La vio­lence à un bas ni­veau, l’aide hu­ma­ni­taire ar­rive

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Le ces­sez-le-feu en vi­gueur de­puis qua­rante-huit heures en Sy­rie, et dont le pro­lon­ge­ment pour qua­rante-huit heures sup­plé­men­taires a été conve­nu par les Etats-unis et la Rus­sie, a per­mis une ré­duc­tion spec­ta­cu­laire du ni­veau de vio­lences sur le ter­rain et, de­puis hier, le dé­but, certes lent, de l’ache­mi­ne­ment de l’aide hu­ma­ni­taire vers une ving­taine de villes.

A la suite de plaintes du se­cré­taire gé­né­ral de L’ONU, Ban Ki-moon, et de l’en­voyé spé­cial de L’ONU pour la Sy­rie, Staf­fan de Mis­tu­ra, à pro­pos des blo­cages des forces sy­riennes, les pre­miers ca­mions rem­plis de nour­ri­ture se sont mis en route. Jan Ege­land, haut res­pon­sable des Na­tions unies, a af­fir­mé en dé­but d’après-mi­di qu’ils avaient « fran­chi la fron­tière » turque et at­ten­daient dans une « zone tam­pon » si­tuée entre la Tur­quie et la Sy­rie. « Ils sont prêts à prendre la route im­mé­dia­te­ment », dit ce même res­pon­sable.

La nour­ri­ture doit être li­vrée à des cen­taines de mil­liers de Sy­riens coin­cés dans les villes as­sié­gées, en grande ma­jo­ri­té par les troupes loya­listes, no­tam­ment la par­tie est d’alep.

Le blo­cage était jus­qu’ici prin­ci­pa­le­ment dû au re­fus du gou­ver­ne­ment sy­rien de ga­ran­tir leur pas­sage sans en­traves des ca­mions, et de sa vo­lon­té de co­or­don­ner le pas­sage de chaque vé­hi­cule. Or, la dé­cla­ra­tion de ces­sez-le-feu si­gnée à Ge­nève au­to­rise la dis­tri­bu­tion d’aide à par­tir des pays voi­sins de la Sy­rie, comme la Tur­quie, sans l’aval de Da­mas et ne lui donne au­cun droit de re­gard sur ce qui est li­vré aux quar­tiers re­belles. Le tra­jet que les ca­mions onu­siens doivent em­prun­ter pour ral­lier les sec­teurs contrô­lés par les in­sur­gés passe par la route du Cas­tel­lo, où la Rus­sie avait ins­tal­lé un « poste d’ob­ser­va­tion mo­bile ».Hier, elle était en­core sous le contrôle de com­bat­tants loya­listes. Une vio­la­tion de l’ac­cord de Ge­nève, qui pré­voit sa « dé­mi­li­ta­ri­sa­tion ». Si le ces­sez-le-feu semble te­nir, met­tant entre pa­ren­thèses mo­men­ta­nées un conflit qui a tué plus de 300 000 morts et des mil­lions de dé­pla­cés et de ré­fu­giés de­puis mars 2011, ses contours di­plo­ma­tiques res­tent flous. Au moins, aux yeux de la France.

Le mi­nistre des af­faires étran­gères Jean­marc Ay­rault a de­man­dé aux Etats-unis de par­ta­ger « ra­pi­de­ment » avec leurs al­liés le conte­nu de l’ac­cord conclu avec la Rus­sie. Il pré­voit une co­opé­ra­tion mi­li­taire contre les groupes « ter­ro­ristes », no­tam­ment l’etat is­la­mique et le Front Fa­tah Al-cham – l’ex­front Al-nos­ra, si le ces­sez-le-feu tient une se­maine. Mais le dé­tail de leur ac­cord est res­té se­cret. La France craint que l’op­po­si­tion mo­dé­rée ne fasse les frais de bom­bar­de­ments vi­sant les deux groupes dji­ha­distes. M. Ay­rault es­time que si le conte­nu de l’ac­cord est ren­du pu­blic, Un en­fant dans la ville sy­rienne de Ka­me­chliyé, dans le nord-est du pays « ce­la nous per­met­tra de mieux com­prendre ce qui a été né­go­cié pour en ga­ran­tir l’ef­fi­ca­ci­té »

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