L'italie tire à bou­lets rouges sur l'aus­té­ri­té bud­gé­taire

Le Temps (Tunisia) - - Monde -

Som­met eu­ro­péen

Le chef du gou­ver­ne­ment ita­lien Mat­teo Ren­zi a ré­ité­ré hier ses cri­tiques contre l'aus­té­ri­té bud­gé­taire, au len­de­main du som­met eu­ro­péen de Bra­ti­sla­va au cours du­quel il a ma­ni­fes­té sa mau­vaise hu­meur.

Il s'agit d'une "re­cette fausse" choi­sie par l'eu­rope ces cinq der­nières an­nées, pen­dant que les Etats-unis fai­saient le "juste" choix d'in­ves­tir, a-t-il dit lors d'une con­fé­rence à Florence (centre).

L'italie res­pecte les règles du Pacte de sta­bi­li­té sur la dis­ci­pline bud­gé­taire, qu'il a ju­gé ven­dre­di "sans ave­nir", mais elle a aus­si le droit de dire que ces règles "ne fonc­tionnent pas et tra­vailler à les chan­ger".

L'italie n'est pas prête "à faire sem­blant de rien et ser­vir de feuille de vigne pour les autres", a-t-il en­core dit.

Ven­dre­di, il avait re­fu­sé de par­ti­ci­per à une con­fé­rence de presse com­mune entre le pré­sident fran­çais Fran­çois Hol­lande et la chan­ce­lière al­le­mande An­ge­la Mer­kel, af­fir­mant ne "pas par­ta­ger les conclu­sions du som­met de la même ma­nière qu'eux".

La presse ita­lienne spé­cu­lait hier sur les rai­sons de la grogne de M. Ren­zi. Pour le Cor­riere del­la se­ra, cette sou­daine co­lère est sur­tout dic­tée par un cal­cul de po­li­tique in­té­rieure, à quelques se­maines d'un ré­fé­ren­dum, cru­cial pour son ave­nir po­li­tique.

"Je ne crois pas qu'il soit juste que l'italie fasse sem­blant de rien quand les choses ne s'amé­liorent pas", a-til af­fir­mé à Florence. En Slo­va­quie, comme lors de pré­cé­dents ren­dez-vous eu­ro­péens, "on s'est dit plus ou moins les mêmes choses", a af­fir­mé M. Ren­zi pour qui il était au contraire urgent d'avan­cer sur le dos­sier de l'im­mi­gra­tion et de la crois­sance éco­no­mique.

Pour M. Ren­zi, l'italie est li­vrée à elle-même dans la crise mi­gra­toire et les so­lu­tions qu'elle avance ne sont pas suf­fi­sam­ment prises en compte.

"Est-ce qu'on va com­prendre que s'il est juste de sau­ver tout le monde en mer, il n'est pas pos­sible d'ac­cueillir tout le monde seule­ment dans les Pouilles ou en Si­cile", dans le sud de l'italie, a lan­cé le chef du gou­ver­ne­ment ita­lien.

Dès lors, soit "on ac­cepte la thèse ita­lienne et on va en Afrique, on fait des ac­cords de co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale (...) et on bloque les dé­parts en créant des oc­ca­sions de dé­ve­lop­pe­ment ou alors on dit clai­re­ment qu'on est en train de perdre son temps", a-t-il in­sis­té.

A Bra­ti­sla­va, "ils ont ap­por­té un document (de tra­vail) dans le­quel on ne par­lait même pas de l'afrique", a-t-il en­core dé­plo­ré.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.