Bon dé­part… Comment se­ra l’ar­ri­vée ?!

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Nou­red­dine HLAOUI

Pas­sés les caps des drames sur­ve­nus à Kas­se­rine et à Ben Guer­dane, pour ne ci­ter que les deux plus im­por­tants évé­ne­ments mar­quant son avè­ne­ment au Pa­lais de La Kas­bah, Yous­sef Cha­hed et son gou­ver­ne­ment se penchent, dé­sor­mais sur les dos­siers brû­lants. Et Dieu seul sait com­bien ils sont nom­breux !

Le pre­mier fait à re­le­ver ré­side dans cette in­for­ma­tion fai­sant état de lettres adres­sées par le chef du gou­ver­ne­ment d'union na­tio­nale à ses di­vers mi­nistres et se­cré­taires d'etat leur ex­po­sant, avec force dé­tails, la mé­thode de tra­vail à suivre et leur re­com­man­dant vi­ve­ment la ma­nière la mieux in­di­quée pour gé­rer les af­faires d'ordre ad­mi­nis­tra­tif dans chaque dé­par­te­ment mi­nis­té­riel. Cette mé­tho­do­lo­gie s'ins­pire, croyons-nous sa­voir, du conte­nu de l'ac­cord de Car­thage tout en ac­cor­dant à chaque équipe mi­nis­té­rielle les pré­ro­ga­tives adé­quates pour me­ner sa mis­sion à bon port.

Pas­sés les caps des drames sur­ve­nus à Kas­se­rine et à Ben Guer­dane, pour ne ci­ter que les deux plus im­por­tants évé­ne­ments mar­quant son avè­ne­ment au Pa­lais de La Kas­bah, Yous­sef Cha­hed et son gou­ver­ne­ment se penchent, dé­sor­mais sur les dos­siers brû­lants. Et Dieu seul sait com­bien ils sont nom­breux !

Le pre­mier fait à re­le­ver ré­side dans cette in­for­ma­tion fai­sant état de lettres adres­sées par le chef du gou­ver­ne­ment d’union na­tio­nale à ses di­vers mi­nistres et se­cré­taires d’etat leur ex­po­sant, avec force dé­tails, la mé­thode de tra­vail à suivre et leur re­com­man­dant vi­ve­ment la ma­nière la mieux in­di­quée pour gé­rer les af­faires d’ordre ad­mi­nis­tra­tif dans chaque dé­par­te­ment mi­nis­té­riel. Cette mé­tho­do­lo­gie s’ins­pire, croyons-nous sa­voir, du conte­nu de l’ac­cord de Car­thage tout en ac­cor­dant à chaque équipe mi­nis­té­rielle les pré­ro­ga­tives adé­quates pour me­ner sa mis­sion à bon port. Ce­ci consti­tue une nou­veau­té en soi et, en­core, un nou­veau bon point à l’ac­tif de Yous­sef Cha­hed qui croit en l’adage consis­tant à « battre le fer tant qu’il est chaud ». A ce pro­pos et pour rendre à Cé­sar ce qui lui ap­par­tient, il est bon de sou­li­gner deux dé­ci­sions prises, en­core une fois, en un temps re­cord. Tout d’abord, Sa­leh Am­ri, di­rec­teur de l’hô­pi­tal ré­gio­nal de Kas­se­rine, a été dé­mis, hier ma­tin, de ses fonc­tions pour être dé­si­gné en qua­li­té de di­rec­teur de la for­ma­tion au gou­ver­no­rat de Mo­nas­tir. Bon à si­gna­ler que ce chan­ge­ment de fonc­tion vient suite au dou­lou­reux ac­ci­dent de Khe­mou­da à Kas­se­rine qui a eu lieu la se­maine der­nière et qui a le­vé le voile sur les mul­tiples dé­faillances et autres la­cunes consta­tées au­dit hô­pi­tal où il a été rem­pla­cé par Adel Saï­di.

