Il est in­ter­dit d’in­ter­dire…

Le Temps (Tunisia) - - La Une - Sa­mia HARRAR

La mon­tagne ac­cou­che­ra-t-elle en­core une fois d'une sou­ris? Comme il est im­pos­sible de le ju­rer sur pa­role, tant que l'in­ter­view n'a pas été dif­fu­sée pour en éva­luer la te­neur, la meilleure fa­çon d'y ré­pondre, c'est de faire jus­te­ment en sorte qu'elle soit dif­fu­sée au grand jour, sans plus tar­der. Ce­la lè­ve­ra toute équi­voque, dans un sens ou dans l'autre d'ailleurs, par­tant du fait qu'au­cune ex­cuse ne peut être re­ce­vable, quant au fait qu'elle puisse avoir été cen­su­rée, du mo­ment qu'il était pré­vu qu'elle passe le mer­cre­di 14 sep­tembre sur At­tas­sia.

La mon­tagne ac­cou­che­ra-t-elle en­core une fois d’une sou­ris? Comme il est im­pos­sible de le ju­rer sur pa­role, tant que l’in­ter­view n’a pas été dif­fu­sée pour en éva­luer la te­neur, la meilleure fa­çon d’y ré­pondre, c’est de faire jus­te­ment en sorte qu’elle soit dif­fu­sée au grand jour, sans plus tar­der. Ce­la lè­ve­ra toute équi­voque, dans un sens ou dans l’autre d’ailleurs, par­tant du fait qu’au­cune ex­cuse ne peut être re­ce­vable, quant au fait qu’elle puisse avoir été cen­su­rée, du mo­ment qu’il était pré­vu qu’elle passe le mer­cre­di 14 sep­tembre sur At­tas­sia. Sauf qu’il pa­raît que la chaîne, di­ri­gée par Moez Ben Ghar­bia, au­rait su­bi des pres­sions ve­nant de « haut lieu », pour en em­pê­cher la dif­fu­sion, car les pro­pos, pas pi­qués des han­ne­tons, ain­si que les ré­vé­la­tions qui y au­raient été faites se­raient de na­ture ex­plo­sive. De quoi faire peur à cer­taines per­son­na­li­tés, très en vue sur l’échi­quier po­li­tique du mo­ment, cer­tains « posts » sug­gé­rant même que la pré­si­dence de la Ré­pu­blique en se­rait la pre­mière af­fec­tée.

Ce­ci ex­pli­quant ce­la, se­lon les ex­pec­ta­tives de tous ceux qui dé­plorent, à rai­son d’ailleurs, qu’on en soit en­core à user au­jourd’hui, des mêmes pro­cé­dés dé­gra­dants d’avant, du temps de la dic­ta­ture dé­cla­rée, ou pseu­do-mas­quée d’ailleurs, pour mu­se­ler les mé­dias, leur im­po­sant des lignes rouges que nul n’est cen­sé fran­chir, s’il ne veut pas avoir à en pâ­tir. Mais c’était hier. Bien avant la ré­vo­lu­tion, ou « prin­temps », ou ce que vous vou­lez, pour qu’on laisse pas­ser au­jourd’hui sous si­lence, pa­reilles pra­tiques éhon­tées, que l’on croyait ob­so­lètes d’ailleurs, s’il est avé­ré, au bout du compte, que la chaîne « At­tas­sia » au­rait su­bi des pres­sions pour que l’in­ter­view avec l’an­cien pré­sident de la Ré­pu­blique Mon­cef Mar­zou­ki, en­re­gis­trée le 3 sep­tembre, ne puisse pas ap­pa­raître au grand jour. Car, on peut être un sym­pa­thi­sant, ou pas d’ailleurs, voire pas du tout, de Mar­zou­ki, et ne pas ac­cor­der grand cré­dit à ce qu’il peut dire ou ré­vé­ler, mais re­fu­ser tout de même, au nom des prin­cipes de li­ber­té d’ex­pres­sion, et ceux de l’etat de droit, qu’il soit cen­su­ré. Alors s’il y a mal­donne, un « le­ver du ri­deau » qui vien­drait promp­te­ment, et bien à-pro­pos, dis­si­per tous les nuages, se­rait le bien­ve­nu. Car, conti­nuer à culti­ver l’am­bigüi­té au­tour de cette af­faire, se­rait le meilleur moyen d’ap­por­ter de l’eau au mou­lin, de tous ceux qui s’ar­ran­ge­raient bien des re­tom­bées éven­tuelles d’un tel scan­dale, dans un pays cen­sé avoir en­voyé val­din­guer la dic­ta­ture, par-des­sus bord, en fai­sant dé­fi­ni­ti­ve­ment le choix de la dé­mo­cra­tie. Et une dé­mo­cra­tie qui se res­pecte, ne brime pas la li­ber­té d’ex­pres­sion. De n’im­porte quelle fa­çon…

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