Wa­shing­ton et Mos­cou s’in­quiètent de l’après-ka­ri­mov

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

En vi­site à Sa­mar­kand, hier, Vla­di­mir Pou­tine a lais­sé en­tendre qu’il pri­vi­lé­giait la pour­suite de la po­li­tique au­to­ri­taire me­née par le dé­funt président, en vingt­cinq ans de pou­voir. Le président russe Vla­di­mir Pou­tine a fait une halte jeu­di à Sa­mar­kand, où re­pose la dé­pouille du président ouz­bek, of­fi­ciel­le­ment dé­cé­dé le 2 sep­tembre après une hé­mor­ra­gie cé­ré­brale. Signe que les grandes puis­sances ac­cordent à la sta­bi­li­té de cette ré­pu­blique mu­sul­mane d’asie cen­trale ex-so­vié­tique, la plus peu­plée de la ré­gion, sa vi­site a été pré­cé­dée par la ren­contre d’un haut di­plo­mate amé­ri­cain res­pon­sable de l’asie cen­trale, Da­niel Ro­sem­blum avec le mi­nistre ouz­bek des Af­faires étran­gères, Ab­dou­la­ziz Ka­mi­lov. «Nous es­pé­rons que tout ce qu’a en­tre­pris Is­lam Ka­ri­mov au­ra une suite» a dé­cla­ré le chef du Krem­lin, lais­sant en­tendre qu’il pri­vi­lé­giait la pour­suite de la po­li­tique au­to­ri­taire me­née par le dé­funt en vingt-cinq ans de pou­voir. «En ces temps dif­fi­ciles», ce der­nier est un «vrai ami», l’a re­mer­cié le pre­mier mi­nistre ouz­bek, Chav­kat Mir­zioïev, qui semble faire fi­gure de fa­vo­ri dans la course à la suc­ces­sion. Dé­jà res­pon­sable de la Com­mis­sion char­gée des fu­né­railles de Ka­ri­mov, le chef du gou­ver­ne­ment a une ré­pu­ta­tion d’homme bru­tal qui a long­temps eu la haute main sur l’ex­ploi­ta­tion du co­ton, dont la ré­colte fait ap­pel à une maind’oeuvre for­cée. Il est vu par cer­tains ana­lystes comme la créa­ture du puis­sant chef de la sé­cu­ri­té, Rous­tam Inoya­tov, éga­le­ment ci­té pour la suc­ces­sion, tout comme l’ac­tuel mi­nistre des Fi­nances, Rous­tam Azi­mov. Une élec­tion pré­si­den­tielle se tien­dra dans un dé­lai de trois mois du­rant le­quel le président du Sé­nat as­sure l’in­té­rim, en ver­tu de la cons­ti­tu­tion.

«Nous sa­vons très bien qu’un chan­ge­ment de lea­der­ship est tou­jours dif­fi­cile. Nous sa­vons aus­si que ces tran­si­tions four­nissent une op­por­tu­ni­té pour dé­fi­nir des ma­nières de s’adap­ter et de croître plus for­te­ment», a dé­cla­ré pour sa part Da­niel Ro­sen­blum, poin­tant la né­ces­si­té de ré­formes. Pour au­tant, au­cun ex­pert n’at­tend une dé­mo­cra­ti­sa­tion du pays dont l’une des prin­ci­pales mis­sions qui lui est as­si­gnée est de contrer la me­nace de l’is­la­misme ra­di­cal, is­sue tant du Tad­ji­kis­tan voi­sin, avec le­quel les re­la­tions res­tent ten­dues, que de l’af­gha­nis­tan.

Ta­chkent, pour sa part, a tou­jours pris soin de main­te­nir à équi­dis­tance ses puis­sants par­rains - y com­pris la Chine dont l’in­fluence de­vient pré­do­mi­nante en Asie cen­trale. «La Rus­sie s’at­tri­bue plus d’in­fluence en Ouzbékistan qu’elle n’en a réel­le­ment. En réa­li­té, le pro­ces­sus de suc­ces­sion res­te­ra es­sen­tiel­le­ment une af­faire in­terne», pré­dit le spé­cia­liste de l’asie cen­trale à la fondation Car­ne­gie, Paul Strons­ki.

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