Dé­ra­page ra­ciste au Par­le­ment

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

En plein dé­bat par­le­men­taire, un dé­pu­té li­bé­ral a pro­fé­ré des pro­pos ju­gés ra­cistes à l’égard de sa consoeur d’ori­gine ma­ro­caine. La po­lé­mique sus­ci­tée fait ré­agir la presse belge.

Alors que les dé­pu­tés étaient en plein dé­bat sur les condi­tions de dé­part des tra­vailleurs du groupe Ca­ter­pillar au pa­lais de la Na­tion, à Bruxelles, à l’oc­ca­sion de la ren­trée de la Chambre fé­dé­rale belge, le jeu­di 15 sep­tembre, la dé­pu­tée d’ori­gine ma­ro­caine Me­ryame Ki­tir a mis en cause la po­li­tique du Pre­mier mi­nistre li­bé­ral, Charles Mi­chel. “Ce qui lui a va­lu, des rangs de l’open VLD [le par­ti li­bé­ral de la Bel­gique néer­lan­do­phone], une re­marque qui a mis les bancs par­le­men­taires sens des­sus des­sous”, écrit Le Vif-l’ex­press. In­ter­ro­gée par Le Soir, Me­ryame Ki­tir, dé­pu­tée du par­ti so­cia­liste fla­mand Sp. a (So­cia­lis­tische Par­tij An­ders), a af­fir­mé que le dé­pu­té fé­dé­ral Luk Van Bie­sen (VLD) lui avait lan­cé : “Re­tourne au Ma­roc !”,et ce, lors­qu’elle re­joi­gnait sa place après avoir po­sé une ques­tion au Pre­mier mi­nistre :

C’est vrai­ment ter­rible qu’il ait dit ce­la au Par­le­ment. Ce­la dé­passe les li­mites de la li­ber­té d’ex­pres­sion.”

La dé­pu­tée n’était pas la seule à dé­plo­rer la ré­flexion ra­ciste de Van Bie­sen. Le dé­pu­té éco­lo­giste Kris­tof Cal­vo (par­ti Groen, vert, néer­lan­do­phone), pre­nant à son tour la pa­role, “a dé­non­cé pu­bli­que­ment l’at­ti­tude du dé­pu­té li­bé­ral fla­mand”, re­late L’echo. Pour sa dé­fense, Luk Van Bie­sen a in­di­qué plus tard, au cours de la même séance plé­nière, que, “si ses pro­pos avaient été mal com­pris, il s’ex­cu­sait”. Se­lon L’echo, “il a noyé le pois­son en re­ve­nant sur le dé­bat du jour, pré­ci­sant avoir vou­lu ras­su­rer les tra­vailleurs de Ca­ter­pillar qui n’au­ront se­lon lui pas de peine à convaincre d’autres em­ployeurs vu leurs qua­li­fi­ca­tions”. Le dé­pu­té n’a pas été sou­te­nu par son par­ti qui a ju­gé sa ré­flexion “in­ap­pro­priée”, la pré­si­dente de l’open VLD, Gwen­do­lyn Rut­ten, la condam­nant même fer­me­ment en dé­cla­rant : “Ce­ci ne peut se pro­duire, ja­mais, nulle part.” Luc Van Bie­sen a fi­na­le­ment ex­pri­mé ses ex­cuses “la voix che­vro­tante” dans un point presse com­mun, te­nu avec Me­ryame Ki­tir au Par­le­ment le len­de­main ven­dre­di 16 sep­tembre, dé­crit Le Soir dans un autre ar­ticle :

Je suis dé­so­lé d’avoir uti­li­sé les mots bles­sants de re­tour au Ma­roc dans le cadre d’un rai­son­ne­ment hier à la Chambre… Je re­grette d’avoir don­né l’im­pres­sion de bles­ser Mme Mi­tir et la com­mu­nau­té ma­ro­caine. Je m’en ex­cuse. Je n’ai vou­lu bles­ser ni l’une ni l’autre. Ce sont des mots qui n’ap­par­tiennent pas à mon vo­ca­bu­laire… Je ne suis pas ra­ciste et le ra­cisme n’a pas sa place ici.

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