Co­lin Po­well ne porte pas Do­nald Trump dans son coeur

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Pré­si­den­tielle amé­ri­caine

Co­lin Po­well, le gé­né­ral quatre étoiles qui a ser­vi sous trois pré­si­dents ré­pu­bli­cains, ne sup­porte pas Do­nald Trump. Au propre comme au fi­gu­ré. En oc­tobre 2015, il cri­ti­quait les po­si­tions du can­di­dat sur l’im­mi­gra­tion (à 17 min 30 dans la vi­déo). En mars 2016, il es­ti­mait que la pri­maire ré­pu­bli­caine se « rou­lait dans la boue ». A cin­quante-cinq jours de l’élec­tion, il n’a pas en­core ap­por­té son sou­tien à l’un des deux can­di­dats. En 2008 et en 2012, il a vo­té pour Ba­rack Oba­ma. Le site Buzz­feed a ren­du pu­blic, hier, des cour­riers élec­tro­niques de l’an­cien se­cré­taire d’etat de George W. Bush (2001-2005). Dans sa cor­res­pon­dance, il se montre très cri­tique à l’en­contre de Do­nald Trump. Dans un cour­riel du 17 juin, il qua­li­fie le can­di­dat du Par­ti ré­pu­bli­cain de « honte na­tio­nale » et de « pa­ria in­ter­na­tio­nal ». Il ajoute que le can­di­dat ré­pu­bli­cain est « en train de s'au­to­dé­truire, que les dé­mo­crates n'ont pas be­soin de l'at­ta­quer ». Le 21 août, M. Po­well s’en prend no­tam­ment au na­ti­visme, un cou­rant po­li­tique qua­li­fié de « ra­ciste » que M. Trump a ren­for­cé en sous-en­ten­dant que Ba­rack Oba­ma avait men­ti sur son lieu de nais­sance. Co­lin Po­well a in­di­qué à Buzz­feed News qu’il n’a pas de com­men­taire sup­plé­men­taire à faire sur le su­jet, mais qu’il ne nie pas ses pro­pos. A pro­pos de l’at­taque de Ben­gha­zi, en Li­bye – pen­dant la­quelle l’am­bas­sa­deur amé­ri­cain J. Ch­ris­to­pher Ste­vens a été tué –, l’an­cien se­cré­taire d’etat écrit, en dé­cembre 2015, à l’an­cienne se­cré­taire d’etat, Con­do­leez­za Rice, qu’il voit dans la sé­rie d’en­quêtes lan­cées par le Con­grès une « chasse aux sor­cières stu­pide ».

Il évoque la res­pon­sa­bi­li­té de l’am­bas­sa­deur, qui pen­sait que les Li­byens l’ai­maient et qu’il était en sé­cu­ri­té dans le consu­lat, pour­tant vul­né­rable. Ce­pen­dant, il n’exo­nère pas Hilla­ry Clin­ton, le sous-se­cré­taire d’etat char­gé du dos­sier, Pa­trick Ken­ne­dy, et l’équipe du dé­par­te­ment d’etat. Dans ces cour­riels, l’an­cien se­cré­taire d’etat cherche à prendre ses dis­tances avec l’af­faire de la mes­sa­ge­rie pri­vée qui plombe la cam­pagne d’hilla­ry Clin­ton, rap­porte de son cô­té Po­li­ti­co. « Je ne lui ai ja­mais conseillé d'avoir un ser­veur de mes­sa­ge­rie pri­vée, lié à la Fon­da­tion Clin­ton, et deux pres­ta­taires ex­té­rieurs », écrit Co­lin Po­well le 4 fé­vrier à Ken­neth Du­ber­stein, l’an­cien chef de ca­bi­net de Ro­nald Rea­gan (1988-1989). Les pré­dé­ces­seurs ré­pu­bli­cains d’hilla­ry Clin­ton, Co­lin Po­well et Con­do­leez­za Rice, avaient aus­si des ser­veurs de mes­sa­ge­rie pri­vée, rap­por­tait en fé­vrier Eli­jah Cum­mings, un élu du Con­grès. Ces e-mails font par­tie d’une sé­rie de do­cu­ments dé­voi­lés par DC Leaks, un site qui, comme la page Guc­ci­fer 2.0, pu­blie des do­cu­ments pour ten­ter d’in­fluer sur le ré­sul­tat de l’élec­tion pré­si­den­tielle. Le Par­ti dé­mo­crate a af­fir­mé, mar­di 13 sep­tembre, avoir été de nou­veau vic­time d’un pi­ra­tage in­for­ma­tique. Un lien vers des do­cu­ments dé­ro­bés a été pu­blié sur le compte Twit­ter de Wi­ki­leaks et at­tri­bué au pi­rate Guc­ci­fer 2.0, alors qu’une per­sonne in­ter­ve­nait au nom de ce der­nier, le même jour, à Londres, lors d’une con­fé­rence sur la sé­cu­ri­té in­for­ma­tique, rap­porte Po­li­ti­co. Wi­ki­leaks a dé­jà pu­blié en juillet une sé­rie de cour­riels in­ternes au DNC mon­trant que les di­ri­geants du Par­ti dé­mo­crate pré­fé­raient une vic­toire d’hilla­ry Clin­ton sur Ber­nie San­ders dans la course à l’in­ves­ti­ture pour la pré­si­den­tielle. La pré­si­dente du DNC, Deb­bie Was­ser­man Schultz, a dé­mis­sion­né à la suite de cette fuite. Même si la Rus­sie est soup­çon­née d’être à l’ori­gine du pi­ra­tage de ser­veurs du Par­ti dé­mo­crate et de la pu­bli­ca­tion d’e-mails em­bar­ras­sants pour Hilla­ry Clin­ton avant la con­ven­tion du Par­ti, fin juillet, James Co­mey, le di­rec­teur du FBI, se garde bien de le men­tion­ner. L’équipe d’hilla­ry Clin­ton et le Par­ti dé­mo­crate craignent la pu­bli­ca­tion, par Wi­ki­leaks ou des pi­rates in­for­ma­tiques, d’autres in­for­ma­tions po­ten­tiel­le­ment em­bar­ras­santes avant le scru­tin du 8 no­vembre.

Co­lin Po­well et Hilla­ry Clin­ton, au dé­par­te­ment d’etat

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