Le se­cond fait saillant a consis­té en la dé­ci­sion prise parle gou­ver­ne­ment, hier ma­tin du mer­cre­di 7 sep­tembre, de trans­mettre le dos­sier de Hizb Et­tah­rir à la jus­tice mi­li­taire Une source ju­di­ciaire nous a in­di­qué que cette dé­ci­sion s’ex­plique par le fait que le­dit par­ti sa­la­fiste avait lan­cé un ap­pel aux mi­li­taires et aux sé­cu­ri­taires pour le « ji­had », ce qui a été consi­dé­ré comme étant une in­ci­ta­tion à la ré­bel­lion. Sans comp­ter, bien en­ten­du, ses ap­pels à « cou­per les têtes et les jambes » pa­rus dans un de ses ré­cents com­mu­ni­qués of­fi­ciels avant de se ré­trac­ter et dire qu’il s’agit d’ap­pels sor­tis de leur contexte dans la me­sure où il fal­lait les prendre, plu­tôt, au sens fi­gu­ré.

Cer­tains di­ront, pour ce cas bien pré­cis, que le chef du gou­ver­ne­ment a ré­agi après que le pré­sident de la Ré­pu­blique ait dé­non­cé pu­bli­que­ment les pro­pos du par­ti re­li­gieux et ait ap­pe­lé, ex­pres­sé­ment, à se pen­cher de plus près sur ce cas. Il n’en de­meure pas moins que M. Cha­hed a pris les me­sures qui s’im­posent à la vi­tesse maxi­male. Et c’est ce qui compte le plus…

Sur le plan éco­no­mique, autre vo­let prio­ri­taire et à ca­rac­tère urgent, nous croyons sa­voir qu’un large pa­nel de chefs de grands groupes in­dus­triels au­ront une im­por­tante prise de con­tact avec le chef du gou­ver­ne­ment, sa­me­di pro­chain. Et ce qui est bon et im­por­tant à mettre en re­lief est que l’ini­tia­tive d’une pa­reille ren­contre est ve­nue de M. Cha­hed qui vou­drait les écou­ter et prendre connais­sance de leurs pré­oc­cu­pa­tions et des dif­fi­cul­tés qu’ils ren­contrent, no­tam­ment en ma­tière d’in­ves­tis­se­ment, de créa­tion de postes d’em­ploi et d’ex­por­ta­tion.

Et tout laisse en­tendre qu’il ne s’agi­ra point d’une réu­nion de rou­tine pour ex­po­ser les plaintes et les com­plaintes sans au­cun len­de­main, mais ce se­ra une séance de tra­vail en bonne et due forme, pour faire un état des lieux et prendre, d’ores et dé­jà des op­tions et des en­ga­ge­ments fermes, voire car­ré­ment des dé­ci­sions im­mé­diates…

