Trois ans de pri­son ferme et 5 ans d’in­éli­gi­bi­li­té re­quis contre Jé­rôme Ca­hu­zac

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Après sept jours d’au­dience, dans un pro­cès qui a dé­bu­té le 5 sep­tembre, le par­quet a re­quis trois ans de pri­son ferme à l’en­contre de Jé­rôme Ca­hu­zac, as­sor­tis de cinq an­nées d’in­éli­gi­bi­li­té. Pour son épouse, Pa­tri­cia Ca­hu­zac, le ta­rif est de deux ans de pri­son ferme. Il en­cour­rait une peine de sept ans de pri­son et un mil­lion d’eu­ros d’amende. Dans son ré­qui­si­toire, le pro­cu­reur a éva­lué le pa­tri­moine dis­si­mu­lé in fine par le couple à 3,5 mil­lions d’eu­ros : «Les 3,5 mil­lions d’eu­ros ne sont qu’un solde. Le mon­tant des avoirs dis­si­mu­lés pen­dant 20 ans sont beau­coup plus im­por­tants.» Le pro­cu­reur Jean-marc Tou­blanc a es­ti­mé que les Ca­hu­zac «ap­par­tiennent aux plus gros frau­deurs que la jus­tice pé­nale a eu à connaître». Le par­quet a es­ti­mé que Pa­tri­cia Ca­hu­zac avait «sur­pas­sé son ma­ri» dans la fraude mais, contrai­re­ment à son ex-époux, elle n’était pas une «élue» ou une «mi­nistre». «Vous avez por­té une at­teinte consi­dé­rable à la France», a-t-il conclu.

L’an­cien mi­nistre, por­teur d’une loi contre l’éva­sion fis­cale, était ju­gé pour fraude fis­cale et blan­chi­ment, ain­si que pour avoir mi­no­ré sa dé­cla­ra­tion de pa­tri­moine en en­trant au gou­ver­ne­ment en 2012. Du­rant ces jour­nées d’au­diences, les an­nées de men­songe du couple Ca­hu­zac au fisc ont été ré­vé­lées, au tra­vers de mon­tages tou­jours plus so­phis­ti­qués sur des comptes en Suisse, à Sin­ga­pour ou sur l’île de Man. Un pro­cès au cours du­quel Jé­rôme Ca­hu­zac a éga­le­ment mis sur le dos de la Ro­car­die l’ori­gine de son tout pre­mier compte illé­gal en Suisse en 1992. «Ce compte, c’est du fi­nan­ce­ment d’ac­ti­vi­tés po­li­tiques pour un homme dont j’es­pé­rais qu’il au­rait un des­tin po­li­tique na­tio­nal», a-t-il dé­cla­ré, fai­sant éga­le­ment pe­ser de lourds soup­çons sur l’iden­ti­té des - et sur­tout d’un - ex-ro­car­dien dans la com­bine. Jus­qu’au bout, Ca­hu­zac a mé­na­gé ses ef­fets. Pre­nant la pa­role mar­di après-mi­di, il a af­fir­mé n’avoir «pas men­ti au pré­sident les yeux dans les yeux» car Fran­çois Hol­lande ne lui avait «ja­mais de­man­dé» s’il avait «oui ou non un compte à l’étran­ger». L’ely­sée a dé­men­ti.

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