­ci­pal et à émettre quelques ob­ser­va­tions, sans plus. La par­ti­ci­pa­tion était très faible et n’avait au­cun im­pact sur les dé­ci­sions mu­ni­ci­pales et ré­gio­nales à l’ins­tar de la ma­nière de gé­rer les af­faires pu­bliques en gé­né­ral au ni­veau de l’etat, ce qui a gran­de­ment af­fec­té la confiance des ci­toyens dans les rouages de l’etat et l’ad­mi­nis­tra­tion. Grâce à l’ap­proche par­ti­ci­pa­tive de­vant être ap­pli­quée dans la pré­pa­ra­tion des plans an­nuels d’in­ves­tis­se­ment com­mu­naux pour 2017 , soit dès ce mois de sep­tembre 2016 et jus­qu’au 31 dé­cembre 2016, les ci­toyens et les or­ga­ni­sa­tions de la so­cié­té ci­vile vont pou­voir par­ti­ci­per de fa­çon di­recte et ef­fec­tive dans la pré­pa­ra­tion de ces plans, leur ap­pro­ba­tion ou leur re­jet. Ce­pen­dant, comme l’ont si­gna­lé le mi­nistre des Af­faires lo­cales et de l’en­vi­ron­ne­ment et des cadres du mi­nis­tère ayant ani­mé le col­loque, la mise en oeuvre de ce nou­veau sys­tème de l’ac­tion mu­ni­ci­pale y com­pris le re­cours à l’ap­proche par­ti­ci­pa­tive dans l’éla­bo­ra­tion des pro­jets et pro­grammes mu­ni­ci­paux, ne se­ra pas ai­sée, car l’ex­pé­rience est en­core à ses dé­buts et elle né­ces­si­ter un grand ef­fort de sen­si­bi­li­sa­tion à des­ti­na­tion des ci­toyens pour les convaincre. Pour qu’elle soit ef­fi­cace et à la hau­teur des stan­dards, la par­ti­ci­pa­tion ne doit pas être in­fé­rieure à 1,5% de la po­pu­la­tion mu­ni­ci­pale, comme par exemple 450 ci­toyens sur un to­tal de 30 mille ha­bi­tants. La par­ti­ci­pa­tion doit aus­si être re­pré­sen­ta­tive, c’est-à-dire re­pré­sen­ter les di­verses ca­té­go­ries so­ciales et les dif­fé­rentes zones de la mu­ni­ci­pa­li­té.

Se­lon les in­ter­ve­nants, il faut aus­si comp­ter qu’à ses dé­buts, la pra­tique de la dé­mo­cra­tie lo­cale, à l’image de ce qui se pro­duit au ni­veau na­tio­nal, peut connaître des dé­bor­de­ments, voire de l’anar­chie et en­tra­ver ain­si l’adop­tion des pro­grammes mu­ni­ci­paux, dans les meilleurs dé­lais, et cau­ser des len­teurs dans le bon dé­rou­le­ment de l’ac­tion mu­ni­ci­pale.

Aus­si outre la sen­si­bi­li­sa­tion des ci­toyens, le mi­nistre et les autres in­ter­ve­nants ont mis l’ac­cent sur la né­ces­si­té de trou­ver un équi­libre entre la grande marge de ma­noeuvre et de li­ber­té ac­cor­dée aux mu­ni­ci­pa­li­tés, aux ci­toyens et aux or­ga­ni­sa­tions de la so­cié­té ci­vile d’une part et les exi­gences de la bonne gou­ver­nance d’autre part et si un pro­blème ou un dif­fé­rend vient à écla­ter, il ap­par­tient à la jus­tice de le tran­cher.

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