Dix ans d’em­pri­son­ne­ment re­quis contre l’ex-«braqueur des stars»

Le Temps (Tunisia) - - Faits De Societe -

Il est «ce­lui qui pré­voit, qui conçoit, qui a le pou­voir». L’avo­cate gé­né­rale a re­quis dix ans d’em­pri­son­ne­ment mar­di à l’en­contre de Red­da Bou­gha­nem, le «cer­veau» pré­su­mé d’une af­faire d’ex­tor­sion et sé­ques­tra­tion en bande or­ga­ni­sée ju­gée de­vant les as­sises de Pa­ris.

A l’is­sue de huit jours de pro­cès, Syl­vie Ka­cha­ner a dé­si­gné l’ex-»braqueur des stars» comme l’homme qui «tire les fi­celles, qui a le pou­voir et la puissance». Un pou­voir, a-t-elle dit, qui lui a per­mis de pré­pa­rer cette af­faire re­mon­tant à 2012 alors qu’il était in­car­cé­ré, avant de s’éva­der la veille des faits. Pour cette éva­sion à l’oc­ca­sion d’un tour­noi d’échecs, l’avo­cate gé­né­rale a re­quis un an de pri­son. Elle s’est aus­si dit convain­cue du «pou­voir» de Bou­gha­nem «sur les per­sonnes», par­lant de l’»em­prise» qu’il a pu exer­cer sur ses com­plices. Pour les six aco­lytes qui com­pa­raissent aux cô­tés de Bou­gha­nem, l’avo­cate gé­né­rale a ré­cla­mé des peines al­lant de 18 mois d’em­pri­son­ne­ment as­sor­tis d’un sur­sis avec mise à l’épreuve, à sept ans de pri­son. L’af­faire re­monte au 10 octobre 2012. Red­da Bou­gha­nem ap­pâte des «clients» dans une chambre de l’hô­tel 4 étoiles Con­corde Mont­par­nasse à Pa­ris, en leur fai­sant mi­roi­ter une car­gai­son de smart­phones der­nier cri à prix cas­sés. Les vic­times sont li­go­tées et bra­quées. Red­da Bou­gha­nem a ré­vé­lé lors de son pro­cès qu’il connais­sait ses vic­times, des «voyous» eux aus­si, à qui il avait confié son ar­gent, mais qui l’avaient «ber­né». Bou­gha­nem af­firme que ces hommes ne savent pas qu’il est au cou­rant que son ar­gent a dis­pa­ru, et qu’il a mon­té ce coup pour ré­cu­pé­rer son bien, 300.000 eu­ros se­lon lui. «Une forme de ven­geance, il ne s’en cache pas», se­lon l’avo­cate gé­né­rale, et une ar­naque entre ar­na­queurs qui n’au­rait sans doute ja­mais été ré­vé­lée au grand jour sans la pré­sence d’un in­vi­té sur­prise le jour des faits. Char­ly Am­sel­lem, un com­mer­çant is­raé­lien à l’af­fût de bonnes af­faires, a en ef­fet eu vent de la vente de smart­phones par un contact, et se montre in­té­res­sé. Dans la chambre de l’hô­tel Con­corde Mont­par­nasse, il se­ra me­na­cé d’un cou­teau de cui­sine et d’un pis­to­let, li­go­té, et for­cé de re­vê­tir un gi­let ex­plo­sif qui se ré­vé­le­ra fac­tice.

C’est son ré­cit à la po­lice, confir­mé en par­tie par la vi­déo­sur­veillance de l’hô­tel, qui a per­mis de dé­cou­vrir l’ar­naque.

Dans son ré­qui­si­toire, l’avo­cate gé­né­rale a no­té la ra­re­té, dans un pro­cès en as­sises, de l’ab­sence de par­tie ci­vile, et plus lar­ge­ment de vic­times, une «ano­ma­lie». Mais les pro­pos de Bou­gha­nem se­lon qui les vic­times n’en étaient pas vraiment n’en res­tent pas moins «in­dé­cents», se­lon elle.

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