Un plan de tran­si­tion en trois étapes de l’op­po­si­tion de­vant abou­tir au dé­part de Ba­char

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

L’op­po­si­tion sy­rienne a dé­voi­lé hier à Londres un plan de tran­si­tion po­li­tique pré­voyant une phase de né­go­cia­tions avec le ré­gime ac­tuel as­sor­tie d’une trêve, et de­vant abou­tir au «dé­part» du pré­sident Ba­char al-as­sad et à de nou­velles élec­tions.

Ce plan, en trois étapes, a été pré­sen­té par le Haut co­mi­té des né­go­cia­tions (HCN), qui ras­semble les prin­ci­paux re­pré­sen­tants de l’op­po­si­tion et de la ré­bel­lion sy­riennes, avant des pour­par­lers or­ga­ni­sés dans la jour­née dans la ca­pi­tale bri­tan­nique. Par­mi les par­ti­ci­pants aux pour­par­lers fi­gurent no­tam­ment les chefs de la di­plo­ma­tie du Royaume-uni, de la Tur­quie, de l’ara­bie saou­dite, du Qa­tar, de l’ita­lie, de l’union eu­ro­péenne et de la France, tan­dis que le chef de la di­plo­ma­tie amé­ri­caine de­vait in­ter­ve­nir par vi­sio­con­fé­rence. L’al­le­magne est éga­le­ment re­pré­sen­tée.

Cette réu­nion doit per­mettre de «pré­pa­rer, conso­li­der une po­si­tion com­mune et la faire va­loir aux Etats-unis (...) alors qu’il y a des ru­meurs per­sis­tantes sur la conclu­sion d’un ac­cord rus­so-amé­ri­cain», a ex­pli­qué une source di­plo­ma­tique fran­çaise. Un ac­cord entre Mos­cou et Wa­shing­ton sur une ces­sa­tion si­gni­fi­ca­tive des hos­ti­li­tés était at­ten­du au som­met du G20 qui s’est ache­vé lun­di en Chine, mais les Etats-unis ont ad­mis que ce­lui-ci ne pour­rait être an­non­cé dans l’im­mé­diat. «La Sy­rie veut voir Ba­char par­tir. Si Ba­char part, les com­bats vont-ils se pour­suivre? non!», a dé­cla­ré Riad Hi­jab, co­or­don­na­teur du HCN. La pre­mière étape du projet pré­sen­té hier ma­tin par l’op­po­si­tion sy­rienne pré­voit une phase de six mois lors de Riad Hi­jab co­or­don­na­teur du Haut co­mi­té des né­go­cia­tions (HCN) pour la Sy­rie lors d’un som­met à Londres la­quelle «les deux par­ties né­go­cia­trices de­vront s’en­ga­ger à res­pec­ter une trêve pro­vi­soire», se­lon un do­cu­ment pu­blié par le HCN, qui pro­pose éga­le­ment un re­tour des mil­lions de per­sonnes dé­pla­cées par le conflit et des ré­fu­giés. La deuxième étape, longue de 18 mois, ver­rait en­suite la Sy­rie di­ri­gée par un gou­ver­ne­ment de tran­si­tion, dont la mise en place né­ces­si­te­rait «le dé­part de Ba­char al-as­sad et de sa clique», ex­plique le projet. La troi­sième et der­nière étape per­met­trait en­fin de conso­li­der les chan­ge­ments via des «élec­tions lo­cales, lé­gis­la­tives et pré­si­den­tielle» or­ga­ni­sées «sous la su­per­vi­sion et avec le sou­tien tech­nique des Na­tions unies». Ce plan re­prend des élé­ments de la feuille de route éta­blie en no­vembre 2015 par les grandes puis­sances à Vienne, qui ne ré­glait tou­te­fois pas la ques­tion du sort du pré­sident As­sad. Sa pré­sen­ta­tion in­ter­vient alors que l’op­po­si­tion perd du ter­rain sur de mul­tiples fronts en Sy­rie. Le mi­nistre des Af­faires étran­gères saou­dien Adel al­ju­beir a es­ti­mé sur la BBC que ce projet consti­tuait un «pas en avant», et of­frait une «vi­sion pour la Sy­rie: ce que la Sy­rie de­vrait être, en in­cluant tout le monde». Le chef de la di­plo­ma­tie bri­tan­nique Bo­ris John­son a sou­li­gné de son cô­té que le plan de l’op­po­si­tion ne vi­sait pas à ba­layer la struc­ture éta­tique: «Ce­la a été (une des) er­reurs en Irak, et ce­la ne doit pas se re­pro­duire», dit-il dans le quo­ti­dien Times.

Le chef de la di­plo­ma­tie bri­tan­nique a lui aus­si ré­cla­mé le dé­part du pré­sident sy­rien, af­fir­mant qu’il se­rait pos­sible d’évi­ter le chaos qui a sui­vi l’évic­tion du pré­sident ira­kien Sad­dam Hus­sein en 2003. «Pour­quoi la même chose de­vrait-elle se re­pro­duire? As­sad n’est pas un homme fort mais un lea­der à la fois faible et ter­ri­fiant», écrit Bo­ris John­son. L’an­cien maire de Londres a par ailleurs cri­ti­qué la Rus­sie, qui sou­tient le lea­der sy­rien, pour son «at­ti­tude éga­le­ment in­dé­fen­dable». «Les Russes uti­lisent leur force mi­li­taire pour em­pê­cher As­sad de perdre», ac­cuse le mi­nistre conser­va­teur. Le conflit, qui dure de­puis 2011, a fait plus de 290.000 morts et pous­sé des mil­lions de per­sonnes hors de chez elles.

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