La trêve vio­lée, le Con­seil de sé­cu­ri­té réuni en ur­gence

Le Temps (Tunisia) - - La Une -

De vio­lents com­bats ont op­po­sé hier ré­gime et re­belles et un raid aé­rien a tué trois ci­vils en Sy­rie, les vio­la­tions les plus sé­rieuses de­puis l'en­trée en vi­gueur de l'ac­cord de trêve qui se­ra au me­nu d'une réunion ur­gente du Con­seil de sé­cu­ri­té de L'ONU. Alors que les Etats-unis et la Rus­sie s'ac­cusent de blo­quer l'ap­pli­ca­tion de l'ac­cord conclu par leurs soins, l'ache­mi­ne­ment de l'aide vi­tale aux di­zaines de mil­liers de per­sonnes as­sié­gées dans les quar­tiers re­belles de la ville d'alep (nord) se fait tou­jours at­tendre.

De vio­lents com­bats ont op­po­sé hier ré­gime et re­belles et un raid aé­rien a tué trois ci­vils en Sy­rie, les vio­la­tions les plus sé­rieuses de­puis l’en­trée en vi­gueur de l’ac­cord de trêve qui se­ra au me­nu d’une réunion ur­gente du Con­seil de sé­cu­ri­té de L’ONU. Alors que les Etats-unis et la Rus­sie s’ac­cusent de blo­quer l’ap­pli­ca­tion de l’ac­cord conclu par leurs soins, l’ache­mi­ne­ment de l’aide vi­tale aux di­zaines de mil­liers de per­sonnes as­sié­gées dans les quar­tiers re­belles de la ville d’alep (nord) se fait tou­jours at­tendre. La trêve fra­gile de 48 heures, re­nou­ve­lée une pre­mière fois mer­cre­di, etait cen­sée être de nou­veau re­con­duite hier soir par Wa­shing­ton et Mos­cou, qui sou­tiennent les camps op­po­sés dans le conflit qui ra­vage le pays de­puis plus de cinq ans. Après quelques vio­la­tions mi­neures en­re­gis­trées de­puis lun­di, de vio­lents com­bats entre ré­gime et re­belles à la pé­ri­phé­rie est de Da­mas ont consti­tué une in­frac­tion à la trêve. L’ar­mée a ain­si blo­qué une ten­ta­tive des re­belles d’en­trer dans Da­mas via le quar­tier de Jo­bar, se­lon une source mi­li­taire qui a fait état «d’af­fron­te­ments in­tenses et de tirs de ro­quettes». Jo­bar est aux mains de fac­tions re­belles al­liées au groupe ji­ha­diste Front Fa­teh al-cham (ex-branche sy­rienne d’al-qaï­da) pré­sent dans ce quar­tier. En outre, dans la pro­vince d’id­leb (nord-ouest), l’ob­ser­va­toire sy­rien des droits de l’homme (OSDH) a en­re­gis­tré les pre­mières vic­times ci­viles dans des raids aé­riens contre une loca­li­té re­belle de­puis la trêve. Il s’agit de trois per­sonnes dont deux en­fants morts à Khan Chei­khoun dans des frappes me­nées par des avions non iden­ti­fiés.

Il n’en reste pas moins que le ni­veau des vio­lences a sen­si­ble­ment bais­sé sur l’en­semble des fronts, à la fa­veur de l’ac­cord rus­so-amé­ri­cain qui vise à fa­vo­ri­ser une so­lu­tion au conflit très com­plexe qui a fait plus de 300.000 morts de­puis 2011. Le Con­seil de sé­cu­ri­té veut exa­mi­ner l’op­por­tu­ni­té de sou­te­nir cet ac­cord, lors d’une réunion à huis clos à 21H30 GMT en pré­sence des chefs de di­plo­ma­tie amé­ri­caine John Ker­ry et russe Ser­gueï La­vrov, ar­ti­sans de cette en­tente, se­lon des di­plo­mates. Le même jour, le pré­sident amé­ri­cain Ba­rack Obama doit réunir son équipe de sé­cu­ri­té na­tio­nale, dont John Ker­ry et le se­cré­taire à la Dé­fense Ash­ton Car­ter, pour faire le point sur l’ac­cord. Dans la fou­lée de la trêve, l’ac­cord pré­voit la li­vrai­son d’aide hu­ma­ni­taire aux villes as­sié­gées, à com­men­cer par le sec­teur re­belle d’alep, prin­ci­pal front du conflit, où les quelque 250.000 ha­bi­tants manquent de tout.