Il faut dire que cette ren­contre vient à point nom­mé à la veille de la Con­fé­rence in­ter­na­tio­nale sur l’in­ves­tis­se­ment qui se tien­dra les 28 et 29 no­vembre 2016. C’est-à-dire, de­main ! D’autre part et dans le même ordre d’idées, nous ap­pre­nons que la dé­ci­sion a été, dé­jà, prise concer­nant les co-com­mis­saires gé­né­raux de cette Con­fé­rence in­ter­na­tio­nale. Il s’agit de deux jeunes brillants fi­nan­ciers is­sus du sec­teur pri­vé, opé­rant l’un en Tu­ni­sie, Mou­rad Fra­di, et le se­cond à Londres, Ha­zem Ben­ga­cem. Qu’on en juge… Le pre­mier, M. Fra­di, 46 ans, est ex­pert­comp­table, com­mis­saire aux comptes et co­fon­da­teurs de Ma­zars Tu­ni­sie. Consul­tant en in­ves­tis­se­ments ex­té­rieur, il est éga­le­ment pré­sident de la Chambre de Com­merce tu­ni­so-ita­lienne. Le se­cond, Ben-ga­cem, 46 ans, aus­si, di­plô­mé de Har­vard, est Co-head of Cor­po­rate In­vest­ment for Tech­no­lo­gy et Head of Cor­po­rate In­vest­ments in Eu­rope at In­vest­corp Bank B.S.C. D’ailleurs, opé­ra­tion­nels dès au­jourd’hui, ces deux ex­perts de­vraient par­ti­ci­per à la réu­nion que tien­dra au su­jet de la Con­fé­rence le chef du gou­ver­ne­ment avec, no­tam­ment, le mi­nistre du Dé­ve­lop­pe­ment, de l’in­ves­tis­se­ment et de la Co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale, Fadhel Ab­del­ké­fi. Comme on le constate, me­nant de mul­tiples ac­tions sur plu­sieurs fronts, à la fois, Yous­sef Cha­hed est en train de mon­trer du cran et de la cé­lé­ri­té en agis­sant au quart de tour, comme on dit. Reste main­te­nant ce vo­let de la con­tre­bande et de la cor­rup­tion qui tient à coeur tous les ci­toyens tu­ni­siens, im­pa­tients, là aus­si, de voir des dé­ci­sions concrètes et, sur­tout, la « prise de gros pois­sons » ou, du moins, la di­vul­ga­tion de l’iden­ti­té de cer­tains d’entre eux. Iyad Dah­ma­ni, qui en a par­lé, est res­té dans les gé­né­ra­li­tés et des don­nées vagues alors que s’agis­sant de Ha­bib Es­sid, il a abon­dé en dé­tails pour dire que ; sciem­ment ou non, l’an­cien chef du gou­ver­ne­ment n’avait pas don­né toute la vé­ri­té sur les chiffres tou­chant au dé­fi­cit bud­gé­taire et au taux d’en­det­te­ment.

D’ailleurs, on ouvre une pa­ren­thèse ici pour sug­gé­rer à M. Cha­hed à ce qu’il donne des consignes aux membres de son gou­ver­ne­ment de ré­duire au maxi­mum leurs ap­pa­ri­tions mé­dia­tiques sauf si c’est pour don­ner des in­fos concrètes ou faire des an­nonces. Mais les pas­sages, juste pour se mon­trer et faire des ana­lyses ou en­core cri­ti­quer au­trui, dont no­tam­ment, leurs pré­dé­ces­seurs, on n’en a cure !

Pour re­ve­nir à ce vo­let de la cor­rup­tion et ses ba­rons, on se rap­pelle les pro­pos te­nus, de­puis quelque temps dé­jà, par Me Chaw­ki Ta­bib as­su­rant « qu’il a y une ma­fia de la cor­rup­tion dont les chefs sont connus », mais sans ja­mais don­ner des noms. Pas plus tard qu’hier, Imed Daï­mi, dé­pu­té d’al Ha­rak à l’as­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple, com­pare la confron­ta­tion entre l’etat et les contre­ban­diers à un « der­by » tout en af­fir­mant que 90 du vo­lume de la con­tre­bande passe par le port de Ra­dès. Ce qui sup­pose qu’il en connaît trop sur le phé­no­mène, mais sans don­ner de pré­ci­sions pal­pables. Un autre dé­pu­té in­dé­pen­dant, Ta­her Fd­hil, a dé­cla­ré, hier, que « l’etat connaît bien les ba­rons de la con­tre­bande ». Ni plus, ni moins. Il a af­fir­mé, néan­moins, que le gou­ver­ne­ment de Yous­sef Cha­hed s’est en­ga­gé à com­battre ce fléau de la cor­rup­tion et qu’il es­père, vi­ve­ment, que toutes ces pro­messes soient te­nues. Ain­si et en tout état de cause, Yous­sef Cha­hed et son équipe tra­vaillent d’ar­rache-pied avec l’ef­fi­ca­ci­té re­quise. Mais en­core une fois, les Tu­ni­siens en ont marre de cet « Etat pa­ral­lèle », re­pré­sen­té par les contre­ban­diers et les ba­rons de la cor­rup­tion, qui nargue l’etat of­fi­ciel. Et le jour où ce der­nier prend le des­sus et met à nu les membres lea­ders du pre­mier, on pour­ra dire que M. Cha­hed est en passe de ga­gner son pa­ri !...

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