Le président sor­tant de­vrait ré­pondre de trop d’ir­ré­gu­la­ri­tés !

Le Temps (Tunisia) - - Sports - Nou­red­dine .H

L’as­sem­blée gé­né­rale élec­tive de la Fé­dé­ra­tion Tu­ni­sienne des Echecs (FTE) a été, fi­na­le­ment, fixée au 1er octobre 2016, soit après six mois pas­sés par le bu­reau sor­tant ac­tuel dans l’illé­ga­li­té dans la me­sure où le man­dat du bu­reau pré­si­dé par Yos­ri Da­ly s’est ache­vé de­puis le 8 avril 2016.

Il faut dire que de­puis quelque temps, dé­jà, le­dit président de la FTE mul­ti­plie les en­torses. En ef­fet, après avoir re­fu­sé la te­nue dans les dé­lais pré­vus de L’AG élec­tive, il a tout fait pour pro­lon­ger son man­dat d’une ma­nière ar­bi­traire jus­qu’à 2018 avant de s’in­cli­ner de­vant l’évi­dence des lois. Le même Yos­ri Da­ly a sanc­tion­né les grands joueurs et les grands clubs (14) parce qu’ils avaient si­gné une pé­ti­tion contre ses com­por­te­ments et son man­dat illé­gal.

Le der­nier abus en date est ce­lui d’avoir fait pas­ser les rè­gle­ments de comptes per­son­nels avant l’in­té­rêt na­tio­nal et le dra­peau tu­ni­sien puis­qu’en dé­pit de l’avis du staff tech­nique, M. Da­ly a fait en­voyer aux Olym­piades qui se dé­roulent ac­tuel­le­ment à Ba­kou en Azer­baïd­jan, une équipe trop faible ayant une moyenne Elo de 2049 alors que les cinq joueurs ti­tu­laires de l’equipe na­tio­nale ont été lais­sés sur la banc à Tu­nis mal­gré leur moyenne Elo de 2351, soit une dif­fé­rence de 300 points !

A no­ter que l’au­to­ri­té de tu­telle était au cou­rant de cette ano­ma­lie puis­qu’une cor­res­pon­dance dans ce sens a été adres­sée par le di­rec­teur et le conseiller tech­niques au mi­nis­tère de la Jeu­nesse et des Sports, mais des di­rec­teurs au sein du­dit dé­par­te­ment semblent ap­por­ter leur sou­tien au président sor­tant. Autre point aus­si grave qu’im­por­tant. M. Yos­ri Da­ly, an­cien cadre sé­cu­ri­taire, mis à la re­trai­té for­cée par me­sure dis­ci­pli­naire, a été en­ten­du par le juge d’ins­truc­tion le 7 mai 2015 avant d’être dé­fé­ré de­vant la Chambre cor­rec­tion­nelle en état de li­ber­té pour pro­pa­ga­tion de fausses nou­velles de na­ture à trou­bler l’ordre pu­blic, et ce en ap­por­tant, sur les an­tennes d’une chaîne de té­lé­vi­sion, un dé­men­ti aux in­for­ma­tions of­fi­cielles à pro­pos de la mort du ter­ro­riste très dan­ge­reux Lok­man Abou Sa­khr.

Or, tant que le pro­cès ne s’est pas dé­rou­lé, l’ac­cu­sé est, au­to­ma­ti­que­ment et lo­gi­que­ment, in­ter­dit de voya­ger. Ce qui ex­plique sont ab­sence à la tête de la dé­lé­ga­tion de la FTE aux Olym­piades et au Con­grès de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale des échecs (FIDE).

La ques­tion qui se pose : est-ce lé­gal qu’une per­sonne ayant un pro­cès en cours puisse res­ter à la tête d’un or­ga­nisme na­tio­nal of­fi­ciel ? Le mi­nis­tère est-il au cou­rant de cette af­faire ? Yos­ri Da­ly et les autres membres du bu­reau fédéral ont-ils ca­ché cette vé­ri­té au mi­nis­tère de tu­telle et au Co­mi­té olym­pique ? Si c’est le cas, ont-ils le droit de se re­pré­sen­ter pour un nou­veau man­dat à la FTE ? Autre chose, M. Da­ly, en sa qua­li­té de tête de liste aux der­nières élec­tions lé­gis­la­tives, a-t-il rem­bour­sé les sub­ven­tions qu’il avait re­çues de l’etat comme le sti­pule la loi dans le sens où sa liste avait ré­col­té o,….%. M. Da­ly de­vrait ré­pondre à trop de points d’in­ter­ro­ga­tions et à trop d’ir­ré­gu­la­ri­tés com­mises avec la sen­sa­tion qu’il agis­sait comme s’il était sûr de l’im­pu­ni­té. Avec l’avè­ne­ment d’un nou­veau staff à la tête du dé­par­te­ment de la Jeu­nesse et des Sports, on es­père que les dos­siers de cette Fé­dé­ra­tion du noble sport de l’es­prit soient dé­pous­sié­rés et ou­verts d’une ma­nière sé­rieuse et ob­jec­tive avant même la te­nue de l’as­sem­blée gé­né­rale élec­tive.

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