Mais faute de ga­ran­ties de sé­cu­ri­té, des ca­mions rem­plis de nour­ri­ture et de mé­di­ca­ments pour ces ha­bi­tants d’alep sont tou­jours blo­qués dans une zone tam­pon entre les fron­tières turque et sy­rienne. «Le dé­fi au­quel nous con­ti­nuons de faire face est de s’as­su­rer que toutes les par­ties au conflit et ceux qui ont de l’in­fluence sur elles se mettent d’ac­cord», a dit Da­vid Swan­son, un porte-pa­role de L’ONU. Pour ac­cé­der aux po­pu­la­tions dans la zone re­belle d’alep, l’ac­cord pré­voit la dé­mi­li­ta­ri­sa­tion de la route du Cas­tel­lo. Mais se­lon un cor­res­pon­dant de L’AFP, au­cun mou­ve­ment n’avait été en­re­gis­tré sur cet axe rou­tier en mi­lieu de jour­née. L’OSDH a af­fir­mé que les troupes du ré­gime y étaient tou­jours dé­ployées bien que la Rus­sie a sou­te­nu qu’elles

avaient com­men­cé à s’en re­ti­rer. Ce blo­cage a don­né lieu à des fric­tions entre Wa­shing­ton et Mos­cou, sou­tiens res­pec­tifs de la ré­bel­lion et du ré­gime.

«A l’heure qu’il est, les ca­mions qui pour­raient ache­mi­ner de l’aide vi­tale at­tendent. Ce­la re­lève de la res­pon­sa­bi­li­té di­recte du ré­gime et de ses bien­fai­teurs à Mos­cou», a dit la Mai­son Blanche. Le Pen­ta­gone a sou­li­gné qu’il n’y au­rait pas de coo­pé­ra­tion mi­li­taire avec Mos­cou en Sy­rie tant que l’aide n’au­ra pas été dé­blo­quée.

Une ces­sa­tion des hos­ti­li­tés pen­dant sept jours, de­vra se­lon l’ac­cord, per­mettre la créa­tion d’un centre in­édit de co­or­di­na­tion mi­li­taire entre Mos­cou et Wa­shing­ton pour frap­per les groupes ji­ha­distes Etat is­la­mique (EI) et Front Fa­teh al-cham. La Rus­sie de son cô­té ac­cuse Wa­shing­ton de ne pas faire as­sez de pres­sion sur les re­belles pour qu’ils prennent leurs dis­tances avec le Front Fa­teh al-cham. Or, les re­belles comptent sur l’aide de Fa­teh al-cham, aguer­ri et bien or­ga­ni­sé, dans toute ba­taille contre le ré­gime. De plus, ils contrôlent avec Fa­teh al-cham de vastes ré­gions dans les pro­vinces d’alep, d’id­leb et de Da­mas. Les ré­gions sous contrôle des ji­ha­distes sont ex­clues de l’ac­cord de trêve et conti­nuent d’être la cible de frappes aé­riennes russes, du ré­gime sy­rien et des Etats-unis. Dé­clen­ché par la ré­pres­sion bru­tale de ma­ni­fes­ta­tions pro-dé­mocra­tie, le conflit en Sy­rie a dé­gé­né­ré en une guerre dé­vas­ta­trice qui s’est com­plexi­fiée avec l’en­trée en jeu de puis­sances ré­gio­nales et in­ter­na­tio­nales et la mon­tée en puis­sance des ji­ha­distes.

Vue gé­né­rale de la route du Cas­tel­lo qui mène à la ville d’alep en Sy­rie

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