Pre­miers concer­nés, en­sei­gnants et élèves n'en savent que peu de choses

Le Temps (Tunisia) - - La Une -

Ré­forme édu­ca­tive

Contac­tés à l’oc­ca­sion de la ren­trée sco­laire, plu­sieurs élèves nous ont dit avoir en­ten­du de la ré­forme édu­ca­tive, en­trée en vi­gueur dès cette an­née sco­laire 2016/2017, mais qu’ils ignorent en­core ses dé­tails et ses mo­tifs, à l’ex­cep­tion de la di­vi­sion de l’an­née sco­laire en deux se­mestres, ce qui ex­pli­que­rait le peu d’en­thou­siasme dont ils font montre pour le pro­jet, se­lon l’élève Ama­ni, à l’école pré­pa­ra­toire de la Gou­lette.

Elle a in­di­qué que les élèves portent peu d’in­té­rêt au su­jet et ils l’évoquent ra­re­ment dans leurs conver­sa­tions. L’élève Ah­med, d’un éta­blis­se­ment au Kram, a no­té que l’ad­mi­nis­tra­tion n’a pris au­cune ini­tia­tive pour faire connaître le pro­jet, tan­dis que les en­sei­gnants n’en ont pas par­lé dans les classes. A vrai dire, les en­sei­gnants eux­mêmes ignorent la te­neur de la ré­forme édu­ca­tive.

Une en­sei­gnante à l’école pré­pa­ra­toire du Kram nous a dé­cla­ré que les en­sei­gnants n’ont pas, en­core, une idée très pré­cise de la ré­forme édu­ca­tive et qu’ils at­tendent les réunions pré­vues à la fin du mois de sep­tembre avec les ins­pec­teurs de l’en­sei­gne­ment afin d’avoir de plus amples in­for­ma­tions à ce su­jet, no­tam­ment en ce qui concerne les ob­jec­tifs es­comp­tés du pro­jet, car, ce qu’on es­père et de­mande de chaque ré­forme est qu’elle ap­porte un plus et réa­lise une mu­ta­tion qua­li­ta­tive à l’en­sei­gne­ment en Tu­ni­sie, de ma­nière à lui per­mettre de s’ac­quit­ter au mieux des tâches qui lui sont dé­vo­lues. Mais quelles sont ces tâches? Il ne s’agit pas de ré­or­ga­ni­ser et de re­struc­tu­rer, comme le rem­pla­ce­ment du sys­tème des tri­mestres par le sys­tème des se­mestres, mais le plus im­por­tant est d’amé­lio­rer le ni­veau et la ren­ta­bi­li­té de l’en­sei­gne­ment, c’est-à-dire per­mettre au plus grand nombre d’élèves de réus­sir et d’at­teindre les plus hauts de­grés avec un ni­veau éle­vé, com­pé­tence et mé­rite. Dès lors, l’on peut se de­man­der à quel point il est op­por­tun de char­ger l’école et les éta­blis­se­ments édu­ca­tifs de la tâche d’or­ga­ni­ser les ac­ti­vi­tés cultu­relles et spor­tives, mal­gré leur im­por­tance, pour les élèves, en adop­tant le ré­gime de la séance unique afin d’of­frir le temps né­ces­saire aux ac­ti­vi­tés cultu­relles et spor­tives. Dans ce même contexte, des élèves des classes ter­mi­nales ont vu dans la sup­pres­sion du cal­cul de la moyenne an­nuelle dans le Bac­ca­lau­réat une consé­cra­tion de l’es­prit de sé­lec­tion, aux dé­pens de la dé­mo­cra­ti­sa­tion, sou­li­gnant que les élèves brillants et forts ont été les prin­ci­paux op­po­sants au cal­cul de la moyenne an­nuelle et ils ne sont pas nom­breux, alors que le cal­cul de la moyenne an­nuelle était un sti­mu­lant aux élèves moyens qui consti­tuent la ma­jo­ri­té en vue de four­nir da­van­tage d’ef­forts et d’ap­pli­ca­tion. Avec la sup­pres­sion, il est à craindre que les élèves moyens perdent ce sti­mu­lant et que le suc­cès et la réus­site soient dé­sor­mais ré­ser­vés aux seuls élèves forts. Par contre, dans les pays dé­ve­lop­pés, le taux de réus­site au Bac­ca­lau­réat est éle­vé et consti­tue un mo­tif de fier­té na­tio­nale et un signe de pro­grès. Un élève a ajou­té que la ma­ni­pu­la­tion des moyennes an­nuelles dont il est sou­vent ques­tion pour jus­ti­fier la sup­pres­sion, ne concerne pas les élèves qui n’ont rien à voir avec cette ma­ni­pu­la­tion.

Pour les pa­rents, se­lon cer­tains, l’es­sen­tiel, à leur avis, est que l’école as­sure aux élèves un en­sei­gne­ment de qua­li­té et la réus­site.

S.B.H.

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