Hilla­ry Clin­ton re­prend du poil de la bête

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

A onze jours du pre­mier dé­bat té­lé­vi­sé contre Do­nald Trump, Hilla­ry Clin­ton sem­blait re­prendre du poil de la bête et au­rait fait hier son pre­mier mee­ting de­puis sa pneu­mo­nie, dé­si­reuse de re­prendre l’of­fen­sive après quatre jours d’ab­sence. L’en­jeu po­li­tique est de re­con­qué­rir au moins une par­tie de l’avance ac­quise au sor­tir des conven­tions d’in­ves­ti­ture de juillet. L’éro­sion est nette dans plu­sieurs son­dages: alors qu’elle avait six points d’avance à la mi-août dans un duel, en moyenne, elle en a moins de deux au­jourd’hui. Un nou­veau son­dage CBS/NEW York Times les cré­dite cha­cun de 42% des in­ten­tions de vote des Amé­ri­cains qui pré­voient de vo­ter le 8 no­vembre, le reste étant di­vi­sé entre les can­di­dats tiers. Coup de ton­nerre: le ré­pu­bli­cain a pris la tête dans les Etats stra­té­giques de l’ohio et de la Flo­ride, se­lon des en­quêtes CNN.

«J’ai tou­jours dit que ce se­rait une élec­tion ser­rée», a ré­agi dans une in­ter­view té­lé­pho­nique en­re­gis­trée mer­cre­di et dif­fu­sée jeu­di Hilla­ry Clin­ton, sa se­conde de­puis son ma­laise de di­manche. La voix claire et as­su­rée, elle a lon­gue­ment dis­cu­té de plu­sieurs su­jets d’ac­tua­li­té. «Je suis contente d’avoir en­fin sui­vi les conseils de mon mé­de­cin et pris quelques jours de re­pos, au lieu de conti­nuer à tra­vailler, comme le font beau­coup de gens», a-t-elle dit dans le Tom Joy­ner Mor­ning Show. La can­di­date dé­mo­crate à la Mai­son Blanche est at­ten­due pour une réunion pu­blique à Greens­bo­ro, en Ca­ro­line du Nord, puis pour un dis­cours à Wa­shing­ton. L’in­ci­dent mé­di­cal de di­manche l’a for­cée à an­nu­ler une tour­née dans l’ouest du pays, mais Hilla­ry Clin­ton a mis de l’ordre dans ses af­faires et pu­blié mer­cre­di un nou­veau bul­le­tin de san­té dé­taillé, afin de mettre fin aux ru­meurs. Sa pneu­mo­nie n’avait été ré­vé­lée qu’après son ma­laise. Se­lon son mé­de­cin, l’an­cienne se­cré­taire d’etat de bien­tôt 69 ans est apte à as­su­mer la fonc­tion pré­si­den­tielle. Elle au­rait un état men­tal «ex­cellent» et a souf­fert cette an­née d’al­ler­gies sai­son­nières et d’in­fec­tions trai­tées par an­ti­bio­tiques. Les dé­mo­crates veulent main­te­nant prendre Do­nald Trump à son propre jeu en le dé­fiant de pu­blier un bul­le­tin aus­si pré­cis. «Je me sens comme si j’avais 30 ans», a as­su­ré le mil­liar­daire de 70 ans sur Fox News hier ma­tin, une ma­ti­nale où il in­ter­vient ré­gu­liè­re­ment. Le mil­liar­daire de­vait dé­voi­ler dans l’émis­sion de san­té po­pu­laire «Dr. Oz Show», pré-en­re­gis­trée, cer­tains as­pects de son der­nier exa­men mé­di­cal, no­tam­ment qu’il est en sur­poids (107 kg pour 1m90). Il a plai­san­té qu’il n’en par­le­rait pas si les ré­sul­tats étaient mau­vais.

«C’est dif­fi­cile quand on fait cam­pagne, il n’y a que du fast-food», a-t-il fait va­loir. Avec le re­tour pré­vu de la dé­mo­crate, Do­nald Trump a aban­don­né ses airs de gent­le­man et ou­ver­te­ment re­mis en cause son ni­veau d’éner­gie, lors d’un mee­ting mer­cre­di soir à Can­ton, dans l’etat stra­té­gique de l’ohio. Après avoir re­le­vé qu’elle était ali­tée, le mil­liar­daire a de­man­dé à ses par­ti­sans, évo­quant la cha­leur de la salle: «vous pen­sez qu’hilla­ry Clin­ton se­rait ca­pable d’être là pen­dant une heure? Je n’en sais rien».

Po­li­ti­que­ment, Hilla­ry Clin­ton doit sur­tout ef­fa­cer sa gaffe sur les élec­teurs «pi­toyables» de Do­nald Trump. C’est ain­si qu’elle a qua­li­fié la moi­tié des par­ti­sans de son ad­ver­saire ven­dre­di lors d’une ré­cep­tion de le­vée de fonds à New York, dé­clen­chant un tol­lé à droite. Dans le jeu de mi­roirs de cette cam­pagne élec­to­rale, les deux camps uti­lisent les mêmes tech­niques de har­cè­le­ment. Sur la san­té, mais aus­si sur les fon­da­tions créées par chaque fa­mille. Les ré­pu­bli­cains ont long­temps dé­non­cé les conflits d’in­té­rêts de la fon­da­tion ca­ri­ta­tive Clin­ton. Ces soup­çons ont for­cé les Clin­ton à an­non­cer qu’ils pren­draient leurs dis­tances avec la fon­da­tion. Les dé­mo­crates cri­tiquent main­te­nant l’opa­ci­té de la comp­ta­bi­li­té de la fon­da­tion Trump, ac­cu­sée d’être un ou­til d’in­fluence po­li­tique au ser­vice de l’homme d’af­faires. La jus­tice de New York s’in­té­resse à des tran­sac­tions dou­teuses. Et une en­quête de News­week sur les ra­mi­fi­ca­tions étran­gères de l’or­ga­ni­sa­tion Trump, qui contrôle la marque Trump et son em­pire im­mo­bi­lier, était abon­dam­ment re­prise par le camp dé­mo­crate. «Je rom­prai tous mes liens et ce se­ront mes en­fants et mes di­rec­teurs qui gé­re­ront l’en­tre­prise», s’est de nou­veau en­ga­gé Do­nald Trump jeu­di. Reste en­fin le re­fus de Do­nald Trump de pu­blier sa dé­cla­ra­tion de re­ve­nus, une tra­di­tion et non une obli­ga­tion lé­gale.